publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

Cancer de la prostate : les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (19. décembre 2015)

Conseils du médecin spécialiste : Pr Laurent Salomon, service d'urologie, Hôpital Henri Mondor, Créteil. Il donne des informations sur les nouveaux traitements et certains conseils utiles...

Comment expliquer la baisse du nombre d'opérations dans le cancer de la prostate ?

Pr Laurent Salomon : En 10 ans, en France, le nombre de prostatectomies totales a baissé de 35%. Il y a plusieurs explications à cela. Tout d'abord l'incidence du cancer de la prostate diminue : on en diagnostique moins qu'autrefois. Ensuite, on connaît mieux ce cancer et son évolution... Pour certains cancers de la prostate, une opération chirurgicale n'est pas forcément la meilleure solution à proposer tant pour le contrôle de la maladie que pour les effets secondaires que peuvent engendrer une telle opération (risque d'incontinence urinaire, de problèmes d'érection...).

Aujourd'hui, on sait davantage identifier un cancer de la prostate qui se montre agressif et qui oblige à intervenir chirurgicalement. On sait aussi identifier des tumeurs à faible risque d'évolution pour lesquelles une surveillance active et la mise en place d'autres traitements sont préconisés.

On dispose actuellement de nombreux traitements différents contre cette tumeur : chirurgie, radiothérapie, curiethérapie, hormonothérapie... La stratégie thérapeutique est discutée entre médecins spécialistes (en réunion de concertation multidisciplinaire), puis présentée au patient.

Mais attention, il ne faut pas croire que l'opération chirurgicale n'a plus sa place aujourd'hui. On doit rappeler que la mortalité du cancer de la prostate a diminué ces dernières années, en grande partie grâce à la chirurgie.

Quels bénéfices apportent les nouveaux traitements du cancer de la prostate, et pour quels patients ?
Pr L. S. : Depuis 10 ans, nous avons beaucoup progressé pour traiter les cancers de la prostate diagnostiqués à un stade avancé, c'est-à-dire avec une ou plusieurs métastases. A ce stade, les traitements  reposent sur l'hormonothérapie et la chimiothérapie, et permettent de contrôler la maladie.

Des progrès ont été effectués avec l'arrivée de nouvelles chimiothérapie, comme le docétaxel et plus récemment, le cabazitaxel. Cette  chimiothérapie a démontré des effets réels, alors qu'il y a encore quelques années, elle était peu active.

Les traitements d'hormonothérapie ont connu eux aussi d'importants progrès. Ces traitements se font classiquement par une castration chimique par des médicaments. Le but est d'empêcher les effets des hormones masculines qui tendent à stimuler la propagation du cancer. Mais malheureusement, au bout de quelque temps, beaucoup de cancers deviennent de nouveau actifs. De nouvelles hormonothérapie comme l'enzatulamide ou encore l'acétate d'abiratérone qui peuvent être pris en comprimés ont montré un bénéfice lorsque l'hormonothérapie classique n'est plus efficace.

Tout récemment, il a été démontré de réels bénéfices en associant la chimiothérapie à l'hormonthérapie.

A côté de ces médicaments, on dispose aussi de  traitements protégeant les os (qui peuvent être touchés et fragilisés par une métastase).

Grâce à ces nouveaux médicaments, on améliore non seulement a durée de vie  mais aussi la qualité de vie des patients.

Est-ce que l'hypertrophie bénigne de la prostate prédispose à un futur cancer ?
Pr L. S. : Non, clairement non ! L'HBP (hypertrophie bénigne de la prostate) n'a rien à voir avec le cancer de prostate, il s'agit de deux maladies totalement indépendantes, aucune des deux ne prédispose à l'autre.


publicité