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Maladie de Basedow : Les traitements

Publié par : Dorothee Gebele (24. août 2015)

Le but premier du traitement de la maladie de Basedow consiste à soulager les symptômes et à améliorer la qualité de vie du patient en réduisant la surproduction des hormones thyroïdiennes et en inhibant leur effet.

Pour cela, on dispose notamment des 3 formes de traitement :

Le traitement chirurgical ou à l'iode radioactif ne sont envisagés qu’en cas d’inefficacité du traitement par médicaments ou en cas de rechute.
L’opération vise à retirer une partie ou la totalité de la thyroïde afin de soulager les symptômes. La règle générale étant : plus le volume de tissus thyroïdiens retiré (ou détruit par l'iode radioactif) est important, plus le risque de rechute baisse. Mais même une petite quantité de tissus thyroïdiens restante est encore susceptible de produire trop d’hormones thyroïdiennes et de provoquer de nouveaux des symptômes...

Le traitement par médicaments

Des médicaments inhibant le fonctionnement de la thyroïde (les thyréostatiques) peuvent atténuer les symptômes de la maladie de Basedow. Car ces substances empêchent la thyroïde de capter l'iode et donc de produire des hormones thyroïdiennes. Parmi les thyréostatiques : le carbimazole ou le propylthiouracile.

Si des rechutes sont possibles en début de prise de médicaments antithyroïdiens, les résultats du traitement médicamenteux de la maladie de Basedow sont plutôt bons à long terme. Après concertation avec le médecin, il est donc important de prendre ces médicaments antithyroïdiens sans interruption et sur une période d’au moins un an, afin de pouvoir évaluer l’efficacité du traitement. En cas de nouvelles rechutes, d’autres méthodes de traitement doivent être envisagées, par exemple une opération ou un traitement à l'iode radioactif.

Le traitement chirurgical

Si la prise de médicaments antithyroïdiens n’est pas efficace, une ablation de la thyroïde (thyroïdectomie) peut être nécessaire. Lors de cette opération, le chirurgien retire une partie ou la totalité de la thyroïde (ablation partielle ou totale). Afin de substituer les hormones thyroïdiennes que l’organisme ne peut plus produire suite à la thyroïdectomie, le patient devra prendre quotidiennement des hormones sous forme de médicaments (par exemple la L-Thyroxine).

Les risques de l’opération

Comme toute intervention chirurgicale, l’ablation de la thyroïde comporte certains risques. 
Il peut par exemple arriver que le nerf des cordes vocales soit accidentellement sectionné. Ceci peut éventuellement provoquer une paralysie uni- ou bilatérale des cordes vocales ayant pour effet un enrouement, voire, dans des cas rares, une aphonie (perte de la voix). Lorsque le nerf n’est pas sectionné mais seulement endommagé, la paralysie des cordes vocales peut se résorber après quelques mois.

Dans des cas très rares, il peut arriver que le chirurgien retire accidentellement, en plus de la thyroïde, les parathyroïdes (petite glandes situées derrière la thyroïde) qui sont difficiles à identifier. Dans ce cas, le patient devra prendre à vie :

  • de la vitamine D et du calcium sous forme de compléments alimentaires ou, alternativement, 

  • de la parathormone : elle est normalement produite par les parathyroïdes et régule le taux de calcium dans le sang.

Le traitement par l'iode radioactif

Tout comme l’opération, le traitement par l'iode radioactif n’est envisagé que lorsque le traitement médicamenteux ne s’est pas montré efficace. Lors du traitement par l'iode radioactif, on administre de l'iode (iode 131) au patient, généralement sous forme de capsule. La thyroïde, qui a besoin d'iode pour produire les hormones thyroïdiennes, lie le iode radioactif et endommage ainsi ses propres cellules thyroïdiennes. Au fur et à mesure, de plus en plus de cellules thyroïdiennes sont détruites, ce qui entraîne une baisse de la production des hormones thyroïdiennes. Résultat : les symptômes provoqués par la maladie de Basedow s’atténuent.

