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Le corps comme une métaphore

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  • Le corps comme une métaphore



    LE CORPS COMME METAPHORE

    Par le Docteur Philippe DRANSART
    Médecin homéopathe et phytothérapeute


    1. De l'effet de "renommer" les choses dites
    la maladie "objet"

    "Docteur, je me sens comme la tête prise".. Le médecin classique note: Céphalée. Il aurait pu lui répondre "Qu'est-ce qui vous prend la tête Et cette simple question aurait suffi pour souligner le lien entre le symptôme et ce que ce symptôme signifie.

    Nommer le symptôme dans un terme médical revient à créer de toutes pièces, comme artificiellement, une entité, l'entité "maladie". Cet entité devient un objet que l'on va pouvoir décrire de façon "'objective", mesurer de manière quantifiable (par la biologie etc..), comparer aux entités similaires, classifier, et pourquoi pas, y mettre son nom à la postérité, bref, en faire une réalité en elle même, avec toute une série de moyens objectifs pour appréhender cet objet, que l'on appelle ""maladie".

    Certes il existe des entités nosologiques. Mais de cette transposition du discours du patient en langage médical va résulter une approche dite "objective", qui va évacuer le subjectif.. même la douleur est quantifiable, certains auteurs proposent des "échelles" pour l'évaluer. Et en évacuant le subjectif, on perd ce qui, dans le discours du patient, est pour lui "signifiant".


    2. Prendre son corps à témoin
    Le corps comme métaphore d'un malaise

    Or, dans les deux cas, ce qui intervient, c'est le fait de -nommer":

    D'un côté le malade *"nomme" son malaise en utilisant son corps comme l'un des termes du langage, à travers non seulement les sensations, mais aussi le lieu où cela se produit, tout comme les modalités et les concomitances.. Son corps, il s'en sert comme d'une métaphore, dans une manière de se parler à lui même, comme s'il prenait son corps à témoin, en une sorte de discours intérieur.

    De l'autre, son médecin (classique) se laisse enfermer dans une démarche similaire, en mettant un nom de maladie sur ce "malaise somatisé", en déplaçant une seconde fois les choses de manière à lui présenter la maladie comme une entité extérieure à lui même, ce qui conforte la démarche du patient, et transforme la maladie en un "combat"".

    Précisons cette idée de "métaphore" par un exemple: C'est l'histoire d'une patiente porteuse d'un eczéma, elle me disait "'Ca me démange, ça me démange".. et j'en ai eu tellement assez de m'entendre dire cela pendant toute la consultation que j'ai fini par prendre une feuille, j'ai noté en gros caractères "CA - ME DEMANGE", avant d' entourer le "'CA" et de lui dire, "Qu' est-ce donc que ce "CA" ?".. Et cette "coupure" dans son discours lui a permis brusquement de prendre conscience de ce "ça" qui la démangeait.. Trois jours après elle n'avait plus d'eczéma..

    Ne généralisons pas cela à tous les eczémas.. Chez elle, ce qui m'avait frappé c'était son insistance, tout au long de la consultation, à me répéter cette même phrase.

    D'après le Petit Robert, la métaphore est un "Procédé de langage qui consiste en une modification de sens par substitution analogique (usage d'un terme concret dans un contexte abstrait)". Tout se passe comme si le malade usait de son corps comme d'une métaphore prise dans son discours intérieur, un peu comme s'il prenait son corps à témoin.. mais du coup, le sens est modifié et le discours devient incompréhensible.


    3. Étudier l'objet ou comprendre le sujet,
    L'émotion ou le microbe:

    "Ca lui est resté en travers de la gorge".. Cette expression me rappelle l'histoire d'un enfant qui présentait une angine à Staphylocoque survenue après une humiliation: Son père l'avait gifflé à la sortie de l'école devant ses camarades, Staphysagria l'a guéri en moins de 12 heures.. malgré l'identification de Staphylocoques au prélèvement. Pour l'homéopathe, obtenir cette guérison précisément par ce remède est la preuve que la cause de l'angine était une humiliation, une forme particulière de colère rentrée, "ravalée"".. Mais un médecin classique, constatant la présence de staphylocoque, vous objectera ici que si un traitement antibiotique peut guérir cette angine, c'est bien la preuve que ce germe en est la cause. Alors, qui a raison ? Je vais vous proposer une hypothèse simple pour nous réconcilier les uns les autres: Le staphylocoque, c'est de la colère.. Que cette colère prenne corps à travers ce germe en change l'aspect, mais pas la nature.

