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5 maladies qui peuvent provoquer des symptômes dépressifs

Publié par : Dorothee Gebele (29. août 2017)

© iStock

Le stress, une séparation, un cas de deuil… Tout ce qui pèse sur le plan psychologique peut provoquer un état dépressif ou une véritable dépression.

Mais des symptômes comme la tristesse ou un sentiment de vide intérieur peuvent également avoir des causes physiques ! Voici 5 exemples…

Une personne qui souffre d’une dépression présente des symptômes psychiques mais aussi physiques. Par exemple une perte d’appétit et une baisse de la libido vont souvent de pair avec une dépression.

En plus, de nombreuses personnes touchées par une dépression souffrent de troubles du sommeil, se sentent en permanence fatiguées et sans énergie, certains ont mal à la tête ou présentent des troubles du rythme cardiaque.

Il est aujourd’hui (re)connu que des maladies psychiques peuvent, elles aussi, se manifester par des troubles physiques. En effet, le lien entre psyché et physique ne constitue pas une relation à sens unique !

De plus en plus d’indices semblent indiquer que des maladies physiques peuvent causer des troubles psychiques ressemblant aux symptômes d’une dépression : dans ces cas, la dépression ne surviendrait pas en tant que maladie indépendante, mais comme la conséquence d’une autre pathologie. On parle alors d’un trouble dépressif organique.

La corrélation entre corps et psyché est complexe. Généralement c’est un ensemble de mécanismes qui interagit. Voici 5 cas de maladies physiques qui peuvent s’exprimer par les symptômes d’une dépression.

Les infections

Pourquoi soupçonne-t-on un lien ?

Une personne enrhumée se sent sans énergie, fatiguée et n’a qu’une envie : passer la journée au lit. D’un point de vue biologique cela paraît tout à fait plausible : en restant au lit, le patient ne risque pas de contaminer d’autres personnes et économise ses propres forces pour que son système immunitaire dispose de l’énergie nécessaire pour combattre les agents pathogènes.

L’explication ?

Pendant longtemps, on ne savait pas de quelle manière des agents pathogènes pouvaient avoir un impact sur le plan psychologique. Grâce à des études scientifiques, on a trouvé une possible explication :

Il semble que les actions de défense que notre système immunitaire met en place pour combattre des virus et des bactéries ont aussi un impact sur le métabolisme cérébral. Certaines substances messagères, les cytokines, joueraient alors un rôle primordial.

Les cytokines sont des protéines produites lors de réactions inflammatoires et infectieuses pour activer les cellules immunitaires et les recruter vers le site de l'inflammation. Les cytokines sont pour ainsi dire les coordinatrices de la communication entre les différentes cellules intervenant dans la réponse immunitaire face à une agression.

D’un côté, les cytokines sont donc très utiles, car ce sont elles qui activent les cellules immunitaires et permettent la production des substances de défense en cas d’agression.

D’un autre côté, les cytokines provoquent une diminution de la production de sérotonine : la fameuse hormone du bonheur, bien connue pour son rôle dans les phénomènes de dépression.

Chez des personnes souffrant de dépression, le métabolisme cérébral est perturbé. On parle notamment d’un déséquilibre de la sérotonine : ces hormones ne sont alors pas libérées suffisamment ou n’effectuent pas correctement leur rôle de messager entre les cellules nerveuses, ce qui provoque les symptômes d’une dépression.

On soupçonne qu’un tel déséquilibre hormonal explique également la baisse de moral en cas de rhume ou de grippe. Heureusement, ce phénomène n’est que passager en règle générale, contrairement à une véritable dépression…

La sclérose en plaques (SEP)

Pourquoi soupçonne-t-on un lien ?

La sclérose en plaques est une maladie chronique du système central nerveux, composé du cerveau et de la moelle épinière.

Pour des raisons qui n’ont pas encore été totalement élucidées, le système immunitaire de notre organisme agresse les enveloppes des cellules nerveuses, provoquant des inflammations chroniques qui endommagent les nerfs de façon irréversible. Ces dommages s’expriment par des paralysies, des troubles sensoriels et des attaques de fatigue.

Environ la moitié des patients atteints de SEP souffrent d’une dépression au cours de leur vie. Les patients de SEP sont nettement plus souvent touchés par la dépression que les personnes souffrant d’autres maladies chroniques comme par exemple le rhumatisme.

L’explication ?

Il est possible que le responsable soit, encore une fois, le système immunitaire. Chez les patients atteints de SEP, le système immunitaire se bat en permanence contre des éléments de son propre organisme, ce qui implique la libération et la circulation d’une plus grande quantité de cytokines dans le corps. Cette présence accrue de cytokines a probablement un impact défavorable sur le taux de sérotonine dans le sang, et ce de manière durable (contrairement au déséquilibre temporaire lors d’une l’infection), ce qui expliquerait donc les symptômes d’une dépression.

Par ailleurs, l’inflammation chronique provoque des dommages irréversibles dans le cerveau. Lorsque ces dommages touchent des zones cérébrales responsables de la régulation de nos émotions, cela peut perturber notre état psychologique, et, dans les pires cas, conduire à une dépression.

A voir : La sclérose en plaques expliquée en vidéo

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune du système nerveux. Cette maladie neurologique est due à une atteinte de la myéline (le "manchon" qui permet une bonne propagation du flux nerveux dans l’organisme).

Le diabète

Pourquoi soupçonne-t-on un lien ?

Les patients souffrant d’un diabète développent deux fois plus souvent une dépression que les non-diabétiques.