Afin de déterminer la quantité d'iode radioactif à administrer et la quantité d'iode qui est capté par la thyroïde, le médecin procède à un test d’absorption d’iode radioactif. Le but étant d’éviter une irradiation inutile.

Dans certains cas, le traitement à l'iode radioactif peut provoquer ou aggraver une exophtalmie. Mais en règle générale, cet effet n’est que provisoire. En présence d’une exophtalmie déjà existante et très prononcée, il peut être préférable de privilégier d’autres formes de traitement.

Chez la femme enceinte ou allaitante, le traitement par l'iode radioactif n’est pas indiqué. De même, il est conseillé d’attendre au moins 6 mois après le traitement à l'iode radioactif avant d’envisager une grossesse.

Effets secondaires et risques du traitement par l'iode radioactif

Le traitement à l'iode radioactif peut avoir des effets secondaires, tels que des douleurs au niveau de la gorge et, provisoirement, une augmentation du taux des hormones thyroïdiennes. Chez les hommes, ce traitement peut provoquer une baisse temporaire de la concentration de testostérone dans le sang.

L’organisme ne métabolise pas la totalité de l'iode radioactif administré lors du traitement : l'iode "superflu" est évacué dans les selles, et les urines et dans la salive. Le patient doit donc rester hospitalisé pendant quelques jours après le traitement, car les excrétions doivent être récupérées et stockées le temps que la radioactivité baisse en-dessous des valeurs limites autorisées.

Le traitement à l'iode radioactif provoque une baisse de la production d’hormones thyroïdiennes. Et donc ren règle générale, le patient devra prendre des hormones thyroïdiennes sous forme de médicaments suite au traitement par l'iode radioactif afin de maintenir la concentration d’hormones nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme (et d'avoir alors la bonne concentration d'hormones thyéroïdiennes dans le sang).

Traitement de l’exophtalmie

Afin de traiter une exophtalmie provoquée par la maladie de Basedow, il faut tout d’abord normaliser la production des hormones thyroïdiennes. Mais parallèlement, il existe également des méthodes pour atténuer les symptômes, qu’il s’agisse d’une forme légère ou sévère d’exophtalmie :


1) En cas de symptômes légers, avec par exemple des yeux secs : des larmes artificielles ou des gels hydratants (pour la nuit) peuvent apporter un certain soulagement.



2) En cas d’exophtalmie sévère, les traitements suivants sont envisageables :

  • Traitement à la cortisone (glucocorticoïdes
).
  • Décompression chirurgicale du nerf optique (décompression orbitaire),
  • Opération des paupières,
  • 
Opération des muscles oculaires,
  • 
Radiothérapie orbitale (irradiation des cavités oculaires, plutôt rare aujourd'hui)

.

La cortisone


En cas de maladie de Basedow, l’exophtalmie (saillie des globes oculaires) résulte de réactions immunitaires inflammatoires qui provoquent un gonflement des tissus dans la cavité oculaire ce qui fait avancer les globes oculaires. 
Des anti-inflammatoires du groupe des glucocorticoïdes (par exemple la prednisolone) peuvent réduire l'oedème et par conséquent le syndrome des yeux exorbités.

La décompression chirurgicale du nerf optique

Il arrive que l’oedème des tissus dans l’orbite oculaire ne provoque pas seulement une exophtalmie, mais comprime également le nerf optique. Cela peut endommager le nerf optique et impacter la vue. Afin de soulager le nerf optique, il est possible d'effectuer une opération chirirgicale. Cette opération peut aussi être indiquée lorsque l’exophtalmie est très prononcée, au point d’empêcher la fermeture des paupières, endommageant ainsi la cornée de l’œil.

