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Cancer du poumon (cancer bronchique) : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (02. juin 2015)

Pr Gérard Zalcman, médecin spécialiste cancérologue au CHU de Caen et président de l'Intergroupe francophone de cancérologie thoracique (IFCT) nous en dit plus sur les thérapeutiques ciblées, et donne des conseils pratiques...

Quand le premier médicament ciblé a-t-il été autorisé en France pour le cancer bronchique ?
La première autorisation de mise sur le marché (AMM) d'une thérapeutique ciblée remonte à 2005. Il s'agissait d'un traitement qui visait la mutation EGFR, utilisé en deuxième ligne, c'est-à-dire après un traitement classique. Il a fallu attendre fin 2010 pour que ces traitements (des inhibiteurs anti-EGFR) reçoivent une AMM pour une utilisation en première ligne.

Où se fait le diagnostic moléculaire ?
Le centre hospitalo-universitaire (CHU) de Caen a été l'un des premiers à mettre en place le diagnostic moléculaire en France, dès 2005. Progressivement, tous les CHU et les centres de lutte contre le cancer ont suivi. La médecine personnalisée est en plein développement concernant le cancer du poumon. Grâce au financement de l'Institut national du cancer (INCa), 28 plateformes régionales de génétique moléculaire dédiées au diagnostic moléculaire ont été mises en place en 2009. Leur utilisation a été progressive. Depuis début 2011, elles sont activement utilisées. L'ensemble du territoire français est couvert afin que tous les Français puissent avoir accès à ces techniques de biologie moléculaire. Précisons que l'analyse génétique se fait à partir des prélèvements du tissu tumoral récupérés lors de la fibroscopie bronchique.

Quels sont les résultats de ces traitements ciblés ?
Grâce aux thérapeutiques ciblées (les inhibiteurs anti- EGFR), la durée de vie des patients a triplé. Pour l'instant, cela concerne encore assez peu de patients, mais à l'avenir de plus en plus d'anomalies génétiques seront ciblées par des médicaments spécifiques. Nous avons déjà caractérisé près de 60 % des mutations génétiques pour les adénocarcinomes bronchiques. Mais nous n'avons pas encore trouvé pour chacune d'elles un traitement qui a prouvé son efficacité. Pour les cancers épidermoïdes, 50 % des mutations ont été mises en évidence, et de nouveaux traitements sont en cours de validation.

Quelles sont les perspectives ?
Le travail de ces prochaines années consistera à identifier de nouvelles mutations génétiques et à trouver les traitements adaptés. Le but est également de généraliser la réalisation du diagnostic moléculaire. De plus, chez certaines personnes qui ont ce type de mutation, un phénomène de résistance a été mis en évidence, c'est-à-dire que le traitement perd son effet après plusieurs mois de traitement. Les efforts doivent être poursuivis pour comprendre au mieux ces mécanismes. Par ailleurs, pour que le diagnostic moléculaire soit accessible pour tous, il est absolument nécessaire que la Caisse nationale d'assurance maladie le prenne en charge, comme elle le fait pour le cancer du sein (amplification de HER2).


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