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Insomniaque : le témoignage d'un patient

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (06. avril 2016)

Témoignage de Sylvie, 48 ans, insomniaque depuis 20 ans, qui a décidé de suivre un traitement.

Vous êtes insomniaque chronique. Vous savez pourquoi ?

Oui, je crois savoir. Je suis d’une nature anxieuse. Depuis l’enfance, j’ai toujours eu un peu peur au moment d’aller me coucher, mais je n’ai jamais eu de difficultés à dormir jusqu’à un certain soir. J’avais un bébé de trois mois. Il est mort de la mort subite du nourrisson. C’est moi qui l’ai découvert. Le soir de sa mort, un médecin m’a prescrit un somnifère puissant. Les soirs qui ont suivi, j’ai continué le traitement. J’étais tellement choquée, tellement traumatisée, j’étais tellement angoissée, que je n’ai pas arrêté. J’ai commis l’erreur de ne pas aller consulter de médecin psychiatre ou de psychologue après la mort de mon bébé. J’ai cru pouvoir m’en sortir toute seule. Cela fait plus de vingt ans, maintenant. Depuis plus de vingt ans, je n’ai jamais passé une seule nuit sans un somnifère.

Pourquoi avez-vous décidé de vous faire traiter ?

J’en ai marre. J’en ai marre de cette dépendance. En fait, pendant des années, je n’en ai pas souffert. J’avais une vie régulière, conditionnée par la prise de mes médicaments le soir. Je savais à quelle heure je devais les prendre pour m’endormir quand je le souhaitais, en fonction de l’heure à laquelle je voulais me réveiller. Mais cela me gâchait la vie. Quand il y avait une soirée, par exemple, je ne pouvais pas m’empêcher de regarder l’heure. Je pensais toujours que si je prenais mon médicament trop tard, j’aurais du mal à me réveiller le lendemain et que je serais somnolente toute la journée. C’était une préoccupation permanente. Et puis, j’ai décidé d’arrêter de fumer. Je me suis occupée de mon hygiène de vie et le sommeil en fait partie. Le tabac est une dépendance, les somnifères aussi. Alors, je suis allée consulter.

Vous en êtes où, maintenant ?

Je n’ai pas encore complètement arrêté, mais j’ai rogné énormément ma dose de cachets. Je prenais un comprimé. J’en suis à un quart. Et je dors beaucoup mieux que lorsque j’en prenais un entier. Mais je ne suis pas encore sortie d’affaire : je reste très obsédée par l’idée du sommeil. J’en parle avec mon thérapeute. Mais je sais maintenant que je peux m’en sortir, même si c’est long.

Si vous voulez réagir, apporter votre témoignage ou poser une question ? Rendez vous dans notre FORUM Sommeil et Fatigue.


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