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Se remettre du cancer grâce aux thérapies alternatives

Publié par : Dr. Ada Picard (06. septembre 2017)

© iStock

Depuis Marguerite de Tournemire, la miraculée d’Avignon, jusqu’au cas médiatisé d’Anita Moorjani - guérie de son cancer malgré un pronostic catastrophique - les cas de rémissions inespérées existent. Quels en sont les tenants ? Dans son ouvrage « 9 clés de la rémission », Kelly A. Turner, chercheuse spécialisée en oncologie, a relevé des facteurs favorables à la rémission d’un cancer. Là où la médecine occidentale reste sans réponse, les thérapies alternatives pourraient être, selon elle, une sage option… Avec précaution, nous avons étudié ses propositions.

Si l’apparition du cancer est un coup de tonnerre, la survenue d’une guérison reste un mystère. Parfois l’on identifie clairement l’efficacité d’un traitement, d’autres fois aucune « raison » médicale ne justifie une rémission.

Kelly A. Turner, chercheuse en oncologie et consultante en médecine intégrative, s’est intéressé à des cas de rémissions ayant pour seul recours… les thérapies alternatives. Elle a analysé les études scientifiques, rencontré plus de 1000 cas de cancer et consigné tout cela dans son ouvrage : « les 9 clés de la rémission ».

L’auteur s’est éloigné de la médecine occidentale, pour étudier ce qui, dans les thérapies alternatives, pouvait contribuer à se remettre d’un cancer. Sur ces différents points, le Dr Dominique Gros, oncologue et sénologue à Strasbourg, nous livre son avis :

1 - Changer (radicalement) son alimentation
2 - Devenir acteur(actrice) de sa santé
3 - Suivre son intuition
4 - Prendre des suppléments alimentaires
5 - Libérer ses émotions
6 - Cultiver les émotions positives
7 - Être entouré(e) socialement
8 - S’ouvrir à la spiritualité
9 - Trouver des raisons de vivre

1 - Changer (radicalement) son alimentation

Il ne s’agit pas d’une simple substitution ou de l’adjonction d’aliments anti cancer. Selon Kelly Turner, c’est le changement radical de l’alimentation qui est susceptible de favoriser une rémission. Ce dernier inclut : la substitution progressive de la viande, des produits laitiers et aliments raffinés par des protéines végétales (quinoa, haricots pinto, etc.), l’augmentation de fruits et de légumes (au moins 1 à chaque repas) et l’usage d’une eau filtrée.

L’avis de l’oncologue :

« C’est une longue histoire que ce lien entre alimentation et santé. Il y a plus de 2000 ans, Hippocrate disait déjà : « que ton alimentation soit ton médicament. » Par les temps actuels de nourriture saine et de perfection diététique, il n’est pas étonnant que la nourriture soit incriminée dans la génèse du cancer. Néanmoins, les chiffres concernant le cancer et l’alimentation sont plus ou moins vérifiables… Je ne dirai pas, par exemple, qu’en mangeant des brocolis ou du curcuma, on va éviter ce cancer. J’invite cependant chacun(e) à définir ce qu’est une alimentation saine et équilibrée. En écoutant notre corps, notamment, apte à nous renseigner sur ce qui nous convient sur le plan alimentaire. »

2 - Devenir acteur(actrice) de sa santé

L’auteur a constaté que les personnes en rémission de leur cancer, avaient, toutes, pris leur santé en main, par exemple en ayant recours aux thérapies alternatives. Aussi, elle conseille de ne pas être passif (ve) face au cancer, de faire ses propres recherches sans se soumettre aux seules indications des médecins, et d’agir, de la manière qui nous semble la plus adaptée (pour soi !). Tout en mettant l’accent sur la nécessité d’être accompagné(e) dans ce changement, par quelqu’un qui ne nous juge pas et comprend nos choix.

L’avis de l’oncologue :

« Je suis bien incapable de pointer du doigt une caractéristique dans la manière de vivre qui favorise le cancer. S’il suffisait d’être battant pour battre le cancer, cela se saurait. Bien sûr que l’idée de prendre sa santé en main est bonne. Mais si on n’est pas là-dedans, on n’est remballé dans le clan des fatalistes. Je pense que la question à de poser est : « qu’est-ce que je fais pour prendre ma santé en main ? » et de faire des choix en toute connaissance de cause, après avoir été informé (par le médecin) de manière claire et adaptée. »

3 - Suivre son intuition

Sans pour autant renier l’Evidence Based Medecine (médecine basée sur les preuves), la chercheuse revalorise l’intuition, comme l’indicateur princeps que nous devrions suivre. Que ce soit dans le choix des thérapies alternatives (acupuncture, yoga, méditation, etc.), de son médecin, ou encore de son entourage social, Kelly A. Turner conseille de se fier à son intuition, bien en avance, parfois, sur la raison !

L’avis de l’oncologue :

« Pourquoi pas. Mais là aussi, la question à se poser est « quelles sont mes intuitions ?» et « d’où me viennent ces intuitions ? ». Beaucoup d’intuitions sont des constructions inconscientes favorisées par les « modes ». Aussi, je tenterai de décortiquer ces intuitions afin de retrouver la clarté de ses cheminements. Il me semble important de revenir à sa logique personnelle ! Par ailleurs, je ne crois pas que notre connaissance de ce qui est bon pour nous soit aussi instinctive que chez les animaux. L’intuition devrait donc se nourrir du savoir objectif, et réciproquement. »

4 - Prendre des suppléments alimentaires

Notre alimentation ne suffirait pas à intensifier notre système immunitaire, détoxifier notre organisme et à favoriser notre digestion. En revanche, les compléments alimentaires riches en vitamines, huile de poisson et oligo-élements pourraient, selon Kelly A. Turner, favoriser la rémission.

