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Ces rêves qui perturbent le sommeil : peut-on s'en libérer ?

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (23. mai 2014)

Certains rêves et cauchemars ont un impact émotionnel capable de perturber notre sommeil. Est-il possible d’identifier, de comprendre et se délivrer de ses rêves ? La réponse du Dr Marie-Françoise Vecchierini, spécialiste de la prise en charge des troubles du sommeil.

Pourquoi se souvient-t-on, ou non, des rêves ?
Dr M.-F. Vecchierini : Le fait de ne pas se souvenir d’avoir rêvé ne veut pas dire qu’on n’a pas eu de rêves. Une activité mentale est, en effet, présente tout au long du sommeil. Des études ont démontré que ce que l’on appelle « rêve », cet ensemble de phénomènes psychiques qui prennent forme pendant le sommeil, n’est pas spécifique d’une phase de sommeil donnée (sommeil lent ou sommeil paradoxal).
Ce qui change est le récit que la personne arrive à faire du rêve. Il faut bien distinguer le processus de réalisation du rêve au cours du sommeil et le processus de mémorisation puis de restitution du rêve. Dans notre mémoire à long terme, on garde beaucoup de rêves emmagasinés, mais seule une petite partie n'est restituée.
Si on réveille une personne pendant la phase de sommeil lent, elle pourra raconter seulement un rêve bref, le plus souvent peu élaboré. Alors que quand on la réveille en plein sommeil paradoxal, les histoires sont beaucoup plus longues et construites. Toutefois, cette différence peut être moins importante, et il existe aussi des rêves construits en sommeil lent. Quand un sujet se réveille spontanément le matin, il se souvient habituellement du dernier rêve fait, mais a du mal à raconter les rêves survenus précédemment.

Pourquoi certains rêves sont-ils capables de perturber le sommeil ?

Dr M.-F. V. : Plus la charge émotionnelle du rêve est forte, plus l’activité mentale du rêve entraînera des éveils. Et qui dit éveil dit perturbation du sommeil.
Des auteurs canadiens ont défini une hiérarchie de la charge émotionnelle attachée à l’activité mentale du rêve. On y distingue les rêves selon leur « progression émotionnelle » : les rêves normaux (ou neutres), ceux qui entraînent un sentiment, les mauvais rêves et les cauchemars qui peuvent causer des détresses plus ou moins élevés, jusqu’à arriver aux cauchemars post-traumatiques répétitifs, qui nous font revivre chaque nuit, tout au moins au début, le traumatisme vécu, subi ou auquel on a assisté.
En fonction de cette activité mentale au cours du sommeil, la charge émotionnelle peut être différente et plus on va vers les cauchemars, plus la puissance émotionnelle du rêve peut réveiller la personne qui dort. Lorsque les cauchemars sont extrêmement fréquents, les réveils répétitifs peuvent créer une insomnie : il faudra alors prendre en charge ces troubles du sommeil.

Est-il possible d’intervenir sur les rêves pour améliorer la qualité du sommeil ?

Dr M.-F. V. : Le domaine du sommeil, et encore plus celui de la gestion des rêves, est empirique. Avant de prendre en charge une personne qui se plaint de cauchemars répétés, il faut tout d’abord analyser sa structure psychologique.
Les thérapies comportementales et cognitives, qui ont été validées, peuvent avoir un effet positif. Des techniques de désensibilisation systématiques ainsi que la relaxation peuvent être efficaces, en déconditionnant l’effet anxiogène des rêves et des cauchemars. Différentes formes de psychothérapie peuvent essayer de résoudre les conflits intrapsychiques.
La thérapie EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) ou l’ hypnose, par exemple, peuvent être utilisées pour traiter ce problème. Cette technique EMDR peut être efficace chez des sujets qui font des cauchemars répétitifs et qui n’ont pas trop de perturbations psychologiques, mais qui ont par contre beaucoup de détresse associée à ces rêves.
Lorsque les cauchemars sont traités avec efficacité, le sommeil s’améliore. Les sujets se réveillent plus reposés et sont plus en forme dans la journée. Il est donc utile d’essayer de traiter les cauchemars quand ils deviennent source d’insomnie.

Quel est le traitement des rêves post-traumatiques plus complexes ?

Dr M.-F. V. : Dans le cas de rêves post-traumatiques, la thérapie du rêve va rentrer dans le cadre plus vaste de la prise en charge du stress post-traumatique. Ces rêves surviennent principalement entre minuit et trois heures du matin, et représentent toujours le même schéma, entraînant une répétition du traumatisme, tout au moins dans une première phase.
Le traitement vise à faire revivre à la personne le stress à l’état conscient pour s’en débarrasser la nuit.
Cela aide la personne à développer une rémission du traumatisme, le but étant d’introduire dans le vrai cauchemar, les changements qu’on a intégrés volontairement dans le récit du rêve pendant l’éveil.
Le traitement de l’état de stress post-traumatique sera individualisé. Il traitera non seulement les pensées et cauchemars intrusifs, mais aussi les troubles psychiatriques qui peuvent les accompagner, comme un état dépressif majeur ou encore la prise de substances illicites. Dans ces cas, l’approche thérapeutique combinera un traitement médicamenteux, des aides psychothérapiques et une approche psychosociale.

Propos recueillis par : Elide Achille.
Consultant expert : Dr Marie-Françoise Vecchierini, spécialiste de la prise en charge des troubles du sommeil.

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