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Séparation des parents, que dire aux enfants ? : Le témoignage d'un enfant de parents séparés

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (07. septembre 2011)

Le témoignage de Théo, 15 ans dont les parents se sont séparés il y a cinq ans.

Vos parents se sont séparés quand vous aviez 10 ans. Vous vous souvenez du moment de l'annonce de cette séparation ?

Oui. Bien sûr. Je n’ai pas été très surpris. Mais j’ai eu très peur... Ils se disputaient tout le temps. Depuis des années. En fait, je ne me souviens même pas d’eux en dehors des disputes. J’en avais marre. Ma sœur aussi. J’étais petit. Plus petit qu’elle. Mais, on se le disait. On se disait qu’on en avait ras-le-bol. Et elle me disait qu’elle avait envie qu’ils divorcent pour qu’on soit tranquilles.
Moi, je disais comme elle, mais sans penser que cela puisse arriver. Et quand ils nous ont dit qu’ils avaient décidé de se séparer... j’ai flippé. Ma sœur, beaucoup moins. Elle se disait qu’elle serait tranquille, et qu’elle aurait plus de cadeaux ou je ne sais pas, qu’elle serait plus gâtée, peut-être, par les deux séparément.

Pourquoi avez-vous eu peur ?

J’avais l’impression que tout s’écroulait. Je ne voyais pas à quoi pouvait ressembler la vie en dehors des deux parents unis. Je pense que je m’étais habitué à leurs engueulades. Et ça me faisait moins peur qu’ils continuent à s’engueuler plutôt qu’ils se séparent. J’avais l’impression que j’allais mourir, être détruit. Je ne savais pas où j’allais habiter, et avec l’impression que je n’allais plus les voir. Depuis tout petit, je détestais les histoires où les enfants sont abandonnés. Cela me faisait peur. Et là, j’ai eu l’impression de me retrouver moi-même dans une histoire comme ça.

Est-ce que vos parents ont su vous rassurer ?

Oui. Ils ont essayé. Mais, je ne croyais pas trop ce qu’ils disaient. Il faut dire que même quand ils nous ont annoncé qu’ils allaient se séparer, ils ont continué à s’engueuler. Ils essayaient de nous montrer bonne figure, essayaient de dire qu’ils étaient d’accord et tout. Mais, ça se voyait que non. Je voyais la tête de ma mère. Elle était toute blanche. Toute en colère. En fait, c’est ma sœur qui m’a rassuré. Elle a vu tous les bons côtés de leur séparation, et elle m’a dit que jamais on ne nous séparerait, tous les deux. Alors, c’est elle qui a été mon point fixe. Et, en fait, ça s’est plutôt bien passé.
On vit chez papa. Il a demandé notre garde. Et maman a bien voulu. Mais, on voit maman quand on veut. Elle habite tout près. C’est au fil du temps que je me suis rassuré. Et ma sœur avait raison. On a été beaucoup plus gâtés après. Et on les voit mieux. Pas en même temps, mais mieux. Ils sont plus disponibles... forcément, ils perdent moins de temps à s’engueuler.

 

Sources et notes
- Marie-Claude Vallejo, Anne Lamy, Résidence alternée, on arrête ou on continue ? Albin Michel, 2009.
- Véronique Corgibet, On divorce, la vie continue, Milan, Essentiels Junior, 2002.



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