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Après une IVG : le témoignage touchant d'une jeune maman

Publié par : rédaction Onmeda (18. janvier 2017)

© Shutterstock

Quelle que soit la période de notre vie, l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) concerne toutes les femmes. Bien que les méthodes d’avortement aient évoluées, l’IVG garde des conséquences physiques et psychologiques. Cassandra, a fait une IVG et est désormais maman. Elle nous livre son témoignage.

Comme plus de 200 000 femmes chaque année en France*, Cassandra a avorté. C’était en 2009, elle avait 19 ans. Etudiante vivant chez ses parents, elle ne pouvait pas assumer cet enfant, qu’elle aurait néanmoins gardé si son ami l’avait soutenue. Enceinte de huit semaines, elle n’avait pas le choix : ce serait une IVG instrumentale.

Après un rendez-vous chez un gynécologue, un entretien psychologique et une consultation avec l’anesthésiste, la date de l’opération est fixée.

“Comme je n’avais rien dit à ma famille, j’ai dû jouer la comédie. J’ai préparé mon sac alors que je redoutais ce jour. Je suis arrivée à la clinique à 7h du matin, à jeun, accompagnée de ma meilleure amie et de mon ex, qui était venu s’assurer que je ne ferais pas demi-tour. Je l’avoue : jusqu’au moment où l’anesthésie a fait effet, j’hésitais encore."

Après l'IVG instrumentale : des suites physiques légères

Quand je me suis réveillée, j’étais nauséeuse à cause de l’anesthésie générale. Mon premier réflexe a été de toucher mon ventre qui était vide dorénavant. Puis mon sexe, pour découvrir que l’on m’avait enfilé une sorte de culotte en filet dotée d’une grosse serviette hygiénique. On m’a ramenée dans la chambre que j’allais occuper pendant quelques heures. J’étais épuisée.

L’infirmière m’a apporté plusieurs serviettes hygiéniques très épaisses destinées à absorber le sang que je perdais. Elle m’a expliqué que ces saignements étaient normaux et qu’ils ne dureraient pas longtemps.

Elle m’a également donné un antidouleur car j’avais mal au ventre, ce qui est normal après une IVG instrumentale : l’utérus se contracte et donne lieu à quelques spasmes. Au final, à l’exception de la marque de la perfusion, des saignements et d’une grosse fatigue : j’étais physiquement la même qu’avant. Je suis sortie de la clinique le soir de l’opération.

Après une IVG : les conséquences psychologiques

Si physiquement tout s’est bien passé, psychologiquement ça a été plus difficile. Mon ex m’a quitté le jour de l’avortement : l’enfant et son père étaient tous les deux partis. J’étais triste, mais je ne devais rien laisser transparaître car peu de personnes savaient pour mon avortement. Je gardais tout pour moi alors que j’avais envie de pleurer.

Je me répétais sans cesse que je n’aurais pas pu assumer cet enfant, que ce n’était “rien d’important” et que je devais reprendre le cours de ma vie comme si de rien n’était. Au fond, je souffrais, je culpabilisais, je ruminais sans cesse mais je retenais mes larmes, de peur que je ne puisse plus les arrêter.

Heureusement, certaines personnes m’ont soutenue dans cette épreuve, m’ont rassurée, m’ont écoutée et m’ont confrontée à mon chagrin. Pleurer m’a fait du bien et m’a permis de faire le deuil de cet enfant. Un mois après mon avortement, j’ai revu mon gynécologue pour faire un check-up. Tout allait bien et il m’a prescris une pilule contraceptive. Je l’ai prise durant des années.

Avortement : un traumatisme qui peut ressurgir lors d’une nouvelle grossesse

Avec le temps, je pensais de moins en moins à mon avortement. J’ai repris ma vie comme “avant” ou presque. Progressivement, les moments où je ne pensais plus à mon avortement ont pris le pas sur ceux où je ruminais le passé. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que je n’y pense finalement presque plus. Suite à des problèmes de santé, j’ai dû prendre des médicaments pour ma thyroïde. Tout allait bien...jusqu’à ce que je retombe enceinte. Mon endocrinologue ne m’avait pas dit que les médicaments thyroïdiens que je prenais annulaient les effets de la contraception orale.

Savoir que j’étais enceinte a fait remonter en moi des sentiments que je pensais disparus : je repensais à mon premier enfant, celui que je n’avais pas gardé. J’imaginais comment ma vie aurait été si je l’avais gardé. Je faisais des cauchemars où je revivais mon avortement.

Malgré toutes ces pensées qui m’ont assaillie, je savais que cette grossesse serait différente de la précédente : il était impossible pour moi d’imaginer refaire une IVG. Avorter n’est pas un acte anodin. Cela vous marque à jamais. J’avais peur de ne jamais devenir mère. J’avais peur de souffrir à nouveau. Je craignais de revivre ce que j’avais vécu. J’ai donc décidé de garder cet enfant. Heureusement mon ami, qui est désormais mon mari, m’a soutenue et nous nous sommes mariés lors de mon quatrième mois de grossesse. En juillet 2015, ma fille est née et m’a fait oublier mon avortement et le fait qu’elle soit le fruit d’un “accident”.

Parler et accepter : pour se remettre psychologiquement d’une IVG


Si je pouvais me donner des conseils, je me dirais d’arrêter de me flageller. Cela ne sert à rien de se torturer. Je me dirais également d’arrêter de faire semblant.

C’est normal d’aller mal et d’être triste après un avortement. Plus tôt on l’accepte, plus tôt on passe à autre chose.

Un avortement ne sonne pas le glas de la maternité. Devenir mère m’a complètement fait oublier mon avortement. L’essentiel aujourd’hui, c’est l’enfant qui est à côté de moi, pas celui que je n’ai pas gardé.

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À lire aussi :

L'IVG
L'avortement par aspiration

L'avortement médicamenteux

Auteur : Dounia Malki
Recueil du témoignage
 : janvier 2017

*Ined https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/chiffres/france/avortements-contraception/avortements/


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