publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

10 faits scientifiques à connaître sur les protéines animales (et végétales)

Publié par : rédaction Onmeda (29. novembre 2016)

© Shutterstock

Souci de notre impact écologique sur la planète, préoccupation sur la souffrance animale, ou simple préoccupation économique, les raisons de diminuer la part de la viande dans notre alimentation quotidienne sont nombreuses.

Qu’en est-il d’un point de vue médical ? Doit-on continuer à diminuer notre consommation de protéines animales, et quel en est l’intérêt pour notre santé ? Les régimes végétariens ou végétaliens sont-ils au contraire dangereux et à proscrire ? Voici 10 choses à savoir pour choisir son clan en toute lucidité !

  1. La consommation de viande dans la plupart des pays occidentaux est en diminution

    Depuis de nombreuses années, la consommation de viande dans la plupart des pays occidentaux ne cesse de régresser. Après un pic en France en 1998 de 94 kgec de viande par habitant et par an (kgec : « kilos équivalent carcasse », incluant les parties non comestibles), la chute a été constante, pour atteindre en 2014 le chiffre de 86 kgec, selon les chiffres de FranceAgriMer. Une étude effectuée en 2015 par Good Planet a tenté de révéler les raisons de ce désintérêt des français pour la viande. Pour près de la moitié d’entre eux, cela s’explique en grande partie par le coût. Par ailleurs, un tiers des personnes interrogées dans ce sondage évoque une préoccupation pour le bien-être animal.

  2. Les viandes rouges sont « cancérogènes probables pour l’homme » selon l’OMS

    En octobre 2015, coup de tonnerre : 22 scientifiques du CIRC (centre régional de recherche sur le cancer) classent les viandes rouges dans la catégorie des « cancérogènes probables pour l’homme » dans un document publié dans la prestigieuse revue médicale The Lancet Oncology. Il s’agit d’une revue détaillée de près de 800 études sur le cancer chez l’homme, afin d’en identifier les principaux facteurs de risques modifiables. En l'occurence, les experts se sont accordés sur le fait que l’association entre consommation de viande rouge et cancer colorectal peut également être expliquée autrement. 

  3. Les viandes transformées sont cancérogènes au même titre que le tabac et l’alcool

    En ce qui concerne la viande transformée (charcuteries, salaisons, fermentation, fumaison, etc.), les preuves sont plus nettes, ce qui se traduit par leur classification dans la catégorie 1 des « cancérogènes avérés avec une indication suffisante» concernant les cancers colo-rectaux, au même titre que le tabac ou l’alcool. C'est la consommation quotidienne d’une dose excessive (au delà de 50 grammes par jour) qui est pointée du doigt, et non une consommation "mesurée". Il s’agit avant tout d’une question de bon sens : consommer moins de viande, et tant que possible de meilleure qualité, est bénéfique.

  4. Une alimentation trop riche en viande augmente le risque d’obésité et de diabète de type 2

    Outre cette association entre viande rouge et transformée et cancer colo-rectal, une alimentation trop riche en protéine animale semble également être impliquée dans l’apparition de l’obésité, un sur-risque d’apparition de pathologies cardio-vasculaires, et du diabète de type 2. Un régime végétarien diminuerait ainsi selon de nombreuses études le risque de développer un diabète de type 2, et permet également un meilleur contrôle de la pathologie chez les patients déjà diabétiques.

  5. Il y a un siècle, 80% des protéines consommées étaient…végétales

    Près de 80% des protéines consommées sont actuellement d’origine animale, alors qu’elles étaient de 80% d’origine végétale il y a encore un siècle, selon un rapport de l’OMS et de la FAO (Food & Agriculture Organization) de 2002. En réalité, l’ensemble des 8 acides aminés (l’isoleucine, la leucine, la lysine, la méthionine, la phentylalanine, la thréonine, le tryptophane et la valine) nécessaires à notre organisme peut se retrouver sans aucune difficulté dans les céréales, légumineuses et oléagineux.

