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Escarre : Les traitements

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (31. décembre 2014)

A côté de la prévention, les traitements curatifs se font avant tout par la chirurgie...
Il n'y a pas de secret : les escarres, ce sont les tissus qui ont nécrosés. Ils sont morts. Il faut donc les enlever. Un tissu mort ne peut pas cicatriser. Si le tissu nécrosé n'est pas retiré, il peut s'infecter. Le seul traitement est donc mécanique, chirurgical. Le chirurgien (ou le médecin, ou l' infirmière spécialiste) enlève tous les tissus morts.

Seul cas particulier : la présence d'escarres sur un terrain d'artérite : la correction des troubles de la circulation (par pontage ou autre) doit toujours avoir lieu avant le décapage des plaies.
Ensuite, la cicatrisation devra être surveillée.

> Un pansement humide ou gras si l'atteinte est superficielle, des pansements plus sophistiqués si l'atteinte est profonde ou si la plaie à tendance à couler ou à sentir mauvais. On évite les antiseptiques qui dessèchent la peau.

> On lave la plaie à l' eau et au savon, quand on le peut, afin de laisser les germes naturels recoloniser la zone.

Traitement avec des asticots
On appelle cela la lucilithérapie ou la biochirurgie. Le traitement peut sembler choquant, et peu ragoutant. Cependant, il marche très bien. Pour la simple raison que les larves ne mangent que les tissus morts. Les asticots sont nécrophages. Ils ont donc une efficacité et une précision largement supérieures à tous les bistouris du monde ! Et, pas de panique, on ne lâche pas les petites bêtes en totale liberté : ils se trouvent dans des petits sacs, comme des sachets à thé. (Encore seraient-ils lâchés qu'ils n'iraient, d'eux-mêmes, que sur les tissus nécrosés).

Comment réparer après ?
Il peut arriver que la cavité formée par l'escarre soit si importante qu'il faille envisager une chirurgie réparatrice après avoir guéri de l'escarre. Pour cela, on peut prévoir :

> Une couverture chirurgicale : on couvre la plaie avec un lambeau de chair, aponévrose, muscle, peau, veine et artère. Que ce soit localement, en faisant tourner une partie des tissus voisins, ou que ce soit par une greffe de peau prélevée sur le crâne ou la cuisse, ou un lambeau prélevé à distance et rebranché sur une veine et une artère.

Nouveauté : Le derme artificiel. Il s'agit de sortes de patchs constitués de collagène bovin, nettoyé, évidemment (il ne reste que la matrice du collagène). Cela peut être utilisé comme sous-couche, sur la plaie, avant une greffe de peau, lorsque la zone est soumise à des contraintes particulières de frottements ou de tension. Problème : cela nécessite deux interventions chirurgicales.

> Le comblement par les pansements TPN. Il s'agit de sortes d'éponges que l'on place à l'intérieur de la plaie. Ces pansements exercent une pression négative, une aspiration. Cela permet de limiter l'oedème, de diminuer l'invasion bactérienne et d'améliorer la circulation sanguine.
> L'électrostimulation peut permettre, dans certains cas, à la peau de cicatriser plus rapidement en accélérant le déplacement des cellules.

Certaines maladies comme le diabète, par exemple, ou certains médicaments comme la cortisone peuvent freiner la cicatrisation et compliquer encore la situation.
Enfin, la surveillance de la nutrition est essentielle : la cicatrisation est une importante source de dépenses protéiques. L'alimentation des personnes porteuses d'escarres doit donc nécessairement être enrichie en protéines.

Auteur : Sylvie Charbonnier.
Consultant expert : Dr Chloé Trial, médecin de "l'Unité médico-chirurgicale plaies et cicatrisations" (UMCPC) CHU Lapeyronie, Montpellier.



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