Environ un quart des diabétiques traverse une période dépressive ou vit une véritable dépression. A l’inverse, des études ont démontré que les personnes dépressives développent plus souvent un diabète de type 2.

L’explication ?

Certains médecins soupçonnent une explication biologique derrière le lien entre la dépression et le diabète. Il existe plusieurs théories :

D’après une théorie, un taux de glycémie élevé sur une période prolongée (ce qui est typiquement le cas chez les diabétiques avant de commencer leur traitement), perturbe la communication entre certaines zones cérébrales, impactant ainsi le contrôle des émotions. Mais à ce jour, on ne dispose pas de preuves scientifiques suffisantes pour confirmer cette théorie.

Plus probable est l’explication suivante : de nombreux diabétiques vivent leur maladie comme un fardeau, une charge lourde à porter au quotidien, puisque ils sont obligés d’organiser leur vie en fonction de la maladie. La nourriture n’est plus un plaisir, mais un casse-tête qui repose sur les tableaux nutritionnels, unités de pain et calculs de glucides. Tous les jours, il faut mesurer sa glycémie, parfois même prendre des médicaments ou faire des injections d’insuline. Il est compréhensible que tout cela pèse sur le moral, jusqu’à provoquer une dépression.

A voir : le diabète en vidéo

Quel que soit le type de diabète : Les personnes diabétiques doivent surveiller leur taux de glycémie. En fonction du type et de la gravité de la maladie, les diabètes peuvent être gérés par un régime alimentaire ou par médication.

Les maladies des la thyroïde

Pourquoi soupçonne-t-on un lien ?

Les dysfonctionnements thyroïdiens semblent avoir un impact sur notre état psychologique :

  • Les personnes souffrant d’une hyperthyroïdie se plaignent souvent de symptômes tels que : agitation, anxiété et sautes d’humeur, voire des états dépressifs.
  • Une hypothyroïdie peut également s’exprimer par des symptômes comme : un manque de motivation et d’énergie, une fatigue et un état dépressif.

L’explication ?

Tous les processus de ce mécanisme n’ont pas encore été totalement élucidés à ce jour. Mais une explication possible est que le ralentissement général du métabolisme entraîne un ralentissement de l’activité cérébrale, ce qui pourrait favoriser la survenue de pensées dépressives.

Fait est que les hormones qui sont libérées par la thyroïde ont également une influence sur le cerveau. Des examens ont montré que les hormones thyroïdiennes modifient le métabolisme du système limbique : ce groupe de structures cérébrales (comprenant entre autres l’amygdale, l’hippocampe et l’hypothalamus) est le centre des émotions et de la mémoire. Il influence donc nos émotions, nos pensées et nos comportements.

A voir : les maladies thyroïdiennes en vidéo

Les maladies thyroïdiennes sont des affections endocriniennes qui touchent la thyroïde : un mauvais fonctionnement de cette glande peut avoir des conséquences sur le poids, l' humeur, le coeur, la digestion, etc. Explications en images...

Les AVC

Pourquoi soupçonne-t-on un lien ?

Environ un tiers des patients ayant subi un AVC développent une dépression. Les médecins parlent alors d’une dépression post-AVC (DPAVC).

L’explication ?

Des causes physiques et psychiques sont envisageables.

D’une part, un AVC endommage le cerveau et peut donc impacter le fonctionnement des zones cérébrales responsables de nos émotions.

D’autre part, les patients ayant subi un AVC souffrent souvent des conséquences physiques de leur attaque cérébrale : des limitations fonctionnelles pouvant aller jusqu’au handicap. Dans ces cas, la dépression survient en réaction à l’AVC. On parle alors de dépression réactive.

Les liens cause à effet

Attention : la présence simultanée de 2 affections ne signifie pas forcément un lien de cause à effet.

En cas de dépression, il est toujours de bon conseil de consulter un médecin afin de vérifier si des troubles physiques en sont à l’origine. Mais il faut admettre qu’il est le plus souvent impossible d’affirmer à 100% qu’une dépression est la conséquence directe d’une affection physique.

La survenue d’une dépression est généralement due à un concours de multiples facteurs, rarement elle est la conséquence d’une seule cause.

Chez certaines personnes souffrant d’une dépression, une souffrance physique n’est que la petite goutte qui fait déborder le vase. Chez d’autres, la dépression ne se manifeste que par hasard en même temps ou après une maladie ou un trouble physique.

Puis, il ne faut pas non plus écarter la possibilité que les symptômes physiques et psychologiques résultent d’une autre, seule et même cause.

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Sources :

Site de l’Inserm : https://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/depression

Bauer, M., et al. : Levothyroxine effects on depressive symptoms and limbic glucose metabolism in bipolar disorder: a randomized, placebo-controlled positron emission tomography study. Mol Psychiatry Jg. 21, Nr. 2, S. 229-236 (février 2016)

Magalhaes, S. et al.: The link between multiple sclerosis and depression. Nature Reviews Neurology Jg. 10, Nr. 9, S. 507-517 (septembre 2014)

Tabák, A., et al. : Depression and type 2 diabetes: A causal association? The lancet Diabetes & endocrinology Jg. 2, Nr. 3, S. 236-245. (mars 2014)

Informations en ligne du Service d’information sur le diabète de Munich : diabetesinformationsdienst-muenchen.de (date de consultation : 7/7/2017)

Informations en ligne du dictionnaire médical Pschyrembel : www.pschyrembel.de (date de consultation : 7/7/2017)



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