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Infarctus du myocarde : la troponine

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (01. mars 2017)

La troponine est une protéine présente à l’intérieur des cellules du coeur. C’est grâce à elle que le coeur se contracte et bat. On ne la retrouve (quasiment) pas dans les autres cellules de l’organisme et elle n’est pas présente dans le sang non plus.

C’est donc très intéressant car si on la retrouve dans une analyse sanguine, c’est que des cellules du coeur sont mortes et ont relâché leur contenu (dont la troponine) dans le sang. Un dosage positif de troponine est ainsi le témoin d’une souffrance du coeur.

L’oeil du biologiste

Le dosage s’effectue avec une prise de sang classique: prélèvement de sang dans une veine, sans nécessité d’être à jeun. Il existe différents seuils de positivité (la valeur au dessus de laquelle le biologiste trouve le résultat anormal), cela dépend de la méthode utilisée par le laboratoire. Les résultats ne sont donc pas comparables d’un centre à l’autre.

La positivité du résultat n’est pas immédiate en cas d’infarctus. Au début des symptômes (douleurs thoraciques), il reste beaucoup d’étapes (mort cellulaire, contenu déversé dans le sang, circulation..) avant que la troponine ne se retrouve en quantité suffisante pour être dosée dans le sang (entre 4 et 8h). Si la prise de sang est réalisée dès le début de la douleur, le dosage est donc souvent répété aux urgences.

Avec les progrès de la science, le dosage de troponine est de plus en plus sensible. Il permet une détection plus précoce mais pose désormais aux médecins des problèmes de « surdétection » et d’élévation inexpliquée. Ainsi, un taux très élevé de troponine signe directement un problème cardiaque mais un taux positif oblige à la répétition du dosage pour suivre l’évolution. 

Comment s’en servent les médecins

L’intérêt principal est dans le diagnostic de l’infarctus du myocarde, le dosage est demandé en cas de douleur thoracique aiguë: Dans un certain nombre de cas, l’électrocardiogramme (ECG) suffit à dépister un infarctus et instaurer le traitement. La troponine donne une indication pronostique car son taux dépend de l’étendue de la lésion.

Il existe un autre type d’infarctus indétectable à l’électrocardiogramme : à ce moment, la troponine permet de faire le diagnostic d’infarctus (en prouvant la mort des cellules). Heureusement, ce type d’infarctus doit se traiter rapidement mais pas en urgence absolue, ce qui permet d’attendre le dosage. Parfois, lorsque la douleur est de courte durée, il n’y a pas de séquelle, et la troponine reste normale. C’est l’angine de poitrine (angor). A ce moment, ce sont des éléments cliniques et l’interrogatoire qui vont guider le médecin.

Le dosage de troponine aide aussi à faire la part des choses entre l’infarctus du myocarde et les autres causes de douleur thoracique (ulcère de l’estomac, douleur musculaire de la paroi thoracique…). Cependant, il existe une autre pathologie cardiaque mimant l’infarctus et augmentant le taux de troponine: la myocardite (infection virale du coeur)

Enfin, une élévation du taux de troponine peut se voir en cas d’embolie pulmonaire sévère, manque d’oxygène, électrocution, choc septique (infection grave avec chute de tension), chirurgie cardiaque, trouble du rythme ou effort intense… On peut aussi la retrouver dans le sang lors de problèmes cérébraux aigus (convulsions, Accident Vasculaire cerebraux) ou musculaire (rhabdomyolyse). Mais l’examen clinique permet de faire la part des choses.

La minute historique

Si la troponine fait désormais partie de la pratique quotidienne des cardiologues et urgentistes, son histoire est très récente. C’est la « petite » révolution cardiologique des années 1990, en faisant entrer la biologie dans l’arsenal diagnostique des cardiologues. Avant, les dosages étaient trop lents à devenir positif (donc inutile car l’infarctus se traite en urgence), et pire, ils n’étaient pas spécifiques du coeur (s’élevaient également dans les problèmes de muscles ou de foie). Elle fait désormais partie de la définition de l’infarctus du myocarde (depuis les années 2000) puisqu’elle « prouve » la lésion (infarctus) du coeur, à la différence de l’angine de poitrine (ou angor). 

Le complément du petit scientifique

C’est une protéine hétérotrimérique (formée de 3 sous parties distinctes), servant à la contraction des cellules musculaires du coeur. Plus précisément ce sont 2 autres protéines : l’actine et la myosine qui réalisent la contraction. La troponine, elle, utilise le calcium pour séparer l’actine et la myosine et ainsi leur permettre de réaliser la contraction suivante.

Auteur de cet article sur la troponine : Dr Marion Angue, cardiologue et réanimatrice médicale

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