    Et peu importe qu'une certaine forme de stress au sujet de choses matérielles s'appelle "'Helicobacter", qu'une culpabilité de la chose sexuelle soit nommée "Chlamydiae", il sera toujours possible de trouver un objet qui incorpore et concrétise une réalité subjective, parce qu'il est dans la nature de ces réalités de chercher à prendre un corps pour se manifester.. Et comme vous le savez, à force de les combattre comme des objets extérieurs, on finit par déplacer le problème, et favoriser l'émergence de nouvelles maladies.


    4. L'écoute individuelle de l'homéopathe
    L'approche pragmatique et l'approche intuitive

    Une méthode qui nous invite, comme l'homéopathie, à rester au plus près de ce que nous dit notre patient, nous amène à "entendre" plus facilement cette dimension de la métaphore: Quand Lachesis nous dit il est clair que ce n'est pas seulement une sensation physique, elle étouffe son entourage autant qu'elle se sent étouffée par lui..

    Et quand nous "'individualisons" le symptôme, en précisant la sensation, le siège, les modalités, les concomitances, nous sommes au plus près de ce que le patient se dit à lui même.. Et à partir de ces éléments, nous avons deux options:

    - Soit l'option "humble" qui consiste à ne pas se poser d'autre question que celle du remède semblable à ce symptôme, et tout humble qu'elle soit, cette option est souvent la plus efficace pour trouver le remède.

    - Soit l'option "curieuse", qui consiste à se demander ce que le malade cherche à se dire et pourquoi. Et comprendre ce qui se dit là est comme un défi, au bout duquel peut être se trouve le remède: Je me souviens d'une patiente qui avait une algodystrophie consécutive à une entorse bénigne de la cheville droite. Le chirurgien ne comprenait pas ce qui se passait. Elle n'avait pas de sensation ni de modalité particulière, juste cette localisation à la cheville. Or, si les jambes nous permettent d'avancer, les chevilles nous donnent la direction. Et cette femme, curieuse coïncidence, était confrontée à un choix professionnel pour lequel elle était complètement indécise. Graphites l'a très rapidement guérie. J'ai pensé à Graphites, d'une part devant cette indécision, d'autre part devant sa difficulté à relativiser les petits aléas de la vie courante. Le carbone, comme le suggère Scholten c'est le "sens de la vie" (dans tous les sens du terme "sens"..). Et ce n'est peut être pas un hasard si Natrum carb, un autre carbone, a dans sa matière médicale une fragilité des chevilles.

    Cette approche du symptôme comme une métaphore nous ouvre des portes, non seulement sur le mental du patient, mais aussi sur une compréhension et un usage différents de la matière médicale. Et depuis quelques années, un certain nombre d'auteurs, ici comme ailleurs, essaient d'appréhender le génie du remède par sa dimension de métaphore.


    5. Quelques remèdes vus par leurs "métaphores"

    Prenons quelques exemples:

    Kali bichromicum se fait des trous circonscrits à bords nets, comme il présente des douleurs en des endroits circonscrits: Scholten nous dit, en substance, Kali veut dire "je dois", Chrome veut dire "s'entourer d'une belle apparence": Quand il a un problème, Kali bichromicum va le circonscrire au maximum pour préserver ce "je dois paraître"..

    Natrum muriaticum.. Le sodium "retient" l'eau, cette rétention émotionnelle va se retrouver dans beaucoup de symptômes de Natrum mur: Il retient ses larmes, ce qui ne l'empêche pas de retenir aussi son passé source de chagrin, comme il se retient d'uriner en présence d'autrui: Cette rétention se dit à des niveaux à la fois physiques et mentaux.

    Nitric acid n'est sans doute pas le seul remède des orifices, mais quand on pense à ce remède, on ne peut pas s'empêcher de penser que les orifices sont d'abord des lieux de plaisir, des lieux par lesquels se disent les plaisirs de la vie, que ce soit le plaisir d'absorber comme celui de se décharger.. Et c'est justement là que ça lui fait mal. Regardez ce qu'en dit Scholten: Les sels nitrés "explosent", ils sont dans la jouissance de la vie et de ses plaisirs, ils "s'éclatent"' comme disent les ados. Les acides sont dans le désir de fusion, ils ne laissent pas d'autre alternative à leurs bases que de faire corps avec elles, avec l'agressivité que vous savez.. et ils ressentent d'autant plus douloureusement leur échec à fusionner..