Idem pour les probiotiques, prébiotiques et enzymes digestives qui favorisent la digestion. Quant à la détox, ce sont les plantes médicinales anti-infectieuses (prêle, ortie, ail, etc.) et dépuratives (chardon-marie, racine de pissenlit et racines de réglisse) qui seraient indiquées.

L’avis de l’oncologue :

« Les compléments alimentaires, pourquoi pas… Mais en tant que médecin, je ne dirai pas que cela protège de la maladie. Et pour cause, il n’y a pas de preuves en ce sens. Je ne découragerai pas cependant pas les personnes de le faire, car cela peut faire du bien. Je dirai seulement ne pas en consommer en excès. »

5 - Libérer ses émotions

Ce point serait essentiel dans les cas de rémissions de cancer observés par la chercheuse. Selon elle, il s’agit de libérer ses émotions bloquées en suivant une psychothérapie cognitivo-comportementale, ou encore en ayant recours aux thérapies alternatives, telles que l’hypnose, l’EMDR, la kinésiologie, l’ostéopathie, etc.

Également préconisé : la mise en récit de son vécu émotionnel sur le papier pour mettre du sens et se libérer de traumas émotionnels.

L’avis de l’oncologue :

« Il est certain que le soutien psychologique apporte des bénéfices dans l’acceptation de la maladie, la tolérance des traitements et la libération de certaines angoisses. Ce bénéfice me paraît même fondamental. Mais je ne dirai pas qu’un trauma psychique bloqué peut provoquer le cancer… Tout individu souffrant de cancer vit des passages émotionnels difficiles, et je ne crois pas que cela favorise la maladie. »

6 - Cultiver les émotions positives

Provoquer les émotions positives serait possible et même bénéfique, selon les observations de l’auteur. Et ce ne serait, au départ, qu’une question de discipline. Les manières de rééduquer son cerveau au bonheur sont nombreuses : s’entraîner à sourire (voire à rire !) tous les jours, cultiver la gratitude, se divertir, s’amuser entre amis (dans un karaoké par ex.), faire de la clown-thérapie ou du yoga du rire, chanter, danser…

L’avis de l’oncologue :

« Bien sûr qu’il est bénéfique de prendre du bon temps et de favoriser les humeurs positives ! C’est une excellente chose, quoiqu’aucun lien entre émotions positives et rémission de la maladie n’ait été à ce jour prouvé. »

7 - Être entouré(e) socialement

Ce besoin naturel a malheureusement tendance à être nié ou oublié. Les exemples de rémissions de cancer soulignent l’important d’être entouré des personnes que l’on aime, soutenu socialement et cajolé physiquement. Outre le soutien des proches, les groupes de soutien, entre personnes sujettes au cancer, peuvent être aidants.

L’avis de l’oncologue :

« Le cancer est une maladie stigmatisante qui bouleverse la relation du malade aux autres et inversement, dans le bon ou le mauvais sens. Le soutien social, par le biais de la famille, des associations de malades, me paraît fondamental. En sachant que certaines personnes y trouveront des bénéfices, tandis que d’autres non. C’est à la personne de ressentir quels sont ses besoins, et quel type de soutien social lui serait bénéfique. »

8 - S’ouvrir à la spiritualité

La spiritualité, au sens général du terme, sans évocation d’une religion particulière, a été bénéfique aux cas de rémissions de cancer analysés par Kelly A. Turner. L’auteur conseille de pratiquer des exercices de respiration, de la marche et de la méditation en pleine conscience pour favoriser cet éveil à la spiritualité et au lâcher-prise. Prier (là encore, toutes religions confondues), aussi, et méditer en groupe. À chacun de s’approprier sa propre manière d’approfondir sa spiritualité.

L’avis de l’oncologue :

« La spiritualité est une force supplémentaire qui peut être bénéfique. Face à une maladie qui n’a pas de sens, l’élévation spirituelle peut nous apporter de l’équilibre. »

9 - Trouver des raisons de vivre

Il n’est même pas question ici de thérapies alternatives, voire médicamenteuses, mais de sens donné à la vie. Pourquoi je vis ? Et quelles sont toutes mes raisons d’apprécier la vie ? Plutôt que de lutter contre la peur de mourir, la chercheuse en oncologie conseille aux personnes atteintes d’un cancer de réfléchir à ces raisons, de les écrire et de les garder à l’esprit.

L’avis de l’oncologue :

« Le désir de vivre est quelque chose qui vient spontanément chez la plupart des personnes qui traversent le cancer, sans que l’on ait besoin de l’encourager. Il semble que le cancer force à apprécier la vie et à y mettre du sens. Renouer avec ses propres raisons de vivre est donc une chose que je ne peux qu’encourager ! »

Vous souhaitez réagir, apporter votre témoignage ou poser une question ? Rendez-vous dans nos FORUMS Cancer ou Un médecin vous répond !

En savoir plus :

> Cancer et sophrologie : quels bénéfices ?
> Quand le cancer fait mal
> Cancer : l’importance du maintien de la vie sociale

Expert : Dr Dominique Gros, oncologue et sénologue, ancien Praticien Hospitalier des Hôpitaux de Strasbourg. Auteur de « Cancer du sein : entre raison et sentiments »
Auteur : Ada Picard, psychiatre et médecin journaliste


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