publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

Maladie de Crohn : Le témoignage d’un patient

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (24. février 2015)

Entretien avec Paule, 51 ans est atteinte de la maladie de Crohn depuis l'âge de 30 ans.

Comment cela a-t-il commencé ?

Je me suis mise à vomir et à avoir de la diarrhée. Au début, bien sûr, on a diagnostiqué une gastro. En fait, je revenais d'un séjour en Afrique. Les médecins ont donc d'abord pensé à une turista ou à des amibes. Mais au bout de plusieurs semaines, ça continuait !
J'ai vu un gastro-entérologue qui a assez vite pensé à la maladie de Crohn. Il m'a expliqué de quoi il s'agissait. J'avais comme alternative soit de m'enfermer chez moi et de ne plus bouger, soit de continuer mes activités normalement. J'ai opté pour la seconde option. J'avais 30 ans. Vous imaginez ? Si j'étais restée cloîtrée, je n'aurais plus eu de vie.

Au quotidien, comment avez-vous vécu votre maladie ?

Comme un handicap. A chaque fois que j'allais au cinéma ou même à mon travail, j'avais la hantise d'être victime d'une crise. Vous imaginez bien. Vous êtes au restaurant avec vos amis et tout à coup, vous devez, en urgence, aller chercher les toilettes. C'était le cas pour toutes les sorties. Donc, il m'est arrivé bien souvent de refuser des sorties à cause de ça.
Au plan social, difficile ! Cela limite tous les plaisirs de la vie. Et j'ai le plus souffert à ce niveau-là. Au point d'avoir des grosses crises de déprime. Et pas trop d'avenir en vue... J'arrivais bien à m'occuper de mes enfants, j'arrivais bien à travailler, quand même. Mais, pour moi, le plaisir personnel, je n'en avais quasiment plus.

Depuis quelques années, vous avez trouvé un traitement qui vous convient ?

Les biothérapies, en effet. Les anti-TNF alpha. Mon médecin m'a parlé de ça, il y a quelques années. Au début, on ne savait pas trop quel effet cela pourrait avoir sur moi. On en était au début des biothérapies. Et ça a marché, ça m'a bien soulagée. Cela signifie que maintenant, je peux sortir, sans avoir cette crainte permanente d'un malaise en public. Cela m'a soulagée aussi au plan articulaire.
Car, j'avais développé une sorte d'arthrite, très invalidante. J'avais des douleurs, au niveau du dos, tout le temps. Alors, les malaises digestifs, plus les douleurs articulaires, c'est vrai qu'il y a des moments où j'avais envie de baisser les bras. Heureusement que j'avais mes enfants pour me soutenir moralement et me donner une bonne raison de m'accrocher. Mais là, depuis quelques temps, ça va vraiment mieux. Je souffre beaucoup moins. J'ai pu reprendre pas mal d'activités. Du coup, le moral aussi est meilleur.

 



publicité