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Cancer du colon : les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (25. avril 2016)

Interview du Pr Olivier Bouché est médecin spécialiste, gastro-entérologue et cancérologue digestif au CHU de Reims, coordonnateur de l'unité de médecine ambulatoire. Il livre ses conseils...

Doit-on toujours avoir aussi peur du cancer du côlon ?
Certes, le cancer colorectal reste une maladie grave et qui concerne de plus en plus de personnes. L'espérance de vie est meilleure dans notre pays, on vit plus vieux et on a donc plus de risques de développer ce genre de cancer. Cependant, les progrès de ces dernières années sont considérables avec presque deux tiers de malades guéris.

Les progrès ne sont pas seulement liés au dépistage...
À partir de 50 ans, tout le monde a la possibilité d'effectuer un test simple, un Hémoccult® pour vérifier s'il existe une présence de sang dans les selles. Ce dépistage systématique doit permettre de diagnostiquer beaucoup plus précocement, bon nombre de cancers colorectaux par coloscopie.
Ensuite, des progrès considérables ont été faits sur les techniques endoscopiques et chirurgicales. On peut quasiment tout opérer maintenant. Même les métastases chez environ un malade sur trois.
Pour finir, les thérapies ciblées ont révolutionné l'approche de la maladie. On peut utiliser de nombreux médicaments, les anti-angiogéniques, les anti-EGF récepteur, les chimiothérapies classiques. On peut associer plusieurs stratégies de traitements, médicales, chirurgicales, radiologiques, ce qui laisse des possibilités considérables. Aujourd'hui, on peut guérir d'un cancer du côlon, même métastasé.

Peut-on vivre normalement après un cancer du côlon ?
Bien sûr. Les techniques chirurgicales sont de moins en moins agressives. On peut retirer des cancers superficiels par coloscopie sans chirurgie. La coelioscopie présente des avantages importants à la fois sur le plan esthétique mais surtout pour les suites plus simples après l'opération. Nous avons parlé du traitement, mais n'oublions pas la prévention. Certaines habitudes de vie augmente le risque de cancer du côlon, mais également probablement de sa récidive : le tabagisme, l'alcoolisme, l'alimentation trop calorique, trop riche en graisses animales, et inversement trop pauvre en fibres alimentaires, en fruits et légumes, l'inactivité physique ou encore le surpoids. Après une opération d'un cancer du côlon, on peut donc vivre normalement, mais il faut faire attention à ce que l'on mange, essayer de ne pas trop grossir, en ayant une activité physique d'au moins 30 minutes par jour.

Quand est-il nécessaire de mettre en place un anus artificiel ?
La nécessité de poser un anus artificiel appelé colostomie (une poche externe abouchée à l'intestin, à gauche de l'abdomen) est fréquente dans le cas des cancers du rectum, mais très rares dans le cas des cancers du côlon. Cependant, lorsque l'intervention chirurgicale doit être effectuée en urgence, après une péritonite ou une occlusion intestinale, par exemple, alors pour protéger la suture et éviter les risques infectieux, un anus artificiel provisoire peut être posé à droite ou à gauche de l'abdomen. Il sera retiré lorsque la cicatrisation aura été faite le plus souvent 3 mois après l'opération.


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