    Ca n'est pas une douleur diffuse, c'est une écharde, c'est un point précis comme un corps étranger et profond, comme cette vieille rancune envers une personne précise et pour une raison très précise..

    Nitric acid pourrait bien se dire "'Ce type là m'a fait chier, et quand j'y repense, j' en chie encore et ça me fait mal". . Mais comme si cela ne suffisait pas, il joint le geste à la parole. On dirait que son anus lui donne raison, à moins que ce ne soit lui qui se donne raison à travers son anus, comme s'il prenait son corps à témoin, comme si son corps venait à la fois exprimer et justifier le bien fondé de sa position (sans jeux de mots..), la réalité de ce qu'il vit, de ce qu'il endure. Quelque part à travers son corps, il se dit que sa position est juste et qu'il a bien raison d'avoir mal.

    Les remèdes nous parlent par leurs sensations, le siège des symptômes, mais les Modalités aussi ont leur importance: Je me souviens de cette patiente, une femme de 50 ans dont le mari est tombé malade.. Peu de temps après, elle a développé une sciatique de la jambe gauche qui traduisait cette perte d'appui (pour un droitier la jambe gauche est la jambe d'appui), et cette sciatique était aggravée en position assise.. Et de fait, cette femme avait tellement de choses à assumer qu'elle ne pouvait même plus prendre le temps de "'s'asseoir"..

    Les Concomitances sont à interpréter dans ce même ensemble. La chaleur ou le froid, nous pouvons les entendre comme un degré d'ouverture ou de fermeture à l'entourage ou à l'émotion. Silicea, timide, intériorisé, est frileux, Sulfur, expansif et extraverti craint la chaleur. Notons ici ces nuances selon la localisation: Phosphorus, plutôt frileux, a les mains chaudes et le contact chaleureux, tandis que chez Arsenicum alb., c'est la tête qui est "ouverte" et chaude chez cet homme qui s'ouvre par l'intellect plutôt que par le coeur et le reste du corps.

    Le repas, la boisson et surtout le type de nourriture sont eux aussi comme une métaphore, comme chez ce Natrum mur. amer ou cette Sepia acide.. sans parler du désir de poisson d'un Phosphorus qui évolue avec affabilité et transparence dans le milieu comme un poisson dans l'eau.. Etc..


    6. La somatisation comme justification

    Ces exemples nous permettent de toucher du doigt une chose que l'on vérifie souvent: A travers la maladie, le malade bien souvent concrétise dans la réalité ce qu'il vit, et cette réalité vient lui confirmer que ce qu'il vit n'est pas une vue de l'esprit, il souffre mais il a bien raison de souffrir. Parce qu'au fond, dans une situation subjective le malade peut toujours se demander s'il a raison ou tord de réagir comme il le fait. Dans ces cas là, on a ce sentiment que le malade somatise comme pour justifier objectivement la réalité de ce qu'il éprouve sur un plan subjectif.


    7. La cohérence comme rempart au désir,
    Peur de perdre l'identité:

    Souvent le malade nous demande le "pourquoi" de sa maladie. En réalité, à travers la question du sens, c'est une question plus subtile que le patient se pose, c'est la question de la cohérence. Ce qu'il vous demande n'est pas de lui dire la "vérité", mais de lui donner une explication plus ou moins cohérente (qu'elle soit rationnelle ou teintée de psy), et si vous lui parlez d'helicobacter il est peu probable qu'il se demande pourquoi lui et non son voisin. Il faut que tout cela fasse cohésion, et la maladie peut être est elle même comme une recherche de cohésion: Une cohésion qui serait là pour défendre l'identité face à l'émergence d'un désir, et le corps serait comme un dernier rempart pour justifier cette défense là.

