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Vaccin anti-grippe, c’est le moment !

Publié par : rédaction Onmeda (05. octobre 2017)

© iStock

Feu vert pour la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière qui se déroulera cette année du 6 octobre 2017 au 31 janvier 2018 en France métropolitaine, ainsi qu’en Guadeloupe, Guyane et Martinique.

Qui doit-être vacciné et pourquoi ? Quels sont les enjeux de cette vaccination et les polémiques dont elle fait l’objet chaque année ? Nous faisons le point avec vous.

Qui doit-être vacciné contre la grippe ?

Le vaccin antigrippal est particulièrement recommandé pour les personnes les plus fragiles, chez qui le virus de la grippe peut entrainer des complications graves, voire mortelles.

L’année dernière, l’épidémie de grippe a causé 14 440 décès en France, dont plus de 90% sont survenus chez des personnes âgées de 75 ans et plus.

Le Haut Conseil de Santé Publique recommande donc cette vaccination :

  • A toutes les personnes âgées de 65 ans et plus.
  • Aux personnes âgées de 6 mois et plus, atteintes de certaines maladies chroniques, notamment respiratoires, cardiaques ou immunitaires.
  • Aux personnes souffrant d’obésité.
  • A l’entourage familial d’un nourrisson à risque de grippe grave.
  • Aux personnes séjournant dans un établissement de soins de suite ou dans une structure médico-sociale.
  • Au personnel soignant et à tous les professionnels de santé en contact régulier et prolongé avec des personnes à risque de grippe sévère.
  • Au personnel naviguant (bateaux de croisière ou avions) ainsi qu’aux guides touristiques.

En pratique, la vaccination peut être réalisée par les médecins, les infirmières et les sages-femmes.

L’année dernière, moins d’une personne sur deux à risque a été vaccinée contre la grippe. Les autorités de santé insistent donc sur l’importance d’augmenter cette couverture vaccinale pour qu’elle atteigne 75%.

Pour la première fois cette année et dans cet objectif, les pharmaciens seront autorisés – dans certains cas précis – à effectuer la vaccination antigrippale dans le cadre d’une expérimentation conduite sur trois ans dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle Aquitaine.

Pourquoi faut-il rafraichir le vaccin tous les ans ?

Tout simplement en raison de la variabilité des souches. « Ce virus comme beaucoup d’autres dont le génome est constitué d’ARN mute très facilement, explique le Pr Jean-Louis Koeck, expert en vaccination à la Direction centrale du Service de Santé des Armées et directeur de la publication du site mesvaccins.net. Cela explique qu’on ait chaque année de nouveaux virus qui apparaissent. »

Pour surveiller les souches en circulation, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) dispose de laboratoires de veille sanitaire présents dans le monde entier. Cela permet de détecter les mutations et anticiper du mieux possible les souches qui vont circuler dans l’hémisphère sud, puis dans l’hémisphère nord.

« La publication par l’OMS des nouvelles souches susceptibles de circuler dans l’hémisphère nord se fait généralement en février, poursuit le spécialiste. Les laboratoires pharmaceutiques se mettent ensuite au travail pour élaborer le vaccin qui doit être prêt à l’automne. »

Pour cette saison et conformément aux recommandations de l’OMS, le vaccin grippal contiendra les 3 virus les plus susceptibles de circuler :

  • A/Michigan/45/2015 (H1N1) pdm09 (nouvelle souche)
  • A/Hong Kong/4801/2014 (H3N2) (sans changement)
  • B/Brisbane/60/2008 (sans changement)

« La souche A(H3N2) n’a pas changé car on n’a pas détecté de variation suffisamment importante, explique le Pr Koeck. En revanche pour le virus A(H1N1) qui n’avait pas bougé depuis la pandémie de 2009, on a constaté pour la 1ère fois des variations qui ont été prises en compte dans le nouveau vaccin. »

Ce vaccin trivalent pris en charge par l’assurance maladie sera disponible sous 3 formes injectables : IMMUGRIP, INFLUVAC et VAXIGRIP.

En vidéo : comment agit un vaccin ?

Aujourd'hui, il est possible d'avoir des vaccins contre la rougeole, la rubéole, la coqueluche, l' hépatite B, la grippe, etc. Mais comment agit un vaccin ? Et comment protège-t-il contre les maladies infectieuses, et même certains cancers ?

Quelles sont les polémiques au sujet de la vaccination anti-grippe ?

L’inefficacité du vaccin antigrippal pointée du doigt

« Le vaccin contre la grippe n’est pas efficace à 100%, rappelle le Pr Koeck. Il l’est d’autant moins quand il est administré chez des personnes âgées au système immunitaire moins performant. » Il est vrai que les données de Santé Publique France le montrent, le vaccin antigrippal de l’année dernière a fait preuve d’une efficacité médiocre : autour de 26% dans les populations à risque.

Chez les personnes vaccinées, on peut penser toutefois qu’en cas d’infection, le vaccin assure une certaine protection, évitant notamment l’évolution vers une forme grave, avec des hospitalisations et des décès. « Même si l’efficacité n’est que de 20 ou 30%, ce n’est pas négligeable, note le Pr Koeck. La grippe est une maladie beaucoup moins contagieuse que la rougeole ou la coqueluche. La proportion d’individus dans une collectivité qui doit être protégée pour éviter l’épidémie est donc moins élevée. »

« Le vaccin contre la grippe n’est pas efficace à 100%... Chez les personnes vaccinées, on peut penser toutefois qu’en cas d’infection, le vaccin assure une certaine protection »

Une innocuité qui a fait ses preuves

Point important : l’immunité collective obtenue en vaccinant les individus qui sont dans l’entourage des personnes à risque. Ceux-ci répondent mieux au vaccin et protègent ainsi les plus fragiles de l’infection. Problème, la crainte des effets indésirables est parfois un frein à la vaccination. « Le caractère altruiste de la vaccination ne convainc pas toujours suffisamment, y compris les professionnels de santé, regrette le Pr Koeck. Le vaccin antigrippal est pourtant utilisé depuis plus de 50 ans et il a fait la preuve de son innocuité. » Par ailleurs, il ne contient pas d’adjuvant.

La grippe considérée à tort comme banale

Faut-il le rappeler ? La grippe est l’infection épidémique qui tue chaque année le plus de personnes en France. « Ce n’est pas une maladie bénigne et elle ne doit pas être confondue avec les infections virales banales de l’hiver, souligne le Pr Koeck, pour qui le poids de la grippe est probablement très sous-estimé. Chez les personnes fragiles, elle entraine de nombreuses complications ; elle est notamment thrombogène et peut favoriser la survenue d’infarctus et d’AVC. La vaccination permet d’éviter bon nombre de ces complications. »

Vous souhaitez réagir, apporter votre témoignage ou poser une question ? Rendez-vous dans nos FORUMS thématiques ou Un médecin vous répond !

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Sources et notes

Auteur : Charlotte Delloye

Sources :

- Site de l’assurance maladie. Ameli.fr. Campagne de vaccination contre la grippe saisonnière 2017/2018
- Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’Invs. N°32-33. 13 octobre 2015
- Santé Publique France. Grippe. Bulletin hebdomadaire. 8/03/2017
- Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2017. Ministère des affaires sociales et de la santé
- Site www.mesvaccins.net


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