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Blues hivernal : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (06. novembre 2014)

Interview du docteur Laurent Chneiweiss, médecin spécialiste, psychiatre.

Dans l'absolu comment peut-on faire la différence entre dépression saisonnière et le « simple » blues hivernal ?
Le blues de l'hiver est une accentuation modérée d'une saisonnalité que nous connaissons presque tous. Nous parlons de dépression saisonnière à partir du moment où il existe un handicap significatif : l'individu ne peut plus, malgré tous ses efforts, mener la même vie qu'avant. Il ne s'agit plus d'une difficulté à se lever le matin, mais d'un effort qui bien souvent, n'aboutit pas. Il ne s'agit plus d'une fatigue qui, malgré tout, permet d'effectuer la plupart de ses tâches quotidiennes, mais d'une véritable somnolence qui ralentit les gestes et l'esprit.

Pourquoi certaines personnes sont-elles plus sensibles à cette baisse de la luminosité ?
D'une manière générale, les troubles affectifs, qu'il s'agisse de dépression ou d'anxiété pathologique, touchent plus souvent les femmes. Les troubles affectifs saisonniers touchent à 80% des femmes, et dans la plupart des cas des femmes entre 20 et 50 ans. On considère globalement que les femmes dépressives sont deux fois plus nombreuses que les hommes dépressifs.

Peut-il être dangereux d'utiliser la luminothérapie ?
La luminothérapie ne comporte pas de danger. Seuls quelques patients présentant des pathologies rétiniennes extrêmement rares peuvent être gênés. Les lampes ne chauffent pas (donc pas de risque de dessèchement de la cornée), et ne diffusent pas de rayonnements ultraviolets (donc pas de risque pour la peau). Ce n'est pas une raison pour l'utiliser n'importe comment. La lumière est le signal qui permet de synchroniser le monde extérieur et l'horloge biologique interne. Ce signal passe par la rétine et il ne faut pas mettre de lunettes de soleil, sous peine de complète inefficacité. D'autre part, la lumière entraîne une importante stimulation. Il faut donc l'utiliser le matin. S'exposer le soir risque d'entraîner des insomnies.

Pouvez-vous donner quelques conseils à celles et ceux qui se savent sujets à ce blues ?
Si vous êtes sujet au blues de l'hiver, commencez à vous préparer en été. Faites de l'exercice physique le matin (le mieux reste le jogging), équilibrez votre alimentation en réduisant les graisses et ce que l'on appelait avant les sucres rapides. Toujours en été ou au printemps, prenez le temps de vous observer lorsque vous êtes fatigué. Faites la part des choses entre ce qui est possible de faire ou pas. Vous éviterez ainsi de céder à la tentation de penser en « tout ou rien » en hiver lorsque vous serez fatigué. La fatigue n'empêche pas de tout faire, elle ne gêne qu'une partie des activités.
Enfin, comme nous l'avons vu plus haut, la luminothérapie ne comporte pas de danger, et elle a montré son efficacité. Sa seule contrainte réelle est le temps nécessaire à passer devant la lampe : une demi-heure n'est pas toujours simple à trouver le matin. Mais c'est sûrement le meilleur investissement à réaliser.


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