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Violence à l'école : Les conseils d'une psychologue

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (07. octobre 2015)

Elodie Delafon, psychologue clinicienne, répond à nos questions sur la violence à l'école. Elle donne de nombreux conseils...

Avez-vous des conseils à proposer pour que son enfant ne soit pas violent ou maltraitant ?

Un enfant maltraitant est souvent un enfant qui a vécu ou vit dans un milieu où règne une certaine violence latente (paroles dénigrantes, agressivité entre adultes) ou manifeste (violence physique). Cela ne signifie pas que l’enfant a été victime de ces violences, mais en être témoin est déjà suffisant. Pour ces enfants-là, il apparaît important de déceler le plus précocement possible toutes les manifestations agressives et de pouvoir les aider à les mettre en mots puisqu’elles expriment ses maux. La violence est un moyen de dire, de parler là où le dialogue a pu être défaillant. C’est un moyen pour l’enfant d’exprimer ce qu’il ne peut pas ou ne sait pas dire.
Par ailleurs, les enfants violents doivent être punis pour leurs agissements afin qu’ils intègrent la notion d’interdit et de sanction suite à un acte inapproprié. Il est également judicieux de les accompagner d’un point de vue éducatif dans l’élaboration de leur comportement et d’introduire de la pensée

Quels conseils donner pour un enfant qui a été victime de violence, maltraité ?
On pense souvent que l’enfant maltraité est un être faible et fragile qui fait voir sa faille à ses agresseurs. Or, si cela a pu être une réalité à un certain moment, ce profil-là a beaucoup évolué. En effet, tout enfant est susceptible d’être maltraité ou harcelé lorsqu’un individu, porté bien souvent par la dynamique d'un groupe, cherche un bouc émissaire pour exercer son pouvoir et lui faire porter tous les maux avant de le sacrifier. Cet enfant manifeste dans son attitude un changement de comportement qui doit être perçu par les adultes, il s’agit alors de l’encourager à exprimer ce qu’il vit pour qu’une action de protection puisse être menée.

Où on est-on du point de vue législatif ?

Lorsque la violence a lieu en milieu scolaire, c’est à chaque établissement de décider de la façon dont il veut agir. Cependant, certaines écoles sont débordées par des manifestations de plus en plus violentes (avec association d’objets dangereux parfois), ainsi dans ces situations, les forces de l’ordre sont sollicitées pour aider à la résolution des conflits et apaiser le climat.

Qui sont les plus concernés, les filles ou les garçons ?

Notre époque nous montre que la distinction ne se fait plus par sexe. En effet, les enfants maltraitants ou maltraités sont aussi bien des filles que des garçons. Par contre, les manifestations sont différentes. Si les filles usent davantage de harcèlement psychologique, les garçons eux sont dans le passage à l’acte physique.

Est-ce qu'il y a des zones géographiques à risque ou des facteurs déclenchant le statut de " violenteur " ou de " violenté " ?

Il existe bien évidemment des zones géographiques plus sensibles, mais encore une fois cela n’est pas une vérité absolue. Nous voyons en effet de plus en plus arriver dans nos cabinets de consultation des enfants de milieux sociaux variés qui ont vécu une situation de violence physique et/ou psychologique. Souvent les parents ou adultes référents tardent à intervenir voulant laisser les enfants régler leurs conflits entre eux. En fonction de la situation, il apparaît important d’apporter un soutien et d’intervenir dès que l’enfant montre des signes de détresse.

 

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