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La résilience : interview de Boris Cyrulnik : La définition de la résilience

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (18. septembre 2012)


Interview de Boris Cyrulnik sur la résilience, sa définition, ses étapes...

Qu'est-ce que la résilience ?
Depuis que vous en avez parlé, ce terme a été souvent repris...
Boris Cyrulnik : La définition de la résilience est précise et chaque étape du processus peut être évaluée. Cependant, le concept a été tellement repris qu’il est souvent utilisé à tort, certains l’ont surestimé, d’autres l’assimilent au concept du surhomme. J’ai donc proposé ce livre « connaissances de base » pour mettre les choses au clair et redonner une définition correcte de la résilience.

Pourquoi vous êtes-vous intéressé à ce concept ?
B.C. : J’ai fait mes études à une époque où on apprenait qu’une personne blessée ou traumatisée était perdue pour la vie. Or, j’ai rencontré des personnes qui m’ont raconté leur enfance, leur traumatisme et je me suis rendu compte qu’il était possible de se remettre d’un traumatisme. Je me suis donc intéressé aux conditions qui permettent de rebondir. Je n’ai pas attendu l’apparition du mot résilience. C’est Emmy Werner, psychologue américaine, qui a proposé le mot résilience en 1982, emprunté à la physique pour caractériser le retour à un état antérieur d’un élément.

Comment évaluer les étapes du processus de résilience ?

B.C. : La résilience est un processus et évolue donc constamment. On parle de résilience neuronale quand une personne a été confrontée à un isolement sensoriel. Au bout de trois semaines, une atrophie cérébrale est même visible, mais dès que le blessé est stimulé, très rapidement, le processus neuronal redémarre. Les étapes de la résilience neuronale peuvent être mises en évidence par imagerie médicale ou par des méthodes biologiques.

Ensuite, il y a la résilience affective. Par exemple, lorsque des enfants qui n’ont pas encore la parole, sont isolés, ils se replient sur eux-mêmes et ont des activités autocentrées. Et dès qu’on leur propose une nouvelle niche affective, ils reprennent un développement. Même s’ils sont trop petits pour parler, ils réapprennent à s’exprimer et à s’orienter vers les adultes.

Quant à la résilience psychologique, elle peut être évaluée par des tests de psychologie classiques, statistiquement validés.

On parle également de résilience sociale. Certains groupes humains reprennent un bon développement après un traumatisme, avec très peu de syndromes psycho-traumatiques, alors que d’autres, dans la même situation, ont une reprise plus difficile et ont beaucoup de psycho-traumatismes. Dans ce cas, ce sont les sociologues qui nous aident à évaluer la reprise évolutive.


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