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Pollution : notre santé est (réellement) en danger

Publié par : rédaction Onmeda (26. janvier 2017)

© Shutterstock

Ces dernières semaines, de nombreux pics de pollution (notamment à Paris et Lyon) ont contraint les automobilistes à changer leurs habitudes et à laisser à de nombreuses reprises leur voiture au garage. Qu’en est-il ? Quel est le risque exactement pour notre santé ? Comment s’en protéger ?

La pollution atmosphérique tue et coûte cher

La pollution atmosphérique se définit par la concentration dans l’air de gaz et particules polluantes, dont font partie notamment le dioxyde d’azote (NO2), l’ozone (O3), les particules en suspension PM10 ainsi que les particules fines (PM 2.5) qui elles pénètrent plus profondément dans l’appareil respiratoire. C’est la mesure de l’ensemble de ces concentrations qui permet de déclencher les alertes en cas de pic de pollution, comme cela l’a été ces dernières semaines.

Une publication de l’institut Santé Publique France a révélé en juillet 2016 que la pollution atmosphérique serait à l’origine en France de 48000 décès prématurés : soit un décès sur 12. Les pics de pollution ne seraient pas tant à craindre, selon la même étude, que l’exposition chronique à une pollution atmosphérique élevée.

Le coût total sur la santé de cette pollution est estimé entre 1 et 2 milliards d’euro par an, selon une étude de 2015 d’une équipe de chercheurs de l’Inserm.

Des complications respiratoires ET cardiaques 

L’aggravation ou l’apparition de symptômes allergiques imputables à la population est avérée : conjonctivite allergique, rhinite, démangeaisons des yeux, etc. De nombreuses études ont démontré un lien entre le niveau de pollution de l’air et l’aggravation ou l’apparition de pathologies respiratoires.

Les enfants vivant dans les zones les plus polluées présentent un risque majoré de développer de l’asthme. Les personnes déjà asthmatiques présentent des crises plus fréquentes en cas d’exposition chronique. Une majoration des infections respiratoires, notamment les bronchites aiguës ou les exacerbations de BPCO (bronchite chronique obstructive), ainsi que les infections de la sphère ORL ont également été largement reportées et imputables à la pollution.

Par ailleurs, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé comme cancérogène certain la pollution atmosphérique, les particules de l’air extérieur dans leur ensemble, et les émissions d’échappement des moteurs diesel.

A court terme, la pollution de l’air augmente la mortalité chez les personnes souffrant déjà d’une pathologie cardiovasculaire. Sur le long terme, la pollution atmosphérique semble également jouer un rôle dans le développement de pathologies cardiovasculaires chez des personnes saines.

Selon une étude récente publiée dans le British Medical Journal, le risque d’infarctus de myocarde est significativement plus élevé dans les 6 heures après une exposition aiguë d’une pollution atmosphérique élevée contenant notamment des particules en suspension (PM10) et du dioxyde d’azote (NO2).

Se protéger des dangers de la pollution

Les personnes âgées de plus de 65 ans ou souffrant de pathologie cardiovasculaires, d’insuffisance cardiaque ou de d’insuffisance respiratoire, ainsi que les femmes enceintes, les nourrissons et les jeunes enfants sont les premiers touchés par la pollution atmosphérique.

Les personnes diabétiques, immunodéprimées, ou souffrant d’affections neurologiques ou à risque cardiaque, respiratoire ou infectieux, font également partie des populations sensibles au pic de pollution.

Pour l’ensemble de ces personnes, des messages sanitaires précis sont dispensés par le Ministère de la Santé en cas de pic de pollution. Il convient ainsi en cas d’alerte de :

  1. Limiter les activités physiques et sportives intenses en plein air aussi bien qu’à l’intérieur
  2. Limiter ses déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords aux périodes de pointe
  3. Consulter son médecin ou demander conseil à son pharmacien en cas de symptômes ou d’inquiétude particulière sur son état de santé
  4. Aérer son domicile plutôt tôt le matin ou tard le soir
  5. Eviter de fumer, et éviter à son entourage le tabagisme passif, également pourvoyeur de complications respiratoires importantes

Quelles solutions envisager à long terme ?

La pollution atmosphérique en France s’est améliorée depuis une vingtaine d’années, y compris dans les zones urbaines les plus à risques.

Néanmoins, les seuils d’alerte concernant certains polluants - permettant d’évaluer la qualité de l’air - sont toujours dépassés ponctuellement chaque année.

Une implication plus importante des pouvoirs publics - en mettant l’accent sur la restriction de l’utilisation des moteurs diesel, responsable de 40% des émissions de particules fines, et le développement de sources d’énergies renouvelables - ainsi qu’une prise de conscience de l’ensemble des citoyens, notamment en privilégiant l’utilisation des transports publics et des moyens de transports alternatifs comme le vélo, sont à espérer et encourager au cours des prochaines années.

En vidéo : Allergies - comment ça se passe dans notre corps ?

Une allergie se produit lorsque le corps réagit à des substances qu’il ne peut tolérer. Mais comment et pourquoi le corps réagit-il ainsi ? Explications en images…

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Auteur : Dr Romain Boutonné, médecin généraliste

1- Santé Publique France : Impacts sanitaires de la pollution de l'air en France : nouvelles données et perspectives
2- Annesi-Malesano I, Rafenberg C, Dixaut G. Inserm. Evaluation of the cost of air pollution to the French health care system. 2015 ;14(2)
3- Arrêté du 20 août 2014 relatif aux recommandations sanitaires en vue de prévenir les effets de la pollution de l'air sur la santé (JORF n°0201 du 31 août 2014 page 14584)
4- Brauer M & Al. Air Pollution from Traffic and the Development of Respiratory Infections and Asthmatic and Allergic Symptoms in Children. Am J Respir Crit Care Med. 2002(166) ;1092–8.
5- Bhaskaran K & al. The effects of hourly differences in air pollution on the risk of myocardial infarction. BMJ 2011;343:d5531
6- Commissariat général au développement durable. Service de l’observation et des statistiques « Bilan de la qualité de l’air en France en 2013 et principales tendances observées sur la période 2000-2013 » Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, october 2014.

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