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Le pancréas : le pancréas artificiel

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (17. mars 2016)

On travaille depuis de très nombreuses années sur le pancréas artificiel. En fait, c'est surtout l'absence de sécrétion d'insuline quand le pancréas est malade (en cas de diabète de type 1 ou dans les stades avancés de diabète de type 2) que l'utilisation d'un pancréas artificiel s'avère particulièrement indiquée. Le but est de remplacer le pancréas défaillant par un organe artificiel, ou une technologie artificielle capable de libérer de l'insuline dans l'organisme.

Une des solutions est la greffe de pancréas qui n'est envisageable que pour les adultes. Mais cette opération est complexe et nécessite ensuite pour le patient la prise d'un traitement immunosupresseur à vie (contre le rejet de greffe), qui n'est pas sans inconvénient.

D'autres solutions de pancréas artificiel ont été testées, comme la greffe d'îlots de Langherans sécrétant l'insuline et qui sont les unités fonctionnelles du pancréas. Le problème est que cette technique est décevante au long cours, et le diabète réapparaît au bout de quelques années. Par ailleurs cette solution est très chère.
Des chercheurs proposent aussi de placer sous la peau des cellules bêta, sécrétrices d'insuline, sans que cela soit nécessaire de donner au patient un médicament immunosuppresseur. Des travaux sont actuellement en cours pour mieux évaluer et faire progresser cette technique...

Mais la solution de pancréas artificiel qui semble la plus prometteuse à moyen terme est celle qui utilise les nouvelles technologies, à savoir :
1 - Un capteur de glycémie qui est un patch collé à la peau, muni d'une minuscule aiguille insérée sous la peau, permettant d'analyser très régulièrement le taux de glucose dans l'organisme.

2 - Une pompe à insuline qui permet de délivrer de l'insuline dans l'organisme en continu (basal), mais aussi de délivrer des quantités plus importantes d'insuline à certains moments de la journée (juste avant un repas, par exemple). A noter qu'aujourd'hui en France, près de 20% des diabétiques de type 1 sont équipés d'une pompe à insuline, c'est-à-dire environ 45 000 personnes.

3 - Entre le capteur qui analyse le taux de sucre dans le sang et la pompe qui délivre l'insuline, existe un appareil qui fait le lien entre les 2. C'est à partir d'algorithmes établis par des ingénieurs spécialisés que ce système est capable de fonctionner en "boucle fermé". Dans les pancréas artificiels actuellement en développement, ce relais qui contient les algorithmes est souvent logé dans un smartphone. Il pourrait être aussi logé dans la pompe à insuline.

Ce pancréas artificiel fonctionne presque de manière autonome. Presque : car dans des situations bien précises, le patient intervient pour informer qu'il va manger (et que son taux de sucre et donc ses besoins en insuline vont augmenter), ou au contraire qu'il va faire une activité physique (et que son taux de sucre devrait baisser et que ses besoins en insuline seront moindres). D'ici quelques années, on pense qu'il serait même possible d'avoir des détecteurs capables d'analyser le fait que le patient va manger, ou qu'il va pratiquer un sport...

Plusieurs sociétés travaillent actuellement sur ce pancréas artificiel en utilisant ces progrès technologiques, comme Medtronic. L'un d'entre eux est entièrement français : le Diabeloop. Actuellement, ce dispositif est testé chez un petit nombre de patients, durant de courtes périodes. Les résultats sont très intéressants, permettant en particulier d'éviter ou d'amoindrir de façon importante des écarts importants de glycémie. Or on sait que les hyperglycémies, comme les hypoglycémies sont sources de problèmes divers chez les patients. D'après les premiers essais réalisés chez des malades souffrant d'un diabète de type 1, le pancréas artificiel gérant la libération d'insuline dans l'organisme de façon quasi autonome, apporte des résultats très intéressants, en particulier, contre les hypoglycémies nocturnes.

On pense que les premiers pancréas artificiels devraient être disponibles pour les patients dès 2017 ou 2018.



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