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Séparation des parents, que dire aux enfants ? : Le témoignage d'une maman divorcée

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (07. septembre 2011)

Le témoignage de Marine-Lo, âgée de 37 ans, maman divorcée.

Vous avez divorcé il y a trois ans. Votre fille avait 5 ans à l'époque. Comment cela s'est-il passé ?

Très mal. En fait, c’est la période la plus épouvantable de ma vie. Et de la sienne, certainement. Sauf qu’à ce moment-là, je souffrais tellement, j’étais tellement envahie par la colère, que j’en oubliais sa détresse à elle. En fait, mon mari m’a quittée. Brutalement. Pour partir avec une autre femme. J’étais très amoureuse de mon mari. Très dépendante aussi. Dépendante affectivement. C’était quasiment de l’ addiction. Je ne voyais pas comment je pourrais vivre sans lui. Dépendante matériellement aussi. Je me suis mariée assez jeune et j’ai arrêté mes études pour me marier et le suivre. Et tout allait bien entre nous. Du moins, je le croyais. Avant qu’il ne rencontre cette femme. Je crois que ça a été un coup de foudre pour lui. Car, il aimait beaucoup notre fille.
Je dois dire ne pas avoir su gérer mes émotions, face à notre enfant. Je pleurais devant elle. J’accusais son père d’être un salaud. Je lui parlais de l’autre femme, en lui disant que c’était de sa faute, qu’elle nous avait volé papa. Bref, tout ce qu’il ne fallait pas faire. Quand je croisais mon mari, je devenais folle. La petite a assisté à des scènes épouvantables.

Comment les choses se sont-elles calmées ?

Le soir, je prenais des cachets pour dormir. Je n’arrivais plus à dormir sans cela. Un soir, alors que je m’étais endormie, la petite a pris une plaquette de médicaments que j’avais laissé traîner. Quand je me suis réveillée, elle était très agitée. Je ne comprenais pas. Elle tenait des propos incohérents. Et j’ai vu la plaquette à moitié vidée. J’ai paniqué. Je l’ai emmenée aux urgences et j’ai prévenu son père. Et là, nous nous sommes retrouvés tous les deux autour d’elle. Dans la même angoisse de la perdre. C’est là que je me suis calmée. J’ai vu tout l’amour qu’il avait pour elle. Et j’ai vu aussi qu’il avait toujours de la tendresse pour moi. Il m’a soutenue dans cette épreuve. Je me souviens du visage de ma fille lorsqu’elle s’est réveillée. Elle nous a vus tous les deux. Son visage était calme. J’ai promis à mon mari et à elle, de me calmer, de changer. Je me suis sentie si coupable. A l’hôpital, j’ai rencontré un psychologue. Je lui ai raconté notre histoire.

Vous avez suivi une thérapie ?

Oui. Je pense que c’était nécessaire. J'ai terminé cette thérapie il y a peu de temps. J’ai réussi à analyser mes réactions, mon addiction, ma dépendance, tout cela. Mais surtout, j’ai réussi à intégrer ma fonction de mère. Je n’étais que la femme amoureuse, avant. Je crois qu’aujourd’hui je suis une mère responsable. J’ai vu ce que je faisais endurer à ma fille. Bien sûr, elle ne me montrait pas sa souffrance. Elle était toujours très souriante et affectueuse avec moi. Elle était petite. Je crois qu’elle devait avoir envie de me protéger, de me consoler. Son accident lorsqu’elle a pris les cachets, c’était une manière pour elle de me dire qu’elle n’en pouvait plus.

Et maintenant, comment vivez-vous ?

Nous avons décidé que notre fille vivrait avec moi. Mais avec la possibilité pour son père de la voir quand il le souhaite ou quand elle le souhaite elle. Une garde à la carte, en quelque sorte. Nous n’habitons pas très loin l’un de l’autre. Nous nous arrangeons entre nous. Nous avons divorcé. Mais un divorce à l’amiable. Et la garde de notre fille se fait à l’amiable aussi. Mon mari a eu un autre enfant. Ma fille est une grande sœur comblée. Moi, j’ai trouvé un travail qui me convient. Je n’ai pas encore refait ma vie. Je n’en suis pas encore là. Je me suis occupée de ma fille et de moi aussi avec ma thérapie. J’avais plein de choses à régler qui venaient de mon enfance. J’ai beaucoup travaillé avec mon psychologue pour ne pas transmettre à ma fille, mes propres souffrances.

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