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Anorexie - Anorexie mentale : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (04. mars 2015)

Entretien avec le docteur Christine Foulon, psychiatre.

Est-ce qu'on peut parler d'un profil anorexique ou d'une famille anorexique ?
Non. Je n'aime pas que l'on parle d'un profil anorexique. Je vous assure qu'il y a autant d'anorexies que d'anorexiques. C'est vrai qu'il y a des traits de caractères communs ou fréquents. C'est vrai que ce sont souvent des jeunes filles qui ont vécu des traumatismes dans l'enfance... mais pas forcément. C'est vrai aussi que ce sont souvent des filles qui se trouvent dans des familles en conflit... mais pas forcément. Ce qui est vrai, c'est que ce sont souvent des jeunes filles intelligentes, travailleuses, trop travailleuses, plutôt un peu manipulatrices et parfois narcissiques. Mais moi, je vois des anorexiques tous les jours depuis des années et je peux vous dire que chacune a son histoire propre, son expérience et son vécu et qu'il n'y a pas deux histoires semblables.

Les parents sont souvent démunis pour aborder ce problème...
C'est très, très difficile. Il faut parler. Mais parler est difficile. Là où il y a une jeune fille anorexique, il y a beaucoup d'angoisse. Tout le monde est angoissé : l'adolescente pour commencer mais aussi les parents, les proches et les médecins. Et l'angoisse est d'autant plus forte, que justement, il est difficile d'aborder la question. Parce que c'est un problème psychologique, parce que la patiente reste très longtemps dans le déni et aussi parce que ça fait peur.

Quels conseils pourriez-vous donner aux parents ?
Ce que je pourrais dire aux parents, c'est d'abord de surveiller le plus possible l'alimentation de leur enfant. D'être vigilants pour détecter le plus tôt possible des conduites alimentaires déréglées et de se faire aider eux-mêmes. Il est très important que la famille tout entière prenne conscience du rôle de chacun. Il est aussi très important de ne pas faire culpabiliser la jeune fille, qui, par nature, se sent déjà coupable de tous les problèmes de sa famille. Le mieux est d'envisager non pas un traitement mais des traitements : nutritionnel dans un premier temps avec l'aide d'un nutritionniste, ou un médecin généraliste puis comportemental, psychothérapique, et une thérapie familiale.

L'anorexie est-elle une pathologie occidentale liée à la mode, aux magazines, etc. ?
C'est vrai que les phénomènes de mode sont importants et peuvent provoquer des pathologies de ce type mais c'est bien souvent un prétexte. C'est vrai qu'une jeune fille à qui le prof de danse rappelle sans arrêt qu'elle est trop grosse et qu'elle ne sera jamais danseuse si elle ne maigrit pas, ça compte. C'est vrai qu'une jeune fille qui envisage de devenir mannequin, subira une pression de l'extérieur. Mais tous les mannequins, toutes les danseuses ou toutes les gymnastes ne sont pas anorexiques. Il s'agit d'un trouble psychologique. Et, en effet, on trouve des anorexiques dans toutes les cultures et dans tous les pays.

Est ce qu'on peut guérir d'une anorexie ?
Oui. Bien sûr ! Mais c'est un long chemin semé d'embûches. Plus l'anorexie sera détectée tôt et mieux ce sera. Il faut savoir que lorsque la maladie est devenue chronique, tout devient plus difficile. Mais heureusement, une bonne partie des patientes s'en sortent bien : un tiers environ. Ce sont des jeunes femmes qui retrouvent une vie sexuelle normale, des règles normales, et qui peuvent avoir des enfants normalement à condition que leur poids soit suffisant.


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