    Expliquons cette idée: Dans un groupe dont un membre est atypique au point de professer des idées ou d'adopter des attitudes qui mettent en cause les idées, les croyances de ce groupe, ce groupe a le choix entre, soit lâcher quelque chose de ses croyances ou ses principes afin d'inclure ce membre atypique, soit trouver un prétexte pour l'isoler, le marginaliser, s'en défendre. Et cette défense sera d'autant plus importante que ce groupe se sentira menaçé dans son identité. Le facteur qui décide de ce choix entre lâcher prise et lutte, c'est une peur, une peur profonde de perdre ce à quoi on est attaché, et c'est quelquefois une peur panique, la peur mortelle de perdre son identité (son "symptôme" diraient les analystes). Et cela joue quelquefois comme un réflexe tellement vital qu'il préserve cette part de notre conscience qui fonde notre "Moi".

    Ce "'membre atypique", plus ou moins présent dans chaque groupe, est comme porteur d'un désir très profond mais qui dérange, une sorte d'aspiration à "autre chose".. C'est comme une part de nous mêmes qui nous anime mais auquel nous refusons droit de cité. Et cette peur, c'est cette fameuse psore, c'est le péché fondamental, le point de départ d'une réaction qui nous échappe. Que cette peur soit consciente ou inconsciente ne change pas profondément la situation, si ce n'est que dans un cas, elle sera angoisse ou psychose, et dans l'autre, elle sera psychosomatique, ou plus précisément "psychose-somatique".


    8. Le remède comme caricature humoristique

    Si vous prenez Arsenicum album, dont l'angoisse fondamentale est la peur de mourir, tous ses symptômes physiques viennent lui confirmer la réalité de cette angoisse. Et devant une telle "démonstration par le corps", comment voulez vous dire au malade que tout cela n'est pas vrai, qu'il se fait des illusions ? Vous savez qu'il n'a pas tort non plus, parce que son asthme à deux h du matin, il peut en mourir, ça aussi c'est une réalité.

    Dans une situation pareille, il n'est pas facile d'avoir une parole thérapeutique. Il n'y aurait que l'humour qui puisse déplacer le malade de cette position où il s'est enfermé. Or, c'est ici que l'homéopathie est géniale, parce que le remède va aller chercher le malade au niveau où les choses se disent, au niveau du corps, dans le langage du corps. Et là, en présentant au malade une caricature de son état, ce remède va le prendre au mot, d'où un effet d'humour libérateur: Quand votre thérapeute se contente simplement, après une longue écoute silencieuse, de reprendre un mot, une expression que vous venez de formuler, sans autre commentaire.. vous n'êtes plus ce que vous dites mais vous voyez ce que vous dites, et cela produit une sorte de décalage à partir duquel tout est possible, et on peut se demander si, quelque part, le remède n'agit pas de la même manière.


    9. Le lieu où "cela" se dit

    A travers différentes lectures, nous avons essayé de dégager quelques idées sur les lieux du corps comme métaphore, et ceci est présenté dans un travail à part, dont je vais vous donner un petit aperçu en conclusion. Cette étude se fonde sur trois apports:

    1. L'apport du langage populaire, des expressions courantes et significatives du genre "Il n'en fait qu'à sa tête", "Ca m'est resté en travers de la gorge" etc.. Ces expressions de la "sagesse" populaire s'avèrent souvent d'une grande pertinence dans la compréhension du lieu de somatisation, et ce n'est pas pour surprendre si l'on considère que le corps est inscrit dans le langage, un langage qui n'a pas de mot pour se dire.

    2. L'apport lié à la fonction de l'organe. Chaque organe a une fonction spécifique et c'est par elle qu'il se situe dans cet ensemble "organique", c'est ce qui lui donne sa raison d'être -on n'ose pas dire son "identité"- et sa relation avec l'ensemble. Comme nous l'avons évoqué plus haut, chaque organe est peut être comme le reflet, l'analogie physique, de fonctions psychiques qui trouvent en lui une ressemblance, une correspondance. Sur le plan psychique aussi, il y a des choses que nous "digérons", que nous métabolisons ou éliminons.

    3. L'apport enfin des traditions et des anciennes cultures, comme c'est le cas de l'acupuncture qui établit une relation étroite entre chaque organe-fonction et une disposition psychique ou émotionnelle particulière, ou de la tradition hébraîque, ou encore de l'astrologie prise, non pas dans son sens ésotérique, mais comme l'apport culturel de temps anciens (astrologie chaldéenne). Cet apport de la tradition sera pour la plupart d'entre nous de loin le plus obscur, et il n'y a pas lieu à mon sens de s'y attacher outre mesure si ce n'est pour mettre en évidence la manière dont le corps était perçu et symbolisé en ces temps anciens, et en retirer parfois quelques éclairages intéressants.

