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Hypothyroïdie : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (29. octobre 2014)

Entretien avec le professeur Jean-Louis Wémeau, chef du service d' endocrinologie au CHRU de Lille.

Quelles sont les complications de l'hypothyroïdie ?
Si l'hypothyroïdie est repérée et traitée correctement, il n'y a aucun symptôme. Et c'est le cas 90 % des fois. En revanche, si on passe à côté, que la maladie s'aggrave, alors cela donne des complications très pénibles : un ralentissement général, une grande fatigue, une chute des cheveux, des troubles musculaires, digestifs... voire un coma, dans certains cas. Un coma hypothermique, cela a pu se voir. On en arrive à être tellement diminué qu'on en oublie de respirer ! Mais, ce genre de complication est vraiment rare. Autres complications de l'hypothyroïdie : des péricardites ou des inflammations de l'enveloppe du coeur, ou encore de l' athérosclérose avec une hypertension artérielle, de l' angine de poitrine et éventuellement un infarctus du myocarde. Mais, encore une fois, avec les moyens actuels de reconnaissance et de traitement de la maladie, ces formes compliquées deviennent rares.

Le traitement provoque-t-il des complications ?
Non. Si le dosage du traitement hormonal est correct, ce traitement ne donne aucune complication, puisqu'il compense un manque, avec un produit naturel, puisque c'est le même produit que l'hormone fabriquée par l'organisme. Bien sûr, il faut faire attention à ne pas donner une dose trop forte brutalement, cela pourrait révéler des problèmes cardiaques, c'est logique. Un surdosage peut être dangereux. C'est ce qui se passe quand certaines personnes en prennent pour maigrir, alors cela peut provoquer des troubles du rythme cardiaque, un état d'excitation.
Il ne faut jamais prendre d'hormone thyroïdienne pour maigrir, car on perd plus de muscle et d' os, que de tissu graisseux. Mais, dans la plupart des cas, le bon dosage est rapidement trouvé par le médecin et il n'y a pas d'effet secondaire.

Il y a des cas limites d'hypothyroïdie, lorsque la TSH est élevée, par exemple, mais que la T4 est normale, et qu'il n'y a pas de signes cliniques. Que faut-il faire dans ces cas-là ?
Il y a débat sur la question, parmi les médecins. Faut-il traiter ou pas les hypothyroïdies sub-cliniques ? Cela pose beaucoup de questions aux médecins. Si la TSH est au-dessus de 10, il faut traiter. Si elle est entre 4 et 10, ça se discute : si la femme est enceinte, si elle veut un enfant, si elle a un goitre, si elle a du cholestérol... Au-delà de 60 ans, il y a pas mal de raisons qui poussent à ne pas traiter. On a remarqué qu'une TSH élevée, avec un taux de T4 plutôt faible, est fréquente chez les centenaires...


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