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AVC (accident vasculaire cérébral) : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (27. octobre 2015)

Interview du professeur Jean-Philippe Neau, médecin spécialiste, neurologue au CHU de Poitiers. Il donne des conseils très utiles...

Quel est votre message important, vos conseils au sujet des AVC ?
L'AVC est une urgence. Il ne faut jamais banaliser les signes d'alerte. Il s'agit d'une pathologie fréquente et grave. Il faut y penser. Tout le monde connaît très bien les signes d'un infarctus du myocarde. Quand ils ressentent les symptômes d'un infarctus, ils ont immédiatement le réflexe d'appeler le 15. En revanche, lorsqu'il s'agit d'un AVC, on connaît mal les signes, et on a malheureusement tendance à les banaliser et à attendre trop longtemps. Or dès que l'on sent un engourdissement d'une partie du corps, des maux de têtes inhabituels, une difficulté à parler ou à comprendre, une difficulté à voir d'un oeil, aussi, il faut tout de suite appeler le 15. Il faut tout de suite penser à l'AVC.

Pourquoi est-ce si urgent ?
Les premiers instants qui suivent la survenue d'un AVC sont fondamentales. Plus on attend, plus on a de risques de séquelles. Les cellules du cerveau ne se régénèrent pas. Quand elles sont détruites, c'est fini. Certes, on en a beaucoup, mais celles qui sont mortes ne sont pas remplacées. Il faut donc intervenir le plus vite possible, pour limiter les pertes. C'est une question de minutes. Une minute, ce sont 2 millions de cellules détruites.

Quels conseils donner aux familles ou aux proches ?
Parfois, c'est l'entourage qui se rend compte des symptômes, pas le patient lui-même. Il faut que l'entourage ait le même réflexe. Bien sûr, parfois, c'est difficile. Pour les personnes qui vivent à la campagne, par exemple, loin d'un centre hospitalier équipé. Mais il faut appeler les pompiers, les urgences, aller le plus vite possible dans l'hôpital le plus proche.

Le rôle des familles est aussi important après, pour les suites...
Oui, bien sûr. D'autant plus qu'en France, il n'y a qu'une centaine d'Unités spécialisées dans la prise en charge des AVC. C'est peu. Tout le monde ne peut pas être suivi dans un centre spécialisé. Bien souvent, les soins, le suivi, la rééducation, se font à la maison. L'entourage est alors très sollicité. C'est vrai que ce genre d'accident fait souffrir toute la famille.

Après un AVC vers qui se tourner, surtout en cas de séquelles importantes ?
Il faut savoir que les AVC ouvrent droit à une prise en charge à 100% des frais médicaux et paramédicaux. Une aide à domicile peut être demandée, ainsi qu'une allocation après 60 ans. Cela dit, c'est toujours un peu compliqué, car les aides peuvent venir de différents organismes, comme le Conseil général ou la DDE... Des associations existent pour aider les familles, comme France AVC*, par exemple. Et, pour toute la famille, il ne faut pas hésiter à faire appel à une aide psychologique. Un accident de ce type modifie tous les repères, affectifs en particulier. C'est toujours très lourd et douloureux à vivre.

Ndlr : *France AVC qui compte plusieurs antennes dans les régions, rassemble plus de 3 000 adhérents. Téléphone : 04 74 21 94 58.


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