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Comment scolariser mon enfant handicapé ? : Conseils d'un responsable d'une association

Publié par : Elide Achille (02. septembre 2013)

Dominique Le Douce est le responsable du développement associatif de l'ADAPT, une association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées. L'association oeuvre pour l'accompagnement des personnes handicapées tout au long de leur vie. Dominique La Douce donne plein de conseils...

Que pensez-vous de l'organisation de scolarisation des enfants handicapés en France ?
Dominique Le Douce : L’orientation des enfants handicapés est une vraie cacophonie. Les parents se retrouvent souvent dans des méandres administratifs. Et puis, il y a un problème au niveau de la loi de 2005. Elle stipule que l’inscription dans une école est obligatoire, mais rien sur le droit à la scolarisation. Par ailleurs, la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) met parfois six mois, un an, voire plus, à faire connaître le choix de l’orientation. Le choix de l’orientation devrait être donné en juin afin que tous les acteurs puissent anticiper. Or, parfois, c’est le flou jusqu’en novembre. Les enfants n’ont donc pas d’auxiliaire de vie scolaire, ce qui entraîne des difficultés pour eux mais également pour l’enseignant. Cependant, il est à noter que suite au Rapport de P KOMITES, « Professionnaliser les accompagnants pour la réussite des enfants et adolescents en situation de handicap », une avancée majeure a été amorcée puisque progressivement, nous allons vers le fait que les auxiliaires de vie puissent avoir un CDI mettant fin ainsi à la fragile précarité de leur contrat de travail et donc aussi à la fragilité du dispositif existant jusqu’à maintenant. Nous assistons à la professionnalisation du métier d’Auxiliaire de Vie.

Quelles sont les principales revendications de votre association ?
D. L. D. : A l’ADAPT, nous prônons la scolarisation en milieu ordinaire pour les enfants handicapés, mais sans que ce soit au détriment de l’éducation en milieu spécialisé. Nous sommes conscients des réserves à émettre.
Dans certains cas, la scolarisation en milieu ordinaire n’est pas le meilleur choix, soit en raison du handicap, soit parce qu’il y a un âge où les enfants sont durs entre eux... Il ne faut pas faire de « forcing ». Et la scolarisation en milieu spécialisé ne doit pas être une solution subie. Mais il est vrai que l’enfant ressent être en marge quand il n’est pas en milieu ordinaire. C’est pourquoi nous proposons de mettre en place des passerelles entre les instituts médico-sociaux et l’éducation nationale.

Cela signifie quoi en pratique ?
D. L. D. : Concrètement, cela signifie privilégier des temps d’échange et de coopération entre les professionnels des deux entités (santé et éducation nationale), mais également favoriser des moments où les enfants scolarisés en milieu spécialisé pourront rencontrer les enfants non handicapés.

Du côté des enseignants, que demandez-vous ?
D. L. D. : Aujourd’hui, l’enjeu est en train de se déplacer du côté de l’accompagnement des enseignants. Avec plus de 225.000 enfants scolarisés, les enseignants qui sont la pierre angulaire de la réussite de l’inclusion scolaire, doivent être mieux accompagnés. Pour que la scolarisation en milieu ordinaire des enfants handicapés puisse être optimale, il est nécessaire de former les enseignants au handicap. S’ils sont sensibilisés au handicap, ils auront moins d'appréhension pour accueillir des enfants handicapés dans leur classe. Souvent, il s’agit plus d’un manque de connaissance que d’une mauvaise volonté de leur part. Par ailleurs, il est important de développer le nombre d’enseignants référents qui ont un rôle essentiel. Le métier d’enseignant doit être mieux valorisé à ce niveau.

Et concernant les auxiliaires de vie scolaire ?
D. L. D. : Un AVS a un rôle essentiel pour l’enfant handicapé en l’accompagnant au quotidien. Ce poste vient d’être enfin reconnu en tant que tel. Aujourd’hui, les AVS devraient surtout s’inscrire dans la durée avec comme idéal de former des « couples » AVS-enfant sur le long terme afin qu’il y ait un réel suivi. Il faudrait aussi qu’il y ait des AVS à l’université. Actuellement, les AVS ne sont présentes que jusqu’au lycée.

Pour plus d’informations :
> Site de L'ADAPT

> Site du ministère de l'Education nationale

Vous pouvez aussi contacter Aide-Handicap-Ecole au 0810 55 55 00 ou envoyez un e-mail à l'adresse : aidehandicapecole@education.gouv.fr

Dominique Le Douce de L'ADAPT

Dominique Le Douce de L'ADAPT



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