Opération des paupières

Sous l’effet des symptômes de l’exophtalmie, la paupière peut être déformée ou trop courte pour se fermer correctement. Et un éventuel oedème d'une ou des deux paupières peut rendre la fermeture encore plus difficile. Dans ces cas, il est possible de corriger le problème grâce à une petite opération chirurgicale. De telles interventions chirurgicales sont possibles dès lorsqu’il n’y a plus de réactions inflammatoires aiguës. 

Opération des muscles oculaires

Les réactions inflammatoires provoquées par une exophtalmie peuvent avoir aussi un impact négatif sur les muscles oculaires. Le patient risque par exemple d'avoir des difficultés à orienter les yeux correctement, ce qui peut provoquer une vision double. Dans ce cas, les muscles oculaires peuvent être corrigés chirurgicalement une fois que la phase initiale inflammatoire aura disparu.


Autres conseils pour le patient

Parallèlement au traitement médical, vous pouvez vous-même contribuer à atténuer les symptômes de la maladie de Basedow en appliquant quelques conseils :

- Alimentation et activité physique

Le traitement par médicamens de la maladie de Basedow peut favoriser la prise de poids. Une alimentation saine et équilibrée associée à une activité physique suffisante a des effets positifs sur la maladie, sur votre poids et sur votre bien-être en général.

- Détente

Le stress a un impact négatif sur le système immunitaire et peut, chez les personnes présentant des prédispositions héréditaires, favoriser le développement de la maladie de Basedow ou aggraver cette dernière. Il est donc important de prendre des contre-mesures à un stade précoce et de veiller à se détendre suffisamment. Essayez d’éviter le stress, accordez-vous des moments rien que pour vous, et apprenez à dire « non ». Des techniques de relaxation peuvent aider à diminuer le niveau de stress général.

Conseils pour atténuer l’exophtalmie

Voici quelques mesures qui permettent de soulager les symptômes de l’exophtalmie :

  • Stop à la cigarette : la consommation de tabac a une influence négative sur l’exophtalmie et peut aggraver les symptômes (notamment les processus inflammatoires). Chez les personnes présentant des prédispositions génétiques, le fait de fumer peut déclencher la maladie de Basedow ou une exophtalmie. Le risque de développer une exophtalmie est 8 fois plus élevé chez les patients fumeurs de la maladie de Basedow. Il est donc fortement conseillé de renoncer au tabac !
  • Les larmes artificielles : lorsque l’exophtalmie est si prononcée qu’elle entrave la fermeture des paupières, cela peut entraîner un asséchement des yeux très gênant. Dans ce cas, des larmes artificielles peuvent aider à maintenir l’œil affecté humide. Pendant la nuit, un gel hydratant (par exemple à base de dexpanthénol) peut être une bonne option.
  • Lunettes de soleil : l’exophtalmie rend les yeux plus sensibles à la lumière et au vent. Il est conseillé de porter des lunettes de soleil ou des lunettes aux verres teintés, idéalement des lunettes protégeant également sur les côtés.

  • Surélever la tête : dans votre lit, installez-vous de manière à ce que votre tête soit plus élevée que le reste du corps. Cela permet d’éviter que trop de liquide s'accumule dans les paupières et derrière les yeux, et peut limiter la pression exercée sur le globe oculaire.
  • Des compresses pour les yeux : de nombreuses personnes souffrant d’exophtalmie trouvent un soulagement dans les compresses fraîches sur les yeux : elles atténuent notamment l'oedème des paupières.
  • Feuilles de prisme : l’exophtalmie peut impacter les muscles oculaires et provoquer des images doubles. Dans ces cas, les feuilles de prisme (à coller sur les verres des lunettes) peuvent constituer une solution provisoire. Si la vision double persiste, il faut éventuellement envisager une intervention chirurgicale.

Traitement du myxœdème

Certains patients de la maladie de Basedow développent un myxœdème, notamment au niveau du tibia (myxœdème prétibial). Parallèlement au traitement initial, des crèmes ou pommades contenant la substance à base de sortisone peuvent aider à atténuer ces oedèmes et rougeurs.


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