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L'alcoolisme

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  • L'alcoolisme



    Texte tiré d'un livre que je prépare pour des adolescents en souffrance pour les pousser à s'exprimer.
    Mes textes extrait de ce livre, ne sont pas obligatoirement autobiographiques attention.
    j'ai interviewé des jeunes et de leurs dires, j'en fait des textes.

    Donc voici un texte sur l'alcoolisme

    Mon père est alcoolique !

    J'ai 43 ans. Aujourd'hui, je le cris haut et fort, mon père est alcoolique ! J'ai mis plus de 25 ans à lui dire droit dans les yeux ! Mais quel soulagement ai-je pu ressentir ...

    Pour lui faire mal pensez vous, non juste parce que à cause de cela, j'ai bien souffert, je n'ai pas été assez forte et j'en suis tombée malade. Mais, il n'y avait pas que lui dans mon histoire de la vie. Bien mauvais départ tout de même....

    J'avais 14 ans quand je me suis rendue compte qu'il était alcoolo. Car en fait, il l'était depuis plus longtemps que cela mais j'étais petite et je ne m'en rendais pas compte. Puis avec du recul, mes souvenirs, que je suis allée chercher au fond de moi, je me souviens déjà quand j'avais 10 ans, des verres de Whisky qu'il s'enfilait un peu trop rapidement. Je n'y prêtais pas attention à cet age là, puisque très rarement je l'ai vu "tomber". Mais c'est à l'age de l'adolescence, cap si difficile, que tout à basculer.

    Son alcoolisme le rendait trop souvent agressif et de jour en jour, nous voyons, nous enfants, sa déchéance qui s'annonçait. Que faire lorsque l'on est enfant ? Pleurer dans un coin, se cacher, avoir peur surtout. L'amour qui se transforme en haine. La honte qui pénètre mon corps. Les mensonges auprès de mes copines. Ses mensonges pour cacher son état et m'obliger par là même, à me taire ! Me taire, voilà ce qui m'a tuée ! La souffrance de se sentir impuissant. Parce que même, s'il buvait, je l'aimais !

    Mais je fini par le haïr aussi. Une haine époustouflante que j'ai gardée en moi. Cette haine m'a rongée au fil des ans. Cette haine m'a détruite au fil des ans.

    Quel image du père ? Quel image de l'Homme ? Quand le premier de sa vie, n'est plus une référence ?

    Un enfant a besoin de repères, d'un Dieu qui est son père en l'occurrence, pour s'élever lui-même, pour pouvoir s'aimer plus tard. Mais qui le comprend cela ? Les psy, oui, que j'ai consulté pendant des années. Cela ne voulait pas dire que jétais folle, non, juste victime dun être malade qui a bu parce quil navait pas parlé lui aussi le pauvre

    Vivre avec un alcoolique au quotidien, c'est des brulures au quotidien. La période la plus difficile dura 3 ans, date à laquelle j'ai rencontré mon mari et où j'ai pu souffler un peu, en m'échappant.

    Très difficile de vivre avec un homme que l'on adore et que l'on haie ! Mon père, je l'adorais, j'étais la fille à mon père comme on dit. D'autant plus difficile à vivre, puisque j'étais en fusion avec lui. Trop d'amour, trop de haine.

    Mais pendant toute cette période, que de souffrances pour l'enfant que j'étais. Dès 11 H OO du matin, les premiers verres. Il était malin papa, mais nous, pas dupes parce que à l'affût de tout. J'observais tous ses gestes, je contrôlais, je ne pleurais pas ma souffrance. J'encaissais comme lui, non pas l'alcool mais la haine qui grandissait au fil des ans. Je me rappelle être sur mon canapé, compter les verres et en fin de semaine, les bouteilles.... Je me rappelle les plaintes de maman à ses enfants parce qu'elle souffrait elle aussi de cette destruction et de son agressivité. Je me rappelle les cadavres à la poubelle qu'il nous ordonnait de jeter donc, nous en rendre complice.... Je me rappelle nos peurs. Oui nos peurs.

    La peur qu'il meurt, la peur qu'il dégageait parce que papa était très dur, stricte, exigent et complètement fou lorsqu'il avait bu. Difficile à accepter cette autorité totalitaire lorsque lui-même n'était plus capable, dû à son alcoolisme, de nous enseigner les bonnes règles éducatives.

