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Faire un bébé après 40 ans : témoignages : Les conseils du gynécologue

Publié par : Clémentine Fitaire (09. mai 2015)

Les conseils Dr Jean-Michel Allouch, gynécologue-obstétricien.

De plus en plus de femmes souhaitant faire un bébé après 40 ans viennent vous consulter : que leur dites-vous par rapport à leur grossesse tardive ?

Je joue toujours franc-jeu. Impossible pour moi de leur laisser croire que cela va être facile. J’explique que cela risque de prendre du temps, qu’une fois enceintes, elles ont toutes les chances d’être assez fatiguées. Je ne cache pas les risques, ni pour elles (+ 40 % de fausses couches après 40 ans, hypertension, diabète...), ni pour le fœtus (anomalie chromosomique, malformations, retard de croissance...).
Mais que l’on ne se méprenne pas, mon but n’est pas de les décourager, ni de les inciter à laisser de côté leur rêve d’enfant parce qu’elles ont passé la quarantaine.

Quand leur bilan de fertilité indique qu'il n'y a plus de temps à perdre, de quels moyens disposez-vous pour stimuler leur fécondité ?

Le premier consiste à leur faire prendre un traitement hormonal pour doper le nombre de follicules sur les ovaires et obtenir l’ovulation. Une méthode “coup de pouce” qui peut s’accompagner de l’insémination du sperme du conjoint.
Ensuite, on peut aussi procéder à une insémination artificielle, en déposant le sperme d’un donneur dans l’utérus de la femme. Mais là encore, patience, car au-delà de 40 ans, les chances de réussite sont de l’ordre de 5 %.
On peut aussi envisager la fécondation in vitro. A 40 ans, le taux de réussite est d’environ 10 %. Et si l’on sait qu’il augmente lorsqu’on répète les tentatives plusieurs fois, il faut savoir que la Sécurité Sociale ne rembourse que 4 tentatives.
Enfin, la patiente peut encore recourir à un don d’ovocytes, mais en France, elle devra s’armer de patience...

Pourquoi est-il difficile d'avoir recours au don d'ovocytes en France ? Trouvez-vous normal que certaines de vos patientes doivent faire un détour par d'autres pays d'Europe pour bénéficier de cette technique ?

Je suis pour le don de sperme tout comme je suis pour le don d’ovocytes : il est normal que sur ce plan, la parité soit respectée. Or, si le don de sperme est relativement aisé en France, ce n’est pas le cas du don d’ovocytes qui impose un certain nombre de conditions.
Du coup, si entre 200 et 300 femmes donnent leurs ovocytes chaque année, cela ne suffit pas à contenter les 2 000 couples qui en ont besoin.

Quel message souhaitez-vous faire passer aux femmes en âge de procréer ?

Si la médecine est performante de nos jours, elle ne peut pas tout. Si notre société a changé ces 20 dernières années, ce n’est pas le cas du corps des femmes qui est resté le même. Or, même si la génétique progresse, à ce jour, elle ne peut rien pour régénérer un tissu épuisé, usé... Alors si vous voulez un premier bébé, Mesdames, dépêchez-vous : il est urgent de ne pas attendre !

Dr Jean-Michel Allouch

Dr Jean-Michel Allouch


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