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L'agoraphobie 1 témoignage

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  • L'agoraphobie 1 témoignage



    voici un témoignage trouvé sur le net, j'ai pensé qu'il pouvait peut être touché ou aidé certaines d'entre vous!
    en espérant qu'il puisse vous aider un peu !
    bonne soirée!


    Mon enfer a débuté en 1981. À l'époque, j'étais une jeune maman de deux petites filles âgées de cinq et trois ans et demi. À tous les jours nous sortions faire une petite promenade. Nous sommes au début juin, mon mari est parti pour un travail à l'étranger, qui devrait durer deux mois. À chaque semaine, le jeudi, une amie avait la gentillesse de m'emmener en voiture pour aller chercher le chèque de paie de mon mari. Revenue à la maison, je prenais mes deux filles avec moi et allions au petit centre d'achats, afin de déposer le chèque à la banque. Je faisais toutes mes transactions au comptoir car à cette époque, si je me souviens bien, les guichets automatiques étaient très rares. Il y avait une longue file d'attente à la banque. Quand ce fut mon tour, arrivée au comptoir, j'ai commencé à me sentir mal. Je pensais que j'allais perdre conscience. J'avais des papillons dans l'estomac, je sentais comme une pression monter dans ma tête, je commençais à voir des étoiles. J'ai fait mon dépôt à la hâte et suis sortie dehors avec les petites.

    Pourquoi je me suis sentie aussi mal ? Je ne le sais pas vraiment. J'ai mis cela sur le compte de la fatigue et le stress de l'absence de mon mari. La semaine suivante, le même manège recommençait. Il n'y avait pas de quoi s'inquiéter, j'ai remis au lendemain le dépôt de la banque et suis sortie de la file d'attente. J'ai fais quelques petites emplettes et suis retournée à la maison. Le lendemain, je me lève en pleine forme et de bonne humeur. Je retourne à la banque, mais là c'est le cauchemar ! Il fallait coûte que coûte que je dépose ce fameux chèque. J'avais pourtant choisi une période moins achalandée à la banque. J'ai réussi de justesse sans m'évanouir à faire mes transactions et là je commence à me poser des questions. Suis-je entrain de devenir folle ? Les semaines qui ont suivi, c'est ma soeur qui allait à la banque pour moi. J'avais peur d'y retourner, peur que ce malaise inconnu revienne.

    Ensuite ce fut le tour des magasins, je ne pouvais plus y aller, ce malaise revenait à chaque fois. C'est mon mari et ma famille qui faisaient toutes les courses pour moi. Je prétextais des choses à faire pour ne pas y aller. Quelques semaines plus tard, j'ai eu une douleur fulgurante, cela ressemblait à une crise cardiaque. Une ambulance me transporta à l'hôpital. Toute une batterie de tests a été passée. Je n'avais rien ! Après plusieurs visites chez le médecin, il conclut que c'est peut-être de l'angoisse. Il me bourre de pilules. La peur m'envahit, de quoi je souffre au juste? Personne ne peut répondre à ma question.

    Quelques mois s'écoulent, toujours incapable d'aller dans les endroits publics. Petit à petit, incapable non plus d'aller chez des amis. Je prétexte encore des choses à faire ou une mauvaise grippe, toutes les excuses sont bonnes.

    Ensuite c'est au tour de ma famille. Incapable de sortir de chez-moi. Incapable d'aller chercher le bulletin scolaire de mes enfants, incapable d'assister à leurs spectacles à l'école. J'étais malheureuse comme les pierres. Ni mon médecin, ni mon mari, ni moi ne savions de quoi je souffrais.

    Durant ma troisième grossesse, je cesse tous les médicaments. Je ne voulais pas que mon bébé soit intoxiqué. Je ne sais pas pourquoi, mais durant cette période, je me risquais à sortir. Si j'avais un malaise, ce serait mis sur le compte de la grossesse. Comme cela, j'aurais l'air moins fou si je perdais conscience. Après l'accouchement, cette maudite maladie me reprend d'assaut et de plus belle ! Petit à petit, tout ce qui était étranger à mon petit monde, c'est-à-dire, mon mari, mes enfants, mon logement, devenait une grosse bête noire que je ne pouvais plus affronter.

    Des années s'écoulèrent comme ça, ce fut un calvaire que je fis vivre à ma famille. Après 5 années, restée enfermée, je ne pouvais même plus sortir sur le balcon y mettre les déchets. Quand mes enfants jouaient dehors, dans la cour, je pouvais à peine sortir la tête par la porte-fenêtre pour les surveiller. Si je m'éloignais de mon petit monde, j'avais des étourdissements, des sueurs froides, des palpitations, j'étais angoissée anormalement.

    Un beau matin en lisant mon journal, je tombe sur un petit article qui annonce la sortie d'un nouveau livre, intitulé je crois, Vaincre ses peurs. Je m'empresse de le faire acheter, l'espoir me reprend. En lisant ce livre, j'ai utilisé un marqueur pour surligner tout ce qui se rapportait à moi, les symptômes, les situations difficiles, etc. En fin de compte j'ai dû laisser tomber le marqueur, mes pages du livre étaient en majeure partie coloriées en jaune !