    De ces trois apports nous émettrons des hypothèses que nous allons maintenant développer, certaines ayant reçues un début de confirmation clinique, d'autres non.. mais toutes demandent à être affinées et nuançées, ceci n'est qu'un essai, et nous demandons toute l'indulgence du lecteur sur le caractère approximatif des idées et hypothèses émises ici:

    Nous ne proposons cela que comme matière à réflexion, et il ne s'agit pas, vous l'avez compris, d'une clé universelle, qui serait valable en tout temps et en tous lieux pour tous les êtres humains, ce serait trop facile.. Il existe pour chacun de nous une manière de se dire les choses qu'en dernier ressort nous sommes les seuls à pouvoir interpréter.


    10. Le sens des lieux, très bref survol:

    Afin de vous donner un très court aperçu, je vais essayer de résumer tout ce développement en quelques mots:

    La tête est ce qui dirige, elle a besoin de lucidité et de froideur, mais quelquefois l'émotion remonte et déborde la raison, ça nous "prend la tête"..

    Par la nuque descend l'idée, qui rencontre l'énergie du souffle et du coeur pour devenir un désir qui s'exprime, soit par la parole du larynx, soit par l'action qui va se projeter dans le monde extérieur par les épaules, où l'on va trouver soit aide (on est épaulés), soit blocage.

    Le membre supérieur va parler de l'action, à travers le coude qui prend, qui donne, et qui se plie aussi, quand il faut plier. Le poignet procure à la fois souplesse et fermeté, dans un juste dosage, sur lequel s'appuiera l'habileté des mains et la dextérité des doigts.. J'abrège bien sûr.

    La colonne est ce qui nous permet de tenir debout face à la vie, et quelquefois de prendre des coups par derrière..

    Les membres inférieurs vont nous permettre d'avancer mais aussi d'aller vers les autres, d'entrer dans une relation, personnelle ou sociale, c'est l'histoire de l'enfant qui se redresse et découvre le monde..

    Sur les hanches nous prenons appui, et quelquefois cet appui nous manque, un peu comme dans l'épaule, mais la hanche est plus facilement sensible à la trahison. Le genou nous rappelle que pour avancer il nous faut plier, quelquefois jusqu'à mettre un genou à terre et surmonter notre orgueil.. La cheville imprime la direction à prendre, le pied par le talon dit notre assise, et par les orteils avance dans ce monde relationnel avec plus ou moins de conviction.

    Le coeur est ce qui nous anime, et dans ce système coeur vaisseaux, nous sommes corps et âme tout "entiers" dans nos entreprises, dans nos réactions, dans cet investissement artériel et dans ce manque de "retour" veineux.

    Le souffle, c'est la vie, la joie de vivre et de respirer, c'est aussi le rythme, savoir se reposer, souffler, c'est enfin l'espace qui quelquefois nous manque, c'est cet échange par lequel nous respirons cet air de notre ennemi dont il faut nous protéger.

    Par le manger et le boire, nous assimilons le côté matériel comme émotionnel de nos expériences de vie, nous croquons la vie à pleines dents ou bien, ça nous reste sur l'estomac, à moins que la vésicule ne vienne nous dire que cette expérience là est un peu %%grasse" et lourde à digérer. Le grêle discerne et trie, le foie veut faire "sien" toutes ces choses, posséder dans un désir quelquefois boulimique et dangereux de certaines expériences de vie qu'il aurait fallu éviter avec sagesse.. Le colon élimine au prix d'une alchimie laborieuse qui lui permet de renoncer à des choses passées.

    Le pancréas nous parle de la douceur de vivre et cette notion là elle aussi nous aide à digérer. La rate est un cimetière lieu de toutes les nostalgies (spleen), mais aussi du retour à la terre et du sens de ce qui se passe sous cette terre..

