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Anorexie - Anorexie mentale : Le témoignage d’un patient

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (04. mars 2015)

Témoignage de Cécile, 34 ans.

Comment vivez-vous votre maladie au quotidien ?
Mal ! Je suis anorexique depuis l'adolescence. J'ai déjà fait plusieurs séjours à l'hôpital. Et ça, c'est pire que tout. On vous met sous perfusion. On vous oblige à grossir. C'est terrible. Alors, j'essaie de maintenir mon poids, juste pour ne pas aller à l'hôpital. Mais c'est dur. Ma vie, c'est le médecin toutes les semaines, le psychiatre, le dentiste. Le dentiste, parce que je perds mes dents, les unes après les autres. J'ai tout le temps des malaises. J'essaie de continuer à travailler. Mais il y a des jours où je ne tiens pas debout. Et au travail, mes collègues ne comprennent pas.
Au début, ils étaient très gentils avec moi. Ils prenaient soin de moi. Ils savaient que j'étais malade. Mais au bout de plusieurs années, ils en ont eu marre. Ils ne me parlent plus trop. Et ça me fait pleurer souvent. Mais bon, je travaille tant que je peux. Et quand je ne peux plus, je me mets en arrêt maladie. Et puis, je me suis cassée la jambe plusieurs fois. Comme une vieille femme. Je suis décalcifiée. Donc ma vie au quotidien, c'est ça. C'est la maladie. C'est la solitude à cause de la maladie.

Et du point de vue affectif, vous avez un compagnon ?
Non. C'est impossible. Vous avez vu mon corps ? Qui voudrait d'un squelette comme ça ? J'ai eu un ami. Je suis restée avec lui deux ans. Et il est parti. Il n'en pouvait plus. Il m'appelle quelquefois. Je crois que tout ça lui a fait beaucoup de mal, à lui aussi. On s'aimait fort. Mais cette maladie détruit tout. Et puis, je ne peux pas avoir d'enfant. Je n'ai pas de règles. Je suis trop maigre.

Quelle est votre relation avec vos parents ?
Ça dépend des jours. Heureusement, ma mère s'occupe beaucoup de moi. Elle m'aime beaucoup. Je crois que je suis sa préférée. Mais elle n'est pas à Paris. Elle vit avec son nouveau mari et ses enfants. Mais elle m'appelle souvent. Quand ça va trop mal, je vais chez elle. Mais, on ne s'entend pas très bien sur la durée. Alors, je rentre à Paris. Et mon père, il a toujours été très absent. Je ne le vois jamais. C'est un monsieur très important. Il a beaucoup de travail.

Comment voyez-vous votre avenir ?
J'ai peur. C'est surtout ça. J'ai peur. Ça dépend des jours. Quand je reprends un peu de poids, que je me sens mieux, je reprends espoir. Je me dis que je vais m'en sortir. Et ça me donne envie de me battre. Mais il y a toujours quelque chose qui cloche. A chaque fois, je me casse quelque chose ou j'attrape une grippe ou je ne sais quoi et ça fiche tout par terre.


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