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Maladie de Crohn : Les traitements

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (24. février 2015)

La maladie de Crohn, si elle peut parfois devenir invalidante, n'est généralement pas mortelle, et ne réduit pas l'espérance de vie de ceux qui en sont atteints. Mais le quotidien des patients peut être plus ou moins altéré... aussi est-il important pour eux de trouver le bon traitement.

Le but du traitement dans la maladie de Crohn, est de traiter les poussées et éviter les récidives. Les traitements actuels limitent l'inflammation et permettent de contrôler les symptômes mais ne guérissent pas les patients.

Jusqu'à ces dernières années, les médecins disposaient de trois types de traitements médicamenteux, pour le contrôle des poussées ou pour la prévention des rechutes. Ces traitements sont toujours utilisés ayant prouvé leur efficacité :

> Les anti-inflammatoires intestinaux : principalement les dérivés salicylés (mésalamine, olsalazine) et plus ancienne, la sulfasalazine, agissent directement au contact de la muqueuse pour contrer l'inflammation intestinale.

> La cortisone (les corticoïdes) sont de puissants anti-inflammatoires, généralement proposés en cas de poussée sévère, ou lorsque les anti-inflammatoires intestinaux n'ont pas été efficaces. La cortisone est très active, mais doit être prise à forte dose pendant 2 à 3 semaines après le contrôle de la poussée, et doit ensuite être diminuée progressivement, ce qui conduit à des traitements prolongés, au minimum de 2 à 3 mois, avec des risques d'effets secondaires gênants ou dangereux.

Les principaux effets secondaires en début de traitement sont surtout cosmétiques (prise de poids, enflure du visage, acné, pilosité du visage) et psychiques (troubles de l'humeur, agitation, surexcitabilité, dépression) et, à plus long terme, ce sont surtout les risques de retard de croissance chez l'enfant, de déminéralisation osseuse et d'infections qui prédominent.

Qui plus est, le risque de devenir dépendant à ce traitement, c'est-à-dire de ne pas pouvoir l'arrêter sous peine de voir réapparaître les signes de poussée de la maladie, est de l'ordre de 20 à 30% à chaque fois qu'on les prend, ce qui peut conduire à des traitements très prolongés parfois, qu'il faut impérativement proscrire.

> Les immunosuppresseurs agissent de manière ciblée sur certains éléments du système immunitaire, afin de diminuer leur « hyperactivité » non contrôlée, et donc l'inflammation chronique qui en résulte. Les immunosuppresseurs les plus prescrits sont l'azathioprine ou son dérivé la 6-mercaptopurine.

Ces traitements sont également source potentielle d'effets indésirables, à type d'intolérance, notamment digestive (nausées, vomissements, douleurs abdominales) ou générale (fièvre, douleurs abdominales) à court terme, et risque d'infections, voire de lymphome, à moyen et long terme.

Néanmoins, ces risques sont généralement très largement contrebalancés par leurs effets bénéfiques, parce qu'ils permettent le plus souvent un contrôle durable de la maladie en évitant d'avoir recours aux corticoïdes.



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