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Difficultés scolaires : que faire ? : Les conseils d'un professeur

Publié par : Clémentine Fitaire (09. avril 2011)

Entretien avec Vanessa, professeur de lettres Modernes en collège ZEP, et à l’Université de Créteil, agrégée de Lettres Modernes. A lire ses conseils...

En tant qu'enseignante, que faites-vous quand un enfant a des difficultés à assimiler ce que vous lui apprenez ?

Comme j’enseigne en ZEP, je suis fréquemment confrontée aux difficultés scolaires des élèves. En ZEP, on ne peut pas ne pas se poser cette question. Ce n’est pas parce qu’on enseigne en ZEP, ou que les élèves sont en difficultés, qu’il faut abaisser ses exigences. Il faut essayer de leur donner les moyens d’accéder à ce qu’on leur apprend. Je fais lire un livre par mois à mes élèves, je ne fragmente pas le savoir, j’essaie de leur ouvrir un univers et de leur donner envie de s’y plonger.
J’essaie aussi de corriger de manière individualisée chaque copie, et lorsque je m’aperçois que la copie de tel élève est criblée de fautes d’orthographe, je lui fais copier et lui réexplique la règle d’orthographe qu’il n’a pas assimilée. Il est essentiel de les intéresser, de les impliquer, c’est pourquoi nous menons des projets de classe ensemble et que je les stimule en passant de l’écrit à l’oral.

En pratique, cela se traduit comment ?
Nous avons réalisé un projet à l’Opéra de Paris, qui a permis de faire décoller les résultats au brevet. Les élèves ont porté leur projet jusque sur scène, ont pu danser, chanter. Le but du jeu est de les confronter à des choses belles. Ce n’est pas en les faisant lire un manuel pratique ou un auteur de seconde zone qu’on parvient à les stimuler mais au contraire en leur faisant découvrir des grands classiques de la littérature française.
Les élèves en ZEP sont très sensibles. Abaisser le niveau, c’est être dans un mépris d’eux-mêmes. Je les aide, je les contrains aussi, car il faut fixer certaines limites, mais surtout je les stimule, je les pousse au dépassement d’eux-mêmes. Lorsque l’on étudie un auteur comme Victor Hugo, on va visiter ensemble la maison de Victor Hugo, ils apprennent des vers. J’essaie aussi de les écouter individuellement.

Le redoublement vous semble-t-il une solution adaptée ?

Statistiquement, le redoublement n’est pas une bonne solution en soi. Il est vrai qu’il y a des élèves qui ont besoin de plus de temps pour mûrir, certains qui ont besoin d’acquérir les bases de la langue française, mais au niveau du collège le redoublement est rarement fructueux pour l’élève, et son épanouissement.
C’est compliqué pour tout dire, je pense que ça ne sert pas à grand-chose, mais on ne donne malheureusement pas les moyens de faire autrement.

Vous arrive-t-il de vous sentir dépassée par les difficultés d'un enfant ?

Oui. J’exerce dans une zone défavorisée, donc oui cela m’arrive. Le suivi orthophonique peut nous aider. Il est essentiel de créer une jonction dans ce cas-là avec les parents et d’en discuter avec eux, essayer de comprendre d’où vient le problème, s’il est plutôt d’ordre cognitif ou bien comportemental, auquel cas on peut orienter l’enfant vers un psychologue.

Comment un enfant peut-il parvenir à surmonter ses difficultés scolaires ?

Il existe un rapport affectif entre l’élève et le professeur, même si on a tendance à le nier. Une bienveillance s’installe vis-à-vis de l’élève, il faut qu’il ait l’impression qu’il peut tenter sa chance et réussir. Il faut s’entretenir avec les parents et comprendre la façon dont ils considèrent l’école. S’ils ont tendance à dévaloriser l’école, l’enfant, son travail et son rapport à l’école s’en trouveront affectés.
En ZEP, j’ai pu constater que les filles étaient plus contraintes à la maison, dans l’aide aux tâches ménagères et donc qu’elles envisageaient l’école plus comme un moment de liberté. Alors que pour les garçons beaucoup moins contraints au domicile, l’école apparaît vraiment comme une contrainte. Il ne faut pas oublier que la réussite de l’élève repose sur une synergie entre parents, élèves, professeur, direction et vie scolaire



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