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L’avortement par aspiration : le témoignage de Jeanne

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (02. mars 2016)

Témoignage de Jeanne, 32 ans, chez qui on a pratiqué une IVG chirurgicale.

Pourquoi avez-vous pris la décision d'une IVG ?

Parce que nous avons déjà 3 enfants et que nous ne pouvions vraiment pas en avoir un 4ème. D’une part, nos enfants sont déjà grands et autonomes, et d’autre part, nous avons tous les deux des métiers très prenants.
C’était une décision très difficile à prendre et nous avons réfléchi longtemps. Trop longtemps. A la fin c’est la date limite qui nous a aidés à prendre définitivement notre décision.

Comment s'est déroulé l'avant-IVG ?

J’ai appelé mon gynécologue, je lui ai dit pourquoi je voulais le voir, car d’ordinaire il se passe des mois avant d’obtenir un rendez-vous. Il m’a prise en urgence. Il m’a expliqué exactement comment allait se dérouler l’avortement. Au début, j’étais un peu déboussolée car j’ai eu une échographie qui laissait voir un petit cœur qui battait, et j’ai eu un moment de doute. Celui-ci s’est vite dissipé dès que je me suis souvenue des raisons pour lesquelles j'effectuais cette IVG. Et puis mon médecin ne s’est pas attardé sur cela.

C’était un lundi, j’avais à nouveau rendez-vous le vendredi. Entre temps j’ai eu le temps de relire dix fois le protocole concernant l’IVG. Nous en avons discuté avec mon mari. Il ne voulait prendre aucune responsabilité, et je l’ai trouvé un peu lâche, mais finalement j’ai compris que lui aussi pouvait souffrir de cet avortement, même si ce n’est pas lui qui le vit physiquement.

Et l'avortement par aspiration ?

L’opération n’est pas ce qui m’a le plus marquée. Nous nous sommes rendus à la clinique avec mon mari, le matin. J'ai signé un papier qui disait que j’étais informée des risques, que je savais qu’en cas d’échec, la grossesse serait menée à terme et que j’avais compris, et que j’acceptais d’avoir une IVG.
On m’avait donné des comprimés qui m’ont « shootée ». Je ne me souviens plus très bien dans quel ordre les choses se sont passées, mais vers 16h00, j’étais chez moi.

Qu'avez-vous ressenti physiquement et psychiquement ?

J’avais mal au ventre, mais surtout mal au cœur. Peut-être les effets de l’anesthésie et des calmants ? J’ai été arrêtée pendant 3 jours et franchement ce n’est pas un luxe. J’avais mal au ventre comme pour des règles et j’ai eu des saignements pendant une bonne semaine. J’étais un peu sonnée... Même si ma décision était prise avant même d’avoir le résultat du test de grossesse, j'éprouvais des sortes de réminiscences d’une mauvaise conscience collective liée à ce que nos mères et nos grand-mères ont vécu. Je ne sais pas,.. En tout cas, j’ai accepté volontiers une consultation avec une psy, et cela m’a fait beaucoup de bien.

Et après ?

Après... eh bien rien. La vie continue et nous ne regrettons pas une seconde cette décision. Récemment, nous avons un peu levé le pied professionnellement, et nous allons nous mettre à notre compte. Mon mari m’a parlé d’un petit 4ème.
J’avoue ne pas avoir fermé la porte, car ce bébé serait attendu, alors que nous n’étions pas prêts jusque-là. Je ne suis pas sentimentale, je n’ai pas de regrets et pour tout vous dire, je ne sais même pas quel âge il aurait si je l’avais gardé...

>> Si vous voulez réagir ou apporter votre témoignage, rendez-vous sur notre FORUM.

 

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Auteurs : Sylvie Charbonnier et Dr Nicolas Evrard.
Consultant expert : docteur Sophie Eyraud, médecin généraliste.


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