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Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) : la rééducation avec un orthoptiste

Publié par : Clémentine Fitaire (16. août 2015)

Entretien avec Néguine Ghanaat, orthoptiste.

L'orthoptie, c'est quoi ?

L'orthoptie est la rééducation des yeux. L'orthoptiste exerce une profession paramédicale sur prescription médicale, le plus souvent de l'ophtalmologiste. Sa mission est le dépistage, l'évaluation, la rééducation et la réadaptation de la vision. Pour ce qui concerne la Dégénérescence maculaire liée à l'âge) DMLA, on est plutôt dans le cadre de la réadaptation. Il faut savoir que la prise en charge est remboursée par les caisses d'assurance maladie et les mutuelles. Donc, le remboursement est complet. C'est important. Beaucoup de personnes ne le sachant pas, hésitent à se faire soigner. La rééducation orthoptique s'adresse aux patients qui ont un potentiel visuel susceptible d'être optimisé après évaluation.

Quel est le premier contact avec l'orthoptiste ?

On commence par un bilan orthoptique. Tout le travail d'orthoptie se fait en étroite collaboration avec l'ophtalmologiste et avec l'opticien. Donc, dans un premier temps, c'est le médecin généraliste ou l'ophtalmologiste qui fait une prescription de bilan orthoptique. C'est un bilan très complet, en particulier sur les plans sensoriel (acuité visuelle, champ visuel, vision des couleurs et des contrastes, etc.), et fonctionnel (efficacité visuelle, endurance visuelle, difficultés de lecture, difficultés pour enfiler une aiguille ou regarder la télévision, etc.).

Ce bilan a valeur d'évaluation pour le patient et son entourage qui peut ainsi savoir où il en est, même si le patient ne souhaite pas - pour une raison ou une autre - poursuivre une rééducation. C'est très souvent chez l'orthoptiste que les patients découvrent leur déficit. Après ce bilan, on décide, avec le patient, un projet de rééducation. L'orthoptiste va déterminer les axes de la rééducation, la fréquence et le nombre de séances. En libéral : en moyenne, une heure, une fois par semaine. Une entente préalable est envoyée à la caisse d'assurance maladie.

Quel est le but de cette rééducation ?

Encore une fois, la rééducation n'améliore pas l'acuité visuelle, ni ne l'aggrave bien sûr, ni ne la stabilise. En revanche, elle consiste en une stimulation visuelle et permet de mettre en place de nouvelles stratégies de compensation au déficit. Cette rééducation doit permettre une meilleure utilisation des possibilités visuelles à toutes distances (reconnaissance des visages, contrôle du geste fin, lecture et écriture, mémoire, prise de repères visuels dans les déplacements, augmentation de l'endurance visuelle et diminution des signes fonctionnels comme les maux de tête ou les larmoiements). La finalité de cette rééducation est d'améliorer la qualité de vie des patients. Dans le cadre d'une dégénérescence maculaire liée à l'âge, la première chose est de trouver les zones visuelles de suppléance, pour utiliser les zones non lésées de sa rétine.

En quoi consiste cette rééducation ?

Elle consiste à apprendre des stratégies pour, en fait, ne pas regarder droit devant, ce qui fait intervenir la zone lésée, mais de développer une autre façon de regarder pour amener l'image sur les zones non lésées de la rétine. Cela commence sans aide visuelle optique, pour que la personne soit consciente de la mobilité oculaire et des manoeuvres qu'elle doit faire, pour mieux voir, sans bouger la tête, juste par des mouvements oculaires. Pour la vision de détails, on utilise des aides visuelles optiques, loupe à main ou électronique, etc. L'orthoptiste va trouver avec le patient la meilleure aide optique pour la lecture, la télévision... et il va préconiser tel ou tel outil, en collaboration avec l'opticien. Il faut souligner que la motivation du patient est primordiale. Sa compréhension aussi. Pour qu'il accepte de voir et de faire autrement. Son cerveau doit intégrer les nouvelles données.

Quand envisager une rééducation ?

En fait, dès que le patient commence à être gêné, il ne faut pas attendre. Même si on ne va pas jusqu'à la rééducation, pour une raison ou pour une autre, il est toujours important de faire une évaluation. Ne serait-ce que pour savoir où en est le patient. Celui-ci peut comprendre qu'il y a toujours une solution pour diminuer ses incapacités. C'est important aussi au plan psychologique pour ne pas sombrer, par exemple, dans la dépression ou avoir le sentiment d'une fatalité. L'autonomie est importante, et tout cela est une manière de garder son autonomie. On peut apprendre au patient de nouvelles stratégies de vision. Il faut du temps bien sûr pour acquérir tout cela. Il est donc recommandé de commencer la rééducation le plus tôt possible. Une prise en charge précoce apporte de meilleurs résultats.



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