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Cancer du sein : Le témoignage d’une patiente

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (27. mai 2015)

Le témoignage de Martine, 52 ans, atteinte d'un cancer du sein, il y a deux ans.

Vous avez été opérée d'un cancer, il y a deux ans, racontez-nous.
J'ai été malade, c'est vrai. Ma mère est morte de ce cancer. Ma soeur a été malade, elle aussi. Elle a dû être amputée des deux seins. C'était il y a déjà plus de 15 ans. On connaît le caractère familial de cette maladie. J'étais donc placée sous haute surveillance et très bien suivie. Je passais des mammographies tous les deux ans. Et puis, il y a deux ans, en effet, on a vu une petite masse suspecte sur mon sein droit. Je ne me suis pas fait d'illusion. Je savais tout de suite que c'était ça. Et j'avais peur, bien sûr. En même temps, comme j'étais bien suivie, je savais qu'il s'agissait d'un cancer débutant. La tumeur était toute petite. J'ai donc pu subir une tumorectomie. Mon sein a été préservé. L'intervention a été assez simple. Pendant quelques semaines ensuite j'ai suivi des séances de radiothérapie. Et ça a suffi. Pas besoin de chimio. Un traitement hormonal m'a été prescrit.

Vous aviez une mauvaise expérience de cette maladie qui a touché votre mère et votre soeur...
J'ai vu le calvaire de ma mère et celui de ma soeur. Ma soeur a été opérée, amputée. La reconstruction n'a pu se faire que des mois après l'intervention. Elle a énormément souffert. La chimio a été une vraie galère, pour elle. Elle a perdu ses cheveux, elle était très malade. Sans parler de l'aspect psychologique. Elle avait l'impression de ne plus être une femme. Cela a posé des problèmes considérables dans son couple. Son mari, pourtant, était adorable avec elle. Il l'aimait et voulait qu'elle vive. Il se fichait bien qu'elle ait des seins ou pas pendant quelques mois. Mais elle, ce n'était pas pareil. Elle était agressive avec lui, au contraire. Elle se sentait si mal, elle avait tellement l'impression de ne plus être désirable, de ne plus être aimable, qu'elle était en colère, tout le temps. C'était très pénible pour elle et pour sa famille.

Et pour vous, comment s'est passé le traitement ?
Moi, ça n'a pas été comme ça. Comme je n'ai subi qu'une tumorectomie, je ne me suis pas sentie atteinte dans ma féminité. Mon mari et mes enfants étaient très proches de moi. Ils savaient combien j'avais peur. Ils m'entouraient. Ils m'accompagnaient, à tour de rôle aux séances de radiothérapie. Ils m'ont vraiment bien soutenue. Et je n'ai pas arrêté de travailler. Sauf une semaine, pour l'intervention chirurgicale. C'est tout. J'ai repris mon travail tout de suite. C'est très important pour le mental. La radiothérapie a été un peu pénible. Mais pas trop. J'avais la peau qui pelait. Cela me brûlait un peu. J'avais des aigreurs d'estomac, mais pas plus. Je sais que j'ai beaucoup de chance.

Et aujourd'hui, comment vous sentez-vous ?
Aujourd'hui, tout va bien. Je suis comme j'étais avant. C'est-à-dire que je suis surveillée régulièrement. Je ne peux pas dire que j'y pense tout le temps, mais j'ai comme une épée au-dessus de la tête. Je sais que ça peut recommencer. Mais je fais l'effort de ne pas palper mes seins toutes les cinq minutes. J'ai confiance en l'équipe qui me suit. En revanche, j'ai peur pour ma fille qui a 22 ans. Je sais qu'elle est à risque, elle aussi. Cela m'angoisse beaucoup. Je sais que les progrès thérapeutiques sont permanents, mais ce cancer est une saloperie ! Et quand je vois ma fille, si jolie, si jeune, si fraîche, j'ai toujours un peu peur pour elle. En fait, j'y pense plus pour elle, que pour moi.


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