    Les reins balancent, pèsent le pour et le contre et décident, mais ils aident aussi à faire face à la vie à travers les "reins solides" de la colonne lombaire, comme à surmonter les peurs grâce aux surrénales. Puis se rejette cette émotion usée, par la vessie à travers laquelle l'animal que nous sommes veut définir son territoire, et gare à l'intrus qui le pénètre (Staphysagria).

    La place du système glandulaire n'est pas indifférente.. L'iode de la thyroïde est cette couleur violette qui unit le bleu du ciel et de la pensée sereine au rouge de l'émotion et du sang par lequel nous nous incarnons, et par elle s'équilibre l'action et le retrait.. Situées sur les reins, les surrénales peuvent instantanément mobiliser toute cette énergie pour faire face..

    La peau est prise de conscience, enveloppe qui définit cette limite entre moi et non moi, ce contact avec l'autre, mais aussi elle donne à voir, elle est ce que l'on aurait aimé cacher et qui s'expose non sans honte..

    Tout le système génital bien sûr nous parle de sexualité, de cette relation intime à l'autre, mais aussi du rapport avec nos enfants, de notre capacité à être père ou mère, mari dans sa puissance ou femme dans son accomplissement.

    Tout le corps nous parle, et c'est une très belle histoire..


    PHILIPPE DRANSART,
    Enseignant à l'E.H.H.D.S.

  • Ce que la maladie voulait dire à arlette



    Autre extrait du Docteur Dransart, tiré de son livre La maladie cherche à me guérir II, p. 49-50.

    Arlette, une jeune femme de 25 ans, souffrait depuis un an d'orgelets à répétition, avec irritation de la paupière de l'oeil droit. Chaque fois les traitements locaux l'amélioraient puis elle rechutait, et elle vint me voir en désespoir de cause. "Tout se passait ... , elle avait terminé ses études et venait de trouver un travail qui lui convenait, et elle s'entendait à merveille avec son compagnon. Quand je lui demandai quel évènement avait précédé l'apparition de cette inflammation de paupière, elle ne *voyait* pas, sa vie lui semblait harmonieuse et équilibrée. L'oeil étant souvent l'expression d'une colère, et le côté droit manifestant principalement une difficulté avec un élément féminin, j'eus l'intuition de lui demander : "Comment vous entendez-vous avec votre mère ?" Arlette *sursauta* comme si je l'avais piquée... Son visage changea d'expression, je venais de toucher un point sensible! Il est assez curieux de voir combien notre mental peut *censurer* nos difficultés. Pendant ces vingt minutes passées avec elle où j'essayais de comprendre le "pourquoi" de cette blépharite survenue inopinément un an auparavant, elle me décrivit une vie heureuse et sans histoire, sans le moindre nuage à l'horizon. Mais à l'évocation sa mère, la colère envahit son regard comme si ma question l'avait brusquement réveillée. "Je ne la supporte plus" me dit-elle, déballant tous ses griefs longtemps accumulés. Tout y passa, depuis sa plus tendre enfance, et à sa manière d'en parler je perçus la mère d'Arlette comme une personne non pas "absente" comme on aurait pu l'imaginer, mais au contraire attentive, presque trop, comme ces personnes qui, croyant bien faire, nous étouffent parfois sous leur amour possessif. Et dans cet amour-là le compagnon d'Arlette n'avait guère de place, ce qui n'arrangeait pas les choses. "Il y a un an elle m'a fait un coup pendable" me dit-elle, avant de m'en exposer le détail...

    "Il y a un an ?" repris-je, me souvenant que sa blépharite était précisément apparue dans ce délai.
    Elle ne sembla pas faire le lien chronologique et poursuivit sa colère en m'expliquant ce qui s'était produit, pour finir par une phrase étonnante, si étonnante qu'elle la prononça sans même *entendre* ce qu'elle disait : "*Je ne peux plus la voir, elle me sort par les yeux!*" Je regardai un bref instant sa paupière gonflée, et repris mot à mot ce qu'elle venait de prononcer, puis je me tus. Il y eut un moment de silence, puis son regard s'anima d'une étrange façon, comme s'il était pris par le vertige d'un kaléidoscope en plein mouvement.

    Elle venait de comprendre...

    Ce qui se dit dans le corps est l'exact reflet de ce que nous ressentons. Arlette se mit à pleurer comme lorsqu'on se libère d'un ancien poids, trois jours après son l'oeil fut guéri, sans autre traitement.

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