    Extrait dune lettre que je lui ai écrite :

    Un père qui tombait rarement ivre mort mais suffisamment pour se casser la figure dans les marches de lescalier lorsquil montait se coucher, lorsquil avait sa dose. J'étais à laffût de tes mouvements papa et observais le rituel nocturne. Un passage aux toilettes obligé pour te vider les boyaux torpillés par lacidité de lalcool, signe avant coureur de ton état. Et chaque soir cétait le même spectacle, la même pièce de théâtre que tu nous jouais, les mêmes visions dramatiques pour lenfant que jétais qui souffrait en silence. Papa, si tu savais comme jai pleuré dans mon corps. Mais personne ne réalise ou ne prend en considération cette douleur. Je t'aimais, je t'aimais, mais toi... tu buvais, tu buvais....

    Un père alcoolique que lon cachait aux copains, à la famille. Le pire peut-être, Cacher ! Ils devaient bien sourire dans leur coin. Ton pif, tes yeux te trahissaient. Un père qui nous faisait croire quil buvait du jus de cassis pour masquer son rouge trois étoiles ! Nous nétions pas crédules ! Un père qui jetait à la rivière le trop plein de bouteilles stockées jour après jour pour faire diminuer le tas et ne pas être vu !!! Maman qui les comptaient semaines après semaines ! Ah, c'est incroyable ces casiers de bouteilles dans le garage. Elle se plaignait sans cesse à nous de tes excès, de cet argent considérable, dépensé. N'avions--nous pas déjà tout compris pour en rajouter ? Un père qui se permettait lorsquil avait bu, de toucher des jeunes filles, au bal du village, sous mon regard effaré dadolescente.

    Supporter ton haleine et ton regard vitreux ! Ne pouvais tu te prendre en main et te remettre en question ?

    Quelle souffrance intérieure ! Faire croire que lon était heureux, toujours ! Faire croire, encore, cette apparence du bien être, que je sais tant exploiter aujourdhui. Nous obliger même à dire : Merci ou bonsoir petit papa chéri !

    Tu navais rien dun papa chéri à cette époque !

    Cet alcool te rendait agressif. Tu navais pas le vin joyeux. Cela finissait toujours par des disputes. Nous savions quen fin de soirée nous devions éviter ton regard et ne jamais te contrarier au risque de sen prendre une. Mais cela papa, cétait une tension pour moi. Nous étions toujours sur la corde raide avec toi. Si tu savais papa comme jai pu souffrir intérieurement. Si tu savais comme mon Dieu mavait abandonné ! A quoi se raccrocher puisque tu nétais plus là pour moi. Bordel cque je taimais papa, cque tu me manquais ! Cque je finissais par te haïr !

    Un père qui m'assommait un jour, littéralement, par un coup de coude sur ma tempe parce que je venais de renverser sa potion magique maladroitement... Assommée !!! Assommée par son papa !

    Un père que je trahissais. On mavait dit à lécole, de mettre de la cendre à cigarette dans ton pinard ce qui técurerait peut-être. Alors, jen ai mis de la cendre à cigarette dans tes verres.

    Je lai rêvé que tu sois malade une bonne fois pour toute et que tu ne touches plus à ces breuvages ! Les cendriers se sont bien vidés... mais rien ny faisait. Tu as continué à boire, boire, boire...

    Portrait de mon père, à 14 ans :

    Papa, maman, cétaient disputes au quotidien. Plus denvie de se plaire respectivement.
    Sa démarche, cétait maintenant une ombre titubante, pas lourds et pesants
    Ses cheveux grisonnants, cétait le mauvais patriarche dantan
    Ses sourcils, cétait autorité dévastatrice, PEUR, cette fois
    Son regard, mitraillette !
    Ses paroles, langue de vipère, brutalité
    Son odeur, cétait alcool
    Son intelligence, évaporée justement avec lalcool
    Ses gestes, cétaient violence, impulsivité
    Ses mains. Ah ses mains, cétaient baffes et "fausses" baffes !


