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Rêves et cauchemars : Avis de l'expert

Publié par : Clémentine Fitaire (30. septembre 2015)

Professeur Joël Paquereau, président de l'Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) et responsable du centre de sommeil du CHU de Poitiers.

Pourquoi les rêves sont-ils aussi fantasmagoriques ?

Des échelles de cotation des rêves sur leur degré d’étrangeté, leur complexité, leur contenu (animaux, lieux, objets...) ont permis d’établir une évolution des rêves. Par exemple, l’évocation d’animaux est beaucoup plus fréquente chez l’enfant jeune (5-7ans), que chez l’enfant plus âgé ou l’adulte. En fait, et contrairement à une idée reçue, les rêves sont souvent très cohérents et crédibles, avec peu de bizarreries.
Selon une étude de Snyder aux Etats-Unis, seul 1% des rêves aurai un contenu « typique » de rêve comme « voler », « tomber dans le vide » « échouer à un examen ».
Pour Snyder, dans 90% des cas, le rêve est un récit détaillé et clair, cohérent et réaliste. Cependant, les événements extraordinaires surprenants, ou mettant en jeu la survie de l’individu ,sont des éléments forts qui facilitent le stockage en mémoire. Il est donc très probable que nous mémorisions beaucoup mieux ce type de rêves, même s’ils ne représentent qu’une quantité négligeable de notre activité onirique.

Certains facteurs extérieurs sont-ils néfastes aux rêves ?

Le contenu des rêves peut probablement être modifié par des médicaments ou des substances qui interagissent sur les structures cérébrales génératrices des rêves. Certains médicaments comme les benzodiazépines (dont les somnifères) peuvent donner un contenu plus désagréable à nos rêves.

D’autres médicaments au contraire, sembleraient favoriser les rêves, tout comme le tabac ou la grossesse. Mais les expériences conduites pour favoriser les rêves par des stimulations, n’ont pas démontré le rôle des facteurs externes. Il s’agit plutôt d'expériences individuelles, et les données scientifiques manquent pour valider ces impressions.

Que faire si un individu est en proie à des cauchemars quotidiens ?

Les cauchemars surviennent souvent immédiatement après un traumatisme psychique ou physique. Certains médicaments facilitent la survenue de cauchemars, en particulier ceux qui agissent sur certains neurotransmetteurs comme la sérotonine, la noradrénaline, et la dopamine. La majorité de ces médicaments sont des antidépresseurs, des antihypertenseurs, et des médicaments mimant l’action de la dopamine.

Des cauchemars trop fréquents et difficiles à gérer sur le plan psychique, devraient conduire à une consultation. Ils pourraient traduire une difficulté passagère ou chronique en lien avec des facteurs de stress ou d’anxiété qu’il faudra également savoir détecter.
Les cauchemars amènent rarement à un traitement médicamenteux, et dans l’extrême majorité des cas, il s’agit de rassurer les patients et associer parfois une psychothérapie.

Plus d’infos sur le site de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance : www.institut-sommeil-vigilance.org.

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Professeur Joël Paquereau, président de l'Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) et responsable du centre de sommeil du CHU de Poitiers.

Professeur Joël Paquereau, président de l'Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) et responsable du centre de sommeil du CHU de Poitiers. © N. Barrus


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