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Séparation des parents, que dire aux enfants ? : Les conseils du pédopsychiatre

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (07. septembre 2011)

Entretien avec le docteur Marie-Claude Vallejo, pédopsychiatre. Elle nous donne des conseils sur la garde alternée...

Quels sont les pièges à éviter au moment de l'annonce d'une séparation à un enfant ?

Ils sont nombreux. Le premier serait de le laisser croire qu’il y est pour quelque chose. Même en situation de conflit extrême, il faut toujours faire attention à ne pas impliquer l’enfant dans ce conflit. Il faut donc lui dire et lui répéter qu’il n’a rien à voir dans cette situation. Pour que l’enfant se sente rassuré même dans ce moment de rupture, pour qu’il sache que chacun de ses deux parents va continuer à jouer son rôle de parent auprès de lui, il est indispensable que les deux parents se respectent devant l’enfant. Faire sentir à un enfant que l’autre parent serait incapable, ce serait détruire une partie fondatrice de l’enfant lui-même.

Un autre conseil ?
A éviter aussi, l’annonce chacun de son côté. Chacun avec son point de vue. En période de conflit, on a tendance, même involontairement, à charger l’autre. Le mieux est donc d’annoncer la séparation tous les deux ensemble. Et toujours dire la vérité à l’enfant. Lui cacher la réalité de la situation, c’est le placer dans le doute et l’incertitude. Et c’est ça le plus angoissant.

Vous venez de publier un livre sur la garde alternée. Alors... quel en est le bilan ?

Du point de vue statistique, on a constaté que le nombre des gardes alternées n’est pas en augmentation depuis 2003. Cela signifie tout simplement que le nombre des familles à qui ce mode de garde s’adresse, est relativement limité. On estime que 10% des familles choisissent la garde alternée. Mais c’est sans compter tous les couples qui choisissent cela sans passer par un juge. On peut donc doubler le nombre. Il est vrai que pour opter pour ce mode de garde, il faut se trouver dans des situations favorables. Au plan géographique, déjà. Au plan de l’entente aussi. Si les deux parents sont en guerre, la vie va être insupportable pour l’enfant. Il faut que les parents puissent se croiser régulièrement dans le calme.

Quel est l'impact de la garde alternée sur les enfants ?

Il est très difficile de le savoir. On sait que certains enfants supportent mal le changement. Passer une semaine chez l’un et une semaine chez l’autre, certains ne le vivent pas bien. Il faut avoir ses affaires en double, etc. Certains enfants ne savent pas où ils habitent à l’arrivée. Certains ont donc besoin de stabilité, plus que d’autres. Tous les enfants ont besoin de stabilité. Mais certains arrivent à trouver une stabilité et un équilibre dans la garde alternée. D’autres pas. Cependant il est difficile de mesurer tout cela. Tous les symptômes développés chez les enfants vivant en garde alternée sont parfaitement atypiques. On retrouve autant de troubles du sommeil ou de troubles de l’appétit ou de problèmes scolaires que chez les autres enfants. On ne peut donc pas rapporter ces symptômes à la garde alternée.

Comment savoir si son enfant pourra supporter cette garde alternée ?

En parlant avec lui... Il est important, au moment de la séparation et après, de parler avec son enfant et surtout de l’écouter. Cette séparation induit forcément de la souffrance en lui. Il est fondamental qu’il puisse s’en confier auprès de ses parents. Le mode de garde est à décider en fonction de ce qui est le plus pratique pour tout le monde. A commencer par l’enfant. Mais vous savez, ce n’est pas la garde alternée qui est mal acceptée... c’est la séparation. Ne plus pouvoir voir ses parents, tous les deux en même temps, c’est ça qui est dur. A chaque fois qu’il passe de l’un à l’autre, c’est un arrachement. Il faut se séparer. Retrouver l’un, signifie se séparer de l’autre. Que ce soit une fois par semaine ou une fois par mois, ça ne change pas grand chose. Tout dépend de l’enfant et de son vécu. De toute façon, se séparer, ça veut dire une résidence alternée, non ?


Dr Marie-Claude Vallejo, pédopsychiatre

Dr Marie-Claude Vallejo, pédopsychiatre : “Toujours dire la vérité à l’enfant. Lui cacher la réalité de la situation, c’est le placer dans le doute et l’incertitude.“



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