    Papa était un homme bon, très bon mais caractériel et malade surtout. Mais quand on est enfant, on ne comprend pas cela. On trouve la vie injuste et particulièrement le fait qu'il était aussi très dur, violent parfois dans ses gestes et ses paroles. Papa a voulu faire de moi aussi, un être parfait en me mettant une pression scolaire pour que je réussisse à être ce que lui ne fut pas Ceci ma poussé au perfectionnisme avec une peur immense de le décevoir et de ne pas être à la hauteur de SES ambitions Catastrophique pour mon psychisme le psy me la bien expliqué Quand on est enfant, on ne comprend pas qu'il souffre lui aussi. On ne peut pas comprendre ! Et pourtant, il souffre lui aussi, je vous lassure

    Quand il avait bu, c'était l'horreur, surtout en fin de journée lorsque nous rentrions de l'école. Nous savions que le stress allait nous démolir. Et nous, enfants, nous devions subir sans mots dire. Nous longions les murs comme on dit, sans se rebiffer, connaissant sa violence. Mais nous n'avions rien demandé nous, enfants. Jamais je n'ai osé lui crier de vive voix son alcoolisme. Jamais. La peur, la honte, je ne sais pas. Je l'ai crié pourtant à maman, mais elle a nié au début, ne voulant pas accepter qu'il soit dit qu'elle ait épousé un alcoolique.... Elle a nié, pour pas qu'il soit dit qu'elle ait la même vie que sa mère... Que l'on se sent abandonné par un père qui boit, une mère qui nie ! C'est horrible de se retrouver entre deux adultes qui traversèrent une dure épreuve pour eux, aussi. Mais nous enfants, on ne veut pas en entendre parler de leurs problèmes. On est des enfants, on veut rêver, on veut jouer, on veut de la joie, on veut de l'amour, on veut des rires, on veut être comme les autres. L'amour, un mot qu'il ne connaissait pas ou du moins quil ne savait pas exprimer. Pour lui, qui reçu une éducation stricte d'après guerre et orphelin de mère à 15 mois, il ne sut nous en donner, nous lexprimer. Pour lui qui reproduisit sur nous, l'éducation excessive de son père. Il nous aimait semble t-il mais lorsque l'on est enfant et que l'alcool l'anesthésiait, le rendait fou bien souvent, nous sommes en droit de se poser la question de l'amour entre lui et nous, ses enfants. Et nous nous sommes posés cette question trop souvent.... Et pourtant il nous aimait, je le sais.

    Décrire le quotidien n'a pas d'intérêt, non ce qui est intéressant, c'est l'impact psychologique sur l'enfant. La fille en particulier. La jeune fille que je fus qui s'est si mal construite. Le père est le premier amoureux d'une fille donc c'est la première image qu'elle a de l'Homme. Et cette image va la poursuivre pour sa vie de femme plus tard. Et si l'image est négative, elle aura une image négative de tous les hommes. Elle en aura peur, se méfiera, se fermera à leur amour. En effet, inconsciemment, elle retrouvera dans tous les hommes qui l'entoure, la courtise, l'image du père ! L'image qui la traumatisa évidemment. Et pourtant tous les hommes ne sont pas comme lui

    Alors difficile pour elle de se séparer de son passé. Difficile de construire. Difficile le relationnel. Difficile la vie de couple. Difficile, la sexualité même... ! Mais il le faut pourtant se séparer de cette mauvaise image et passer au dessus de tout cela

    Voilà pourquoi j'écris brièvement ces lignes. Pour témoigner et attirer vraiment l'attention pour que le parent alcoolique se soigne. C'est une vraie maladie qui entraîne dans la souffrance toute la famille. Et ne le rendez pas coupable, il le sait quil agit mal... mais sa maladie lempêche tout contrôle de soi.

    Alors, enfants, oui, hurler votre souffrance mais ne vous révoltez pas, soyez forts, grands et aidez votre parent à se soigner. Il ne boit que sa propre souffrance parce qu'il ne sait pas parler. Il encaisse, lui aussi. Aidez le à admettre. Apprenez lui à parler. Pardonnez lui. Aidez le à consulter les Alcooliques Anonymes

    Alors, parents alcooliques, ne niez plus votre état. Acceptez cette maladie et soignez vous, vite. Les dégâts sont trop importants pour tout le monde. Les Alcooliques Anonymes est la solution ! Il n'y a pas de honte ni de culpabilité à avoir. C'est une maladie au même titre quun cancer et vous souffrez !

    Aujourd'hui, je n'ai plus de haine. J'ai pardonné à papa mais j'en fus bien malade et j'ai mis plus d'une vingtaine d'années à lui dire dans les yeux que nous avions soufferts de tout cela. Cest grâce à la parole et au pardon, que jai pu aller mieux !
    C'est la vie ! Malheureusement. Mais.... Que cela cesse !

    Je t'aime tellement mon petit papa chéri. Et tu me manques tant...

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