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Enfants handicapés : eux aussi ont droit aux vacances !

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (16. juin 2014)

Les vacances arrivent. La majorité des familles se prépare à partir, à faire un break. Mais l'été est souvent différent pour les familles d'enfants handicapés. Ce mois-ci, Eglantine Eméyé, présentatrice télé et mère du petit Samy, souffrant d'une forme sévère d'autisme, parle de vacances. Tout le monde a le droit d'en profiter, les enfants handicapés aussi...

Juillet 2014
Ecrit par Églantine ÉMÉYÉ

L’été, c’est le moment où on se retrouve, on profite des enfants, on se repose, où on voyage. On a fait les valises, le plein d’essence, on s’en va. On arrive sur le lieu de vacances, on ouvre les volets, on fait les lits, on remplit le frigo, on défait les valises mais pas forcément tout de suite, pas besoin, il n’y a plus aucune urgence, ce sont les vacances ! Ne reste plus qu’à s’installer sur une chaise longue, là dehors, et à profiter du premier apéro de l’été.

Rrrrr…retour en arrière

Les vacances arrivent. La majorité des familles se prépare à partir en vacances.
L’été, c’est le moment où toute la famille se retrouve, on profite des enfants, on se repose, ou on voyage. Oui, mais voilà, votre enfant est handicapé. Les vacances, cela veut dire aussi que les IME fermés, les éducateurs absents. Vous voilà seuls avec cette énorme responsabilité et cette grosse fatigue, déjà permanente, qui ne va pas s’arranger.
Qu’allez-vous faire ? Au mieux, vous avez réussi à trouver une « colo adaptée » qui accepte de prendre votre enfant une semaine à quinze jours. Ne restera plus que la moitié des vacances à assurer ! Quelle chance !
Au pire, vous n’avez pas de solution, autre que garder près de vous cet enfant, qui a beau être la prunelle de vos yeux, va achever de vous prendre le peu d’énergie qui vous reste durant l’été. Et vous aurez hâte que la rentrée arrive. C’est cette option qui reste malheureusement la plus fréquente.

Comment laisser son enfant à des inconnus ?

Mais aujourd’hui, je voudrais que l’on s’attarde sur la première solution. Même si elle est rare, quand l’occasion se présente, il faut savoir la saisir.
En général vous ne choisissez cette option qu’après des années de lutte. N’importe quelle maman est un peu angoissée à l’idée de laisser son enfant à des inconnus. Mais celui-ci pourra toujours vous téléphoner en cas de problème, vous sentirez si cela ne va pas. Avec votre enfant handicapé, c’est autre chose. Impossible d’avoir une conversation directe au téléphone. Ensuite, le choix des « colos » n’est pas très vaste, honnêtement c’est un non choix. Vous acceptez celle qui accepte de prendre votre enfant. Et vous le faites parce que vraiment vous n’en pouvez plus. Que vous avez tellement besoin de repos !
Un jour, vous vous décidez donc. Et vous faites la rencontre de personnes formidables : des jeunes, des éducateurs, qui ont la passion et la générosité chevillées au cœur. On ne peut pas expliquer cela autrement. Ces personnes, qui décident de s’occuper, 24h/24, de votre enfant différent, qui vont changer ses couches, le nourrir, se lever la nuit si besoin, l’emmener faire des promenades…comment ne pas les admirer ?

Un changement de décor qui fait du bien

Et c’est là que tout se joue : votre petit va changer d’univers. Plus d’IME, plus de maman stressée et épuisée, changement de décor, changement d’interlocuteurs, changement de vie. Tout ce qui inquiète de prime abord les parents d’enfants autistes, ceux-là mêmes qui sont supposés avoir tant de difficultés à supporter les changements. Mais votre enfant grandit, au même titre que tous les autres enfants. Lui aussi a besoin d’un peu plus d’autonomie, de prendre un peu ses distances avec ces parents si protecteurs qu’ils l’étouffent peut être un peu parfois.
Et après une ou deux semaines loin de vous, auprès de personnes dévouées, qui vous auront appelée chaque soir pour vous raconter sa journée... vous retrouverez votre enfant différent. Mais une différence qui vous fait tellement de bien ! Il sourit, il semble apaisé, il a pris de bien jolies couleurs, et quand vous allez le chercher, il se laisse câliner par ceux qui ont si bien pris soin de lui en votre absence. Quelle surprise ! Vous en seriez presque jalouse ! Comment votre enfant, si difficile d’habitude, au regard si fuyant, peut-il poser ses yeux aussi longuement, une à deux secondes, une éternité pour lui, sur ces jeunes, au moment de leur dire au revoir ?

Une vacance pour grandir

Tout simplement, je crois, parce que le changement lui a réussi. Passer du temps avec des personnes qui n’ont eu d’autres exigences avec lui que celle de lui faire passer du bon temps. Pas d’exercices, rien que des jeux, de la détente, du plaisir. Elles n’ont pas su utiliser les signes ou les images qu’il avait si laborieusement apprises ? Elles se sont précipitées pour le consoler aux moindres pleurs alors qu’on vous a tellement dit que cela « renforçait » ses mauvais comportements ? Et alors ? Il n’a pas droit à de vraies vacances lui aussi ?
C’est cela que je voudrais vous dire aujourd’hui : apprenons à laisser grandir nos enfants handicapés, ils ont des capacités qui vont nous étonner. Et pour être sincère, les éloigner de nous, toujours stressés, épuisés, exigeants à force de chercher comment les faire progresser, cela fait du bien à tout le monde. Aux enfants comme aux parents.
Le retour à la maison, à l’IME, ne s’en passera que mieux.

Bonnes vacances à tous,
Eglantine Eméyé


Auteur : Églantine Éméyé, présentatrice télé et présidente de l'association Un pas vers la vie.

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