    Enfin, il y avait un nom à cette maladie ; l'agoraphobie ! Ce petit trésor de livre avait été écrit je crois, par le Dr Marchand, psychiatre de l'hôpital Louis-H. Lafontaine. Un hôpital psychiatrique !!! Qu'est-ce que je fais? Je sais que j'ai quelque chose qui ne va pas, mais je ne suis pas folle !

    Je dois vous dire que pendant toutes ces années, je suis passée par toute une gamme d'émotions. Le découragement, la déprime, la rage, la colère et jai même pensé au suicide. L'estime de moi-même, il n'y en avait plus. Je me sentais inutile, mauvaise mère, mauvaise épouse, mauvaise personne. Alors peu importe ce que me dira la personne au bout du fil, je téléphone au numéro donné en cas de besoin, dans le livre, je n'ai plus rien à perdre.

    Y a t'il de la lumière au bout du tunnel ? Oui il y en avait ! Seulement, il y avait environ 3 mois d'attente pour obtenir un rendez-vous. Alors qu'est-ce que c'est 3 mois à comparer à cinq années de vie misérable. Je vis maintenant d'espoir, mon mari aussi. Mais le mal s'intensifie encore. Je ne peux même plus répondre au téléphone. J'ai de la misère à quitter ma chaise ou mon lit. Ma petite fille pleurait à chaudes larmes parce que je ne pouvais pas assister au spectacle, qu'elle et les copines de sa classe avaient monté. Là, j'ai eu comme une poussée d'adrénaline. J'ai attendu d'être seule, j'ai pris le téléphone et composai le numéro de l'hôpital. J'ai dit à la personne qui m'a répondue, que j'avais une bouteille de pilules dans les mains et que j'allais les prendre. Je ne pouvais plus attendre pour rencontrer un spécialiste. Un médecin a évalué mon état au téléphone et j'obtins un rendez-vous pour le lendemain.

    J'ai eu tout un questionnaire à remplir, une évaluation de deux spécialistes. Je fus présentée à mon thérapeute, un homme, d'une bonté extraordinaire, qui me regardait enfin comme si j'étais une personne normale qui avait besoin d'aide et non comme débarquant d'une autre planète. Je peux enfin commencer ma thérapie deux jours plus tard.

    Ma thérapie a été très difficile mais j'ai suivi les consignes et travaillé d'arrache-pied pour m'en sortir. Je ne voulais pas savoir pourquoi j'avais cette maladie, je voulais juste que l'on me sorte de là. J'étais tellement déterminée à m'en sortir qu'après 3 mois, je commence à revivre. Si je peux me permettre cette expression, j'étais fonctionnelle à 90 %. Le 10% qui restait, devenait pour moi une toute petite épreuve à surmonter.

    Il y a de l'espoir et beaucoup d'aide aujourd'hui pour cette maladie très répandue. N'hésitez pas à consulter, ne restez pas enfermé dans votre petite bulle, ouvrez-vous vers le monde, vers lunivers entier. Je sais qu'en lisant mon histoire, des personnes vont se reconnaître. Par la honte et la peur, elles cachent leur état. Je suis la preuve vivante que l'on s'en sort de cette maladie.

    Je dois vous faire un aveu. Au début de mon histoire je vous racontais que ce malaise avait commencé à la banque. Eh! bien, c'est le seul endroit où j'ai mis des années à y retourner. J'avais une peur inconsciente que cette fichue maladie me reprenne tout d'un coup. Eh! bien, je l'ai vaincue, la banque, et ce il y a environ 8 ans de cela.

    Aujourd'hui mes enfants sont grands, je travaille à temps plein, je suis gérante dun commerce. Je suis constamment avec le public et j'adore ça ! Il m'arrive parfois d'avoir une petite, mais toute petite rechute. Maintenant je connais les règles à suivre en cas de panique, et ça disparaît aussi vite que c'est apparu.

    Je ne m'en serais jamais sortie toute seule, sans aide. Je remercie du plus profond de mon coeur, mon époux qui a été ma béquille pendant ces années noires. Je demande pardon à mes enfants pour tous les spectacles manqués, les promenades au parc que je ne pouvais plus faire avec eux. J'espère qu'en lisant ceci, ils comprendront mieux ce que maman avait et qu'elle les aime de tout son coeur. Ils auront aussi des réponses à leurs questions jamais formulées, mais que je lisais dans leurs yeux.


  • Merci beaucoup



    pour votre témoignage. Je me suis reconnue et j'ai vécu la même chose. Je suis moi aussi guérie avec un parcours identique.
    C'est important de lire ce genre de messages pour redonner de l'espoir à tous ceux qui souffrent de ce mal "bizarre"....

    Commentaire


    • Merci beaucoup
      Sylvie0305.



      J'ai été très émue de lire ce témoignage.
      Nous sommes si nombreuses à supporter ce mal, cette douleur que peu de personnes comprennent.
      Pour moi, ça fait 6 ans. J'en suis arrivée à un stade où je n'en peux plus.
      J'ai lu des livres, des témoignages, qui me prouvent que je ne suis pas si isolée que ça.
      Pourtant, contrairement à vous 2, je suis encore en plein dedans.
      Pourriez-vous en dire plus sur votre parcours, juste comme vous dites si bien pour "redonner espoir" à ceux qui ne croient plus en la guérison.

      Merci d'avance pour votre réponse.

      Commentaire

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