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Enfant végétarien ou végétalien : les carences à surveiller (et à compenser)

Publié par : rédaction Onmeda (01. décembre 2016)

© Shutterstock

Le choix d’un régime végétarien équilibré peut convenir aux enfants et aux adolescents. Toutefois, il faut prendre garde au risque de carences, et à la possible survenue de troubles du comportement alimentaire.

Le végétalisme quant à lui peut entraîner des carences graves, dont les conséquences sont encore mal connues. Il convient donc d’avertir les éventuels enfants et adolescents végétaliens et leurs parents sur les risques potentiels et les suivre très régulièrement.

Une croissance staturo-pondérale équivalente aux régimes omnivores

Les études récentes montrent que les enfants et adolescents suivant un régime végétarien avec apports suffisants de produits laitiers ont une croissance sensiblement identique à ceux suivant un régime omnivore. Cela ne comprend donc pas le régime végétalien, excluant le lait. Dans ce dernier cas, un retard staturo-pondéral marqué a alors été constaté. Le régime végétalien est ainsi à proscrire chez l’enfant et l’adolescent.

Les carences à surveiller et éventuellement à compenser

  1. La vitamine B12
    La vitamine B12 (ou cobalamine) est une vitamine qui n’est pas synthétisée par le corps humain, et qu’on retrouve principalement dans les produits d’origine animale. Elle est nécessaire, car elle joue un rôle dans le fonctionnement normal du cerveau ainsi qu’au niveau cellulaire dans le fonctionnement du cycle de Krebs et la synthèse des purines, mécanismes impliqués dans la réplication cellulaire. Il est donc indispensable de compenser une éventuelle carence en vitamine B12 à l’aide de produits disponibles en pharmacie ou dans les magasins bio et certains supermarchés. On en trouve également dans certaines algues, mais il s’agit d’un équivalent principalement inactif de la vitamine B12, et leur consommation ne permet donc pas d’éviter la survenue de carences potentiellement dangereuses.Les carences en vitamine B12 peuvent se manifester notamment par des perturbations hématologiques (anémie, thrombopénie, voie pancytopénie) et des affections neurologiques.
  2. Les carences en protéines
    Les éventuelles carences protéiques peuvent être facilement évitées dans le cadre d’un régime végétarien. Selon un dossier récent de l’Association Végétarienne de France, parmi les aliments ayant la concentration la plus élevée en protéine, une bonne partie seraient d’origine végétale (soja, lentilles, pois cassés, etc.). Il est cependant nécessaire de varier autant que possible les sources de protéines afin de fournir l’ensemble des 8 acides aminés essentiels non produits ou insuffisamment par notre organisme. En revanche, les enfants ayant subi un régime végétalien strict, s’ils ne sont pas nourris au sein, présentent un risque majeur de dénutrition et de malnutrition protéique. Les substituts végétaux improprement dénommés « laits », tels les laits de soja ou laits d’amande, peuvent à tort faire penser à un apport nutritif équivalent avec les produits laitiers standards, ce qui est loin d’être le cas. Ils sont donc également à déconseiller dans le cadre d’une alimentation équilibrée de l’enfant.
  3. Le calcium et la vitamine D
    Un apport suffisant de calcium et de vitamine D est indispensable chez l’enfant et l’adolescent afin d’éviter le rachitisme, d’assurer une croissance normale, et à long terme de réduire le risque d’ostéoporose et de fractures ostéoporotiques. Il s’agit encore une fois d’une contre-indication au régime végétalien, mais le régime végétarien incluant l’apport de produits laitiers peut tout à fait convenir. Cela peut être complété par l’apport de calcium que l’on trouve dans certains légumes, notamment les choux. Une supplémentation en vitamine D, permettant une fixation du calcium, est justifiée jusqu’à l’âge de 1 à 5 ans, voire au-delà en fonction de la présence de certains facteurs de risque (peau très pigmentée ou faible exposition au soleil).
  4. Le zinc et le fer
    Concernant le zinc et le fer, il n’y a à ce jour pas d’étude significative de grande ampleur démontrant une carence liée à un régime végétarien, néanmoins une supplémentation demeure recommandée dans les régimes végétariens les plus restrictifs.

La survenue de troubles du comportement alimentaire

Trop peu de données ont pour le moment été publiées sur le sujet étant donné le faible nombre d’enfants et d’adolescents végétariens. Néanmoins sur plusieurs études récentes, il semble exister une association apparente entre régime végétarien et possible entrée à l’âge adulte dans les troubles du comportement alimentaire (dont l’anorexie mentale). Le régime végétarien serait ainsi, chez certaines adolescentes notamment, un prétexte leur permettant d’exclure de nombreux aliments. Il n’est pas encore établi de lien formel entre les deux, la question étant de savoir si les troubles du comportement alimentaire sont présents avant l’entrée dans le végétarisme, ou si au contraire le végétarisme est parfois un mode d’entrée dans les troubles du comportement alimentaire.

Auteur : Dr Romain Boutonné

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Sources
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