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Blues hivernal : Le témoignage d’un patient

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (06. novembre 2014)

Entretien avec Mina, 34 ans, qui nous livre son témoignage sur son blues hivernal...

Comment savez-vous que vous souffrez du blues hivernal ?
Je constate tous les jours de l'année que mon humeur est plus ou moins influencée par la météo et par l'ensoleillement. Plus le ciel est bas et gris, moins je me sens entreprenante. C'est surtout le manque de luminosité, plus que le manque de chaleur, qui me perturbe. Un beau temps froid mais ensoleillé peut m'enchanter alors qu'un ciel plombé, même sous une température clémente va me donner envie de rester sous la couette.
Ce qui me désespère, c'est l'arrivée de l'automne, les premiers frimas, les feuilles qui tombent, la sensation d'entrer dans un long tunnel interminable où vont se succéder d'innombrables journées mornes et grises. Me lever sans soleil, sortir du métro alors qu'il fait encore nuit, sortir de mon travail alors que le soleil est déjà couché, allumer les lumières dès 16 heures, je ne comprends pas comment on peut trouver ça supportable. J'ai l'impression que mon corps et mon esprit sont totalement inaptes à endurer de telles conditions, je ne sais pas comment font les nordiques pour vivre avec 3 heures de lumière par jour l'hiver !

Comment se manifeste votre blues hivernal ?
Cela se ressent sur mon humeur, je broie plus facilement du noir, je suis plus irritable, plus sensible aussi, les idées sombres me viennent davantage, je pleure plus facilement, j'ai beaucoup de mal à positiver, j'ai l'impression de courir après l'horloge car je sais qu'une fois la nuit venue je me sens totalement vidée de mon énergie. Pourtant j'aime la nuit, mais pas cette nuit-là, pas cette nuit qui tombe dès 16h et persiste jusqu'à 9h, cette nuit-là je la déteste.

Alors, vous hibernez ?
Je ne pars jamais en vacances l'hiver, je sais que je n'en profiterai pas, ou alors il faut que je change d'hémisphère. Je guette les minutes de soleil perdues lorsque je regarde la météo et j'ai l'impression que ce sont des minutes de vie qu'on me confisque. Dès que la tendance s'inverse et qu'on regagne des minutes d'ensoleillement, je commence à reprendre du poil de la bête, mais il est rare que je me sente sortie d'affaire avant le passage à l'heure d'été !

Que faites-vous pour y remédier ?
Pas grand-chose, j'essaie de mettre des couleurs dans mon appartement pour compenser la grisaille ambiante, je prends des vitamines, je lutte contre mon envie permanente d'hiberner jusqu'au printemps en me forçant à sortir le soir. Depuis que je suis maman, je m'écoute moins aussi, et je découvre qu'une nuit qui tombe tôt ça peut être un avantage pour aider son enfant à trouver le sommeil. Trouver un côté positif à une nuit précoce, je ne m'en serais jamais crue capable avant ! J'ai pensé à la luminothérapie, mais je n'ai pas encore essayé, j'ai des doutes sur l'efficacité d'une lumière artificielle, ce qu'il me faut c'est la lumière du jour, la vraie !


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