publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

L'avortement médicamenteux : les conseils du gynéco

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (24. février 2016)

Interview du Pr Philippe Descamps*, gynécologue-obstétricien, Chef du Pôle femme-mère-enfant au CHU d'Angers. Il donne des conseils sur l'IVG médicamenteuse...

Le délai de réflexion avant d'effectuer une IVG a été supprimé, c'est une bonne chose ?

Oui, bien sûr ! Les femmes que l'on accueille aujourd'hui sont pour la plupart déterminées et certaines de leur choix. Ce délai de réflexion obligatoire avait l'inconvénient d'engendrer ou d'alimenter une culpabilité chez la femme pour qui déjà un avortement est déjà assez pénible. Autre avantage : supprimer ce moment de réflexion permet - quand la date de grossesse est déjà bien avancée -  de gagner du temps vis-à-vis du délai légal de l'IVG. 
Bien sûr, même si ce délai de réflexion obligatoire est officiellement supprimé, si pendant la consultation, le médecin perçoit qu'il existe des doutes ou des questionnements chez la femme, le médecin peut en parler avec elle, et peut proposer un délai de réflexion si cela semble nécessaire. Mieux vaut que cela se fasse au cas par cas, sans forcer cette situation par une disposition législative.

Après un avortement médicamenteux, pourquoi une consultation de contrôle est si importante ?

Elle est primordiale ! 10 à 15 jours après la prise du deuxième médicament, il faut s'assurer que l'embryon a bien été expulsé, en réalisant une analyse de sang et/ou une échographie. Car l'IVG médicamenteuse n'est pas efficace à 100%. Si l'embryon est toujours en place, il faut programmer une IVG chirurgicale, par aspiration.

L'autre moment clé de cette consultation est de mettre en place une contraception efficace. Heureusement, pour la plupart des femmes, il est rare qu'elles connaissent plus d'une IVG dans leur vie, mais il est justement important de donner aux femmes les bonnes informations et les moyens pour éviter un deuxième avortement. Il faut savoir que 3 IVG sur 4 concernent des femmes ayant une contraception... Cela signifie que dans la majorité des cas, un avortement fait suite à un problème lié à la contraception. Aussi, est-il important de trouver avec la femme, la solution contraceptive (et il en existe beaucoup) la mieux adaptée, celle qui évitera une autre grossesse non désirée. Cet enjeu est d'autant plus important qu'une interruption volontaire de grossesse peut être à l'origine de complications (infections des trompes, synéchies...) qui peuvent compromettre la fertilité ultérieure... et donc la possibilité d'une grossesse désirée.

Pourquoi l'IVG médicamenteuse n'est possible que jusqu'à 9 semaines d'aménorrhée (SA) ?

En raison de la taille de l’œuf, l’IVG médicamenteuse n’est autorisée que 49 jours après la date des dernières règles. Au-delà un avortement par aspiration s’impose.

Docteur, j'ai encore une question, Pr Descamps

Pr Philippe Descamps, gynécologue-obstétricien, Chef du Pôle femme-mère-enfant au CHU d'Angers et auteur du livre "Docteur, j'ai encore une question"

A lire aussi nos dossiers :

> Testez vos connaissances : l'IVG en 8 questions...
> Démarches, papiers ... : l'IVG côté administratif
> IVG, sexualité et contraception : adresses utiles

Vous avez envie de partager votre expérience, de demander des conseils... ou d'échanger tout simplement sur le sujet ? Rendez-vous dans notre FORUM !

Auteur : Dr Nicolas Evrard.
Consultants experts : Pr Philippe Descamps*, gynécologue-obstétricien, Chef du Pôle femme-mère-enfant au CHU d'Angers. Et le Dr Vanessa Belloeil, responsable médical du centre d'orthogénie.
*Auteur du livre : Docteur, j'ai encore une question..., Edition Larousse.


publicité