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Cancer du rein : les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (21. mai 2015)

Interview du Dr Morgan Rouprêt, chirurgien urologue, praticien hospitalo-universitaire à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.

Quel est l'avantage des médicaments anti-angiogéniques par rapport à l'immunothérapie ?
Il est vrai que, dans le cas de cancers du rein métastatiques, la seule réponse de ces dernières années était l'immunothérapie. En clair, on renforçait les défenses immunitaires du patient, en utilisant interféron alpha et inteleukine 2. Ces produits ont un effet toxique sur les cellules cancéreuses. Cela dit, les effets secondaires étaient importants et les échecs nombreux : l'efficacité de ces traitements est limitée à 5% environ. C'est la raison pour laquelle on utilise, désormais, les traitements anti-angiogéniques en cas de cancer métastatique. Ils ont pour effet d'obturer les néo-vaisseaux et donc d' « affamer » la tumeur cancéreuse qui finit par se détruire et disparaître. Et l'enjeu est important, dans la mesure où les cancers du rein sont souvent diagnostiqués quand ils sont métastasés.

Est-ce que la prise en charge du cancer du rein a évolué ?
Cela reste un cancer lourd au pronostic aléatoire. D'autant plus qu'il est diagnostiqué bien souvent tardivement. Il n'existe pas encore de dépistage organisé de ce cancer. Ce qui a évolué, en dehors de la prise en charge des métastases, ce sont les techniques opératoires. Les opérations mini-invasives, par voie laparoscopique, améliorent considérablement le confort du patient. Sa récupération est bien plus rapide. Son temps d'hospitalisation plus court : trois à quatre jours, au lieu de quinze jours, pour une laparotomie, une opération classique.

Et l'opération avec des robots, ça change la donne réellement ou c'est anecdotique ?
Ce n'est pas anecdotique du tout. Avec ce système robotique de télémanipulation chirurgicale, le chirurgien a une vision magnifiée et en 3 dimensions de la zone à opérer. Il peut effectuer des gestes, par l'intermédiaire des robots, qu'il ne pouvait quasiment pas effectuer avant. Cela va dans le sens d'une chirurgie la moins invasive possible.
Le chirurgien va toujours essayer de préserver une partie du rein, si cela lui semble raisonnable. Conserver un peu de parenchyme sain, c'est préserver le patient de l'insuffisance rénale. Et pour les personnes qui n'ont déjà qu'un seul rein, c'est le seul espoir. Les interventions assistées par robot sont donc très prometteuses.


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