  6. Les aliments les plus riches en protéines seraient d’origine...végétale

    L’Association Végétarienne de France révèle par ailleurs en mars 2015 dans un dossier consacré au sujet que les 13 aliments les plus riches en protéines ne sont pas des produits carnés ou issu de l’exploitation animale. En effet, on retrouve des protéines végétales en quantité importante dans le soja, les lentilles, les pois cassés, le fenugrec, etc. Il n’existe pas de protéine végétale idéale, le soja par exemple n’apportant en grande quantité qu’un seul des acides aminés essentiels sus-cités.

  7. Une carence en acides aminés peut provoquer des problèmes de peau et d’immunité

    Une carence en acides aminés essentiels peut entraîner une altération de la trophicité de la peau, des phanères et des muqueuses, une diminution de la capacité de cicatrisation, des troubles de l’immunité. L’important est simplement de diversifier et varier autant que possible les sources de protéines.

  8. La vitamine B12 ne se retrouve que dans les aliments d’origine animale

    La vitamine B12 est la seule vitamine qui n’est pas synthétisée par le corps humain, et que l’on retrouve uniquement dans les aliments d’origine animale. Une carence en vitamine B12 peut se manifester par une anémie (baisse de l’hémoglobine) une thrombopénie (baisse des plaquettes) voire une pancytopénie (chute de l’ensemble des lignées sanguines). Cela concerne uniquement les régimes végétaliens stricts, c’est à dire excluant non seulement la viande mais également tout produit issu de l’exploitation animale, comme le lait, les oeufs ou le beurre. Dans ce cas, une supplémentation en vitamine B12 est possible. On la trouve dans de nombreux compléments vitaminiques.

  9. Le végétalisme peut entraîner une carence en calcium et être pourvoyeur d’ostéoporose

    Le végétalisme, par exclusion de tout produit laitier, peut entraîner une carence en calcium pouvant être pourvoyeur d’ostéoporose. Le calcium peut cependant être trouvé en quantité dans de nombreux produits : amande, lait de coco, chou, brocolis, navet, pois chiches, haricots rouges, ou tout simplement dans les eaux minérales. Le fer quant à lui peut se retrouver dans des portions significatives dans de nombreux produits (lentilles, farine de soja, germes de blé, etc.)

  10. On peut réduire sa consommation de viande sans devenir végétarien ! 

    Si passer le pas du végétarisme voire du véganisme peut sembler compliqué, même en ayant pris conscience de tous ces arguments, la tendance semble quoi qu’il arrive être à une consommation de plus en plus mesurée de produits carnés. Le concept de « flexitarisme » fleuri ainsi - terme en réalité confus et sans définition précise - mais cette popularité grandissante semble confirmer la mouvance.

Sources supplémentaires :

- Hébel P. Credoc. Comportements et consommations alimentaires en France. Paris, 2012.
- Bouvard V., Loomis D., Guyton Z., Grosse Y., Ghissassi F. E., Benbrahim-Tallaa L., Straif, K. International agency for research on cancer monograph working group. Carcinogenicity of consumption of red and processed meat. Lancet Oncology, 2015; 16, 1599–1600.
- Micha R, Wallace SK, Mozaffarian D. (2010) Red and processed meat consumption and risk of incident coronary herat disease, stroke, and diabetes mellitus : a systematic review and meta-analysis. Circuluation, Jun 1;121(21):2271-83
- Pan A, Sun Q, Bernstein AM, et al. (2011) Red meat consumption and risk of type 2 diabetes : 3 cohors of US adults and an updated meta-analysis. Am J Clin Nutr Oct;94(4):1088-96.
-Appleby P, Roddam A, Allen N, Key T. Comparative fracture risk in vegetarians and nonvegetarians in EPIC-Oxford. Eur J Clin Nutr 2007; 61(12):1400-6.

Auteur : Dr Romain Boutonné

À lire aussi :
Le végétarisme : ce qu'il faut savoir
La vitamine B12
Le régime végétarien


publicité