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La Myofasciite à macrophages

Publié par : rédaction Onmeda (03. octobre 2017)

© iStock

La myofasciite à macrophages… Derrière ce nom barbare se cache un syndrome rare de fatigue chronique particulier car associé à des troubles cognitifs, qui survient chez des personnes ayant reçu des vaccins contenant un adjuvant à base de sels d’aluminium.

Plus précisément, la myofasciite à macrophages (MFM) est une lésion histologique microscopique identifiée en France dans les années 90, dans des biopsies pratiquées sur le muscle deltoïde (dans lequel sont injectés les vaccins).

Cette lésion contient des cellules de l’immunité – les macrophages – dans lesquels persistent, longtemps après la vaccination, des agrégats d’aluminium.

Outre une fatigue chronique, les patients atteints de myofasciite à macrophages souffrent de douleurs musculaires et articulaires, mais aussi de troubles cognitifs qui impactent notamment leur attention et leur mémoire. Des symptômes qui peuvent apparaître de nombreux mois, voire plus d’un an après une vaccination, et dont le retentissement sur la vie sociale et professionnelle peut être majeur.

La qualité de vie des patients est souvent très diminuée, d’autant que la myofasciite à macrophages est encore mal connue ou mal acceptée du corps médical et qu’il faut parfois des années avant d’aboutir à un diagnostic.

Les causes

C’est au début des années 90 que les premières lésions de myofasciite à macrophages (MFM) sont identifiées chez des patients souffrant de fatigue chronique associée à des douleurs musculaires diffuses. Le Pr Romain Gherardi est l’un des premiers avec son équipe à avoir travaillé sur ce sujet.

Assez vite, le lien est fait avec une vaccination antérieure contenant un adjuvant à base de sels d’aluminium. « Nous nous sommes aperçus que chez ces patients, l’adjuvant aluminique n’est pas dissous rapidement, quelques jours après l’injection vaccinale, comme on le croyait à l’époque, explique-t-il. Les patients ne parviennent pas à dégrader ces particules, probablement en raison de particularités génétiques. Plusieurs études chez l’animal suggèrent que cet immuno-stimulant reste dans le système immunitaire, pas seulement au niveau du muscle vacciné, mais aussi au niveau des ganglions lymphatiques, de la rate ou du cerveau, ce qui pourrait expliquer les troubles cognitifs observés. »

Une activation immunitaire chronique… jusqu’au burn-out

Les dépôts d’aluminium seraient susceptibles de provoquer un syndrome de fatigue chronique, en raison de cette activation immunitaire qui ne parvient pas à se désactiver. « Dans ce syndrome, au bout de 3 ans, les cellules immunitaires épuisées se mettent en grève, poursuit le Pr Gherardi. On assiste à un effondrement, qu’on appelle aussi « burn-out » immunitaire, et nos patients passent en immunodépression. »

Attention toutefois à ne pas confondre les adjuvants aluminiques injectés avec l’aluminium que l’on ingère quotidiennement, via notamment, les fonds de casseroles, l’eau de boisson ou de nombreux aliments industriels qui en contiennent.

« 99,7% de l’aluminium ingéré se retrouve dans les selles, note le Pr Gherardi. Les 0,3% restants sous forme ionique extracellulaire sont en grande majorité éliminés par voie rénale. Dans le cas de la myofasciite à macrophage, les particules d’aluminium restent stockées à l’intérieur des cellules qui ne parviennent pas à les dissoudre. »

Plaidoyer pour une recherche approfondie sur les adjuvants vaccinaux

Loin d’être opposé à la vaccination, le Pr Gherardi plaide pour que des travaux de recherche de grande envergure soient menés pour remplacer les sels d’aluminium par d’autres adjuvants, mais aussi pour mieux comprendre le devenir des adjuvants aluminiques dans l’organisme et la raison pour laquelle certaines personnes ne parviennent pas à éliminer les dépôts d’aluminium qui, même à faible dose, ont des effets neurotoxiques chez l’animal. « Cela permettrait d’identifier des groupes à risque et de les protéger d’éventuelles complications vaccinales liées aux adjuvants », souligne-t-il.

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Les symptômes

Les patients atteints de myofasciite à macrophages souffrent en général :

  • d’une fatigue chronique aggravée par l’effort, parfois accompagnée de céphalées (maux de tête).
  • de douleurs musculaires et/ou articulaires chroniques et diffuses. Aggravées par l’effort, la fatigue ou le stress, ces douleurs peuvent gêner considérablement les gestes de la vie quotidienne.
  • de troubles cognitifs affectant la mémoire de travail (mémoire courte permettant de mener à bien une tâche complexe), l’attention ou l’exécution des tâches, et qui peuvent impacter fortement la qualité de vie des patients.

Evolution et traitements

Difficile de savoir comment évolue cette pathologie qui n’a été identifiée que récemment. « Concernant les troubles cognitifs, les études ont montré qu’ils restent stables dans le temps dans 80% des cas, qu’ils s’aggravent dans 10% des cas, et qu’ils régressent dans 10% des cas », explique le Pr Gherardi.

Dans la mesure où cette maladie reste mal connue et reconnue du corps médical et en l’absence de recommandations pour sa prise en charge, les patients attendent souvent de longues années avant d’avoir un diagnostic, qui n’est obtenu qu’après biopsie du muscle deltoïde.

En l’absence de traitement curatif, la prise en charge permet d’améliorer la qualité de vie des malades et d’agir sur certains symptômes. « Nous faisons notamment appel aux anti-inflammatoires non stéroïdiens plutôt qu’aux corticoïdes, ainsi qu’à un additif alimentaire, la L-Carnitine, qui semble avoir un effet bénéfique sur la fatigue », précise le Pr Gherardi.

Des travaux sont menés pour favoriser la chélation de l’aluminium et permettre son élimination, mais problème… les chélateurs ne parviennent probablement pas à atteindre l’aluminium stocké à l’intérieur des cellules.

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Sources et notes

Auteur : Charlotte Delloye
Consultant expert : Pr Romain Gherardi, Centre expert en pathologies neuromusculaires à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil et ancien directeur d’une Unité de recherche de l’INSERM

Sources : 

Myofasciite à macrophage. Rapport d’investigation exploratoire. Invs/GERMMAD. Mars 2001
Les adjuvants vaccinaux et la myofasciite à macrophages. Bull. Acad. Natle Méd., 2003, 187, no 8, 1511-21.
Site de l’Association E3M. association d’entraide aux malades de myofasciite à macrophages. www.asso-e3m.fr
« Toxic Story : deux ou trois vérités embarrassantes sur les adjuvants des vaccins », Romain Gherardi. Actes Sud, 2016


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