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Autisme chez l'enfant : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (08. septembre 2011)

Le Pr Alain Lazartigues est chef du service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent au CHU de Brest. Il est aussi responsable du CRA (Centre de ressources autisme) de Bretagne.

Pourquoi est-ce si difficile de diagnostiquer de manière précoce des troubles autistiques chez l'enfant ?
Avant l'âge de 2 ans, les troubles autistiques, qu'on appelle troubles envahissants du développement (TED), ne correspondent pas nécessairement au tableau classique des symptômes : difficultés de communication (verbale ou non), d'intercation sociale, manque d'intérêt pour des activités diverses, etc. C'est pourquoi il vaut mieux rester prudent et parler de « troubles du développement ou de la communication ».
Pour les enfants de 18 à 24 mois, il existe un test de dépistage. Utilisé en Angleterre, il est en cours de validation en France. Ce test permet, à l'aide d'un questionnaire adressé aux parents, de détecter les principaux symptômes de la maladie : absence de suivi du regard, incapacité à pointer du doigt l'objet qu'on lui montre, incapacité à prendre part aux jeux de « faire semblant » comme la dînette ou les petites voitures... Mais pour les enfants qui présentent des TED sans retard mental, le dépistage est souvent plus tardif, vers 4-5 ans, voire même 10 ans.
Une fois le TED suspecté, il faut confirmer le diagnostic. Le service de pédopsychiatrie d'un hôpital, un centre d'accueil médico-social ou encore un CRA (Centre de ressources pour l'autisme) peuvent aider les parents en les informant, en pratiquant de nouveaux tests, et bien sûr en les dirigeant vers des équipes spécialisées qui pourront accompagner l'enfant et le prendre en charge.

Comment se passe concrètement cette prise en charge ?
Les services d'accompagnement individualisé permettent une prise en charge globale de l'enfant (orthophonique, psychomotricienne...). Des activités en petits groupes sont également menées dans un but de socialisation, de même que des approches éducatives. Le résultat de ces activités est évalué régulièrement et adapté, si besoin.
Chez l’enfant un peu plus âgé, la scolarisation en milieu ordinaire avec l’aide d’un auxiliaire de vie scolaire est très importante pour qu’il progresse, et elle doit être systématiquement recherchée. Des logiciels informatiques spéciaux (demandés auprès de la MDPH, maison départementale des personnes handicapées) peuvent aider l'enfant à investir l'écriture ainsi que certains apprentissages.
Si le dépistage précoce des TED et de l’autisme fait des progrès, il y a en revanche de sérieuses inquiétudes sur les possibilités de prises en charge précoce de ces enfants qui devraient être intensives, ce qui est loin d’être le cas actuellement.

A quel niveau les parents peuvent-ils s'impliquer pour aider leur enfant ?
Les parents jouent un rôle fondamental dans l'information de l’équipe médicale, car ce sont eux qui connaissent le mieux l’enfant. Mais ils doivent aussi être formés pour faire face au comportement parfois difficile de leur enfant autiste. Cette idée est nouvelle et fait partie du Plan autisme 2008-2010. Le projet éducatif suivi à l’école et dans les groupes de socialisation, trouve aussi, bien sûr, son prolongement naturel à la maison. Les parents peuvent constituer par exemple, un emploi du temps pour structurer la journée de l'enfant.
Ces enfants ont en effet besoin, plus que les autres, de repères, de prévisibilité et d'une organisation carrée du temps et de l'espace. Ils peuvent également constituer, avec l'équipe enseignante et médicale, un carnet de comminucation basée sur l'image, et qui renvoie à une réalité quotidienne. Ce type de communication est fondamentale pour faciliter les échanges avec l'enfant, et les parents peuvent s'y investir facilement.


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