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Hépatite B : Les conseils d’un médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (03. décembre 2014)

Entretien avec un médecin spécialiste, le professeur Thierry Poynard, chef du service d'hépato-gastroentérologie, du groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris.

On se souvient du débat, en France, à propos de la vaccination contre l'hépatite B. Quel est votre point de vue ?

Ce que j'en pense ? Il faut se faire vacciner le plus tôt possible ! Le plus simple est d'intégrer la vaccination contre l'hépatite B dans le calendrier vaccinal. Parmi la population qui n'a pas eu la vaccination précoce, il faut faire vacciner les pré-adolescents tant qu'ils l'acceptent... Il faut se vacciner quand on est célibataire : il s'agit d'une maladie sexuellement transmissible. Sachant que la maladie met du temps à se développer, si vous avez plus de 80 ans, vous pouvez vous abstenir. Sinon, faites-vous vacciner !

Le vaccin contre l'hépatite B présente-t-il des risques ?

Le vaccin a été mis en question, il y a quelques années, c'est vrai. On le suspectait de provoquer des poussées de sclérose en plaques. Evidemment, je ne vais pas vous dire qu'il n'y a aucun risque. Tous les médicaments ou vaccins peuvent provoquer des effets secondaires. L'ensemble des nombreuses études pratiquées depuis n'a pas montré de risque scientifiquement établi, même si un très très faible risque ne peut être définitivement écarté.

Beaucoup d'arguments sont en faveur du vaccin...

En France, nous avons des réflexes de pays riches. Nous nous défions des vaccins parce que nous oublions les risques de la maladie. Nous pensons, à tort, que les maladies pourront se traiter quand elles seront diagnostiquées. Ce n'est pas le cas de l'hépatite B. Il n'existe toujours aucun traitement définitivement curatif, et la cirrhose et le cancer du foie peuvent se constituer sans aucun symptôme. Le traitement arrivera souvent trop tard.

Le seul moyen d'éviter la maladie, c'est de se faire vacciner. C'est aussi, au plan global, le seul moyen d'éradiquer cette épidémie. Il ne faut pas oublier qu'en France 1 000 personnes meurent chaque année des suites avérées d'une hépatite B. On estime que pour une génération de Français non vaccinée, au moins 40 complications graves de l'hépatite B peuvent survenir alors que moins d'une poussée de sclérose en plaques pourrait être provoquée si ces 800 000 personnes étaient vaccinées...

Les traitements sont difficiles à supporter, quel traitement préférez-vous ?

Personnellement, je commence toujours un traitement avec la prescription des molécules ténofovir ou entécavir. Ces traitements sont mieux supportés, ils ne nécessitent pas d'arrêt de travail et ils permettent une bonne qualité de vie aux patients. Très vite, on sait si ça marche ou pas. Au bout de quatre ans de traitement, près de la moitié des patients traités ne présentent pas de récidive à court terme.

Les traitements à l'interféron sont difficiles à supporter ?

Ils provoquent des troubles importants de l'humeur, des dépressions, des phases de grande excitation aussi. Ils peuvent faire tomber les cheveux et sont très pénibles, pour un bénéfice relatif. Certes, leur durée d'action est plus prolongée après le traitement initial d'un an, mais si l'on calcule tous les désagréments liés au traitement, il n'est pas sûr que les avantages soient plus grands avec l'interféron.

Comment faire, lorsqu'un malade développe une autre maladie, en plus de l'hépatite et doit, par exemple, subir une chimiothérapie ?

C'est un problème qui peut se poser. Il peut arriver qu'une femme, par exemple, atteinte d'hépatite B jusque-là inactive, développe en plus un cancer du sein. Dans ce cas, on a remarqué que le temps de la chimiothérapie, la charge virale B augmente, sans symptôme. Cela s'explique par le fait que la chimiothérapie fait baisser les défenses immunitaires du patient. Le virus de l'hépatite B est moins contrôlé par les systèmes de défense, le temps de la chimiothérapie. En revanche, à l'arrêt de la chimiothérapie, la réaction immunitaire est brutale et cela peut provoquer des désastres au niveau du foie. Il y'a un fort risque d'évolution vers l'hépatite très grave et la cirrhose.
Pour éviter cela, lorsque le cas se présente, il faut tout simplement prescrire un antiviral préventif, avant la mise en place de la chimiothérapie. Cela agit en deux ou trois semaines et donc ne retarde pas de beaucoup le début de la chimiothérapie. Mais il faut toujours y penser avant, pour éviter les problèmes.

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