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Phobie scolaire : Les causes

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (12. novembre 2014)

La phobie sociale peut avoir plusieurs causes.

L'anxiété de séparation
Quand Léa pleure au petit-déjeuner du lundi matin et refuse de participer aux activités extrascolaires, on est en droit de se demander si cette jeune écolière ne souffre pas d'anxiété de séparation.

L'anxiété de séparation peut être présente dès le plus jeune âge ou apparaître brutalement, même à l' adolescence, après un événement de vie (changement d'école, déménagement, maladie, décès d'un proche, etc.). Le problème n'est pas l'école, c'est la séparation qui est ingérable par l'enfant.

On reconnaît l'anxiété de séparation à l'angoisse qui parcourt ces enfants et aux symptômes physiques qui l'accompagnent ( maux de tête, ou de ventre, vertiges, évanouissements, palpitations, etc.), juste avant ou pendant la séparation avec les parents (ou avec une autre forte figure d'attachement).

L'anxiété, provoquée par la séparation, peut parfois être envahissante au point de susciter des inquiétudes morbides vis-à-vis de ses proches : crainte d'un accident, d'une maladie... bref, l'enfant ou l'adolescent se retrouve dominé par la peur de perdre les personnes qui lui sont chères, au point de se renfermer sur lui-même.

Et s'il n'exprime pas toujours ses craintes, son comportement apparaît le plus souvent comme préoccupé, assombri, voire trop exemplaire.
L'évolution de l'anxiété de séparation est mal connue mais le trouble disparaîtrait dans environ deux tiers des cas.

Les attaques de panique et l'anxiété généralisée
Ici, ce sont toutes les situations de vie qui sont potentiellement sources d'anxiété, et non exclusivement la séparation d'avec les parents.

> Dans l'anxiété généralisée, l'enfant (ou l'adolescent) est préoccupé de façon quasi-constante par la peur d'échouer, la peur du ridicule, la peur d'un accident, etc. Il est souvent tendu, fait des cauchemars, et peut paraître irritable et fatigué.
Comme l'école est le lieu potentiel de ce type de situations angoissantes, elle peut faire l'objet d'un refus scolaire. Ce trouble apparaît en moyenne vers 8 ans.

> Contrairement à l'anxiété généralisée, les attaques de panique sont brutales mais temporaires. Lorsqu'elle survient, l'angoisse est intense et s'associe le plus souvent à des symptômes physiques comme des palpitations, des sueurs, des tremblements, etc.
Plus ces crises se répètent et plus la crainte qu'elles se renouvellent s'accroît. C'est un véritable cercle vicieux. Aller à l'école (ou au lycée) devient donc source d'une nouvelle inquiétude : et si jamais la crise se reproduisait ?

La peur des autres et autres phobies
Certaines phobies, comme la phobie sociale, la peur de vomir ou encore la peur des transports publics, peuvent être la cause d'un refus scolaire anxieux.

> Dans la phobie sociale, la situation appréhendée par l'enfant peut consister dans le simple fait d'aller au tableau ou de parler devant des personnes non familières. Cela est source d'une grande détresse anxieuse et est par conséquent évitée comme il se peut.

> Dans l'agoraphobie, l'enfant a peur des espaces fermés – bus, salles de classe, etc. - d'où il lui serait difficile de s'échapper. Ce type de phobie peut être associé à des attaques de panique.

> Quant aux phobies plus spécifiques, c'est un objet, un animal ou une situation particulière qui font l'objet d'une crainte irrationnelle. Certaines de celles-ci, comme la peur de l' eau ou la peur de contracter une maladie, peuvent être accrues au sein du milieu scolaire et être ainsi la matière principale de la phobie scolaire.

TOC, rituels et obsessions
Le Trouble Obsessionnel Compulsif se définit par l'association de pensées obsessionnelles, c'est-à-dire envahissantes et inappropriées, et de compulsions comportementales (rituels, etc.) ou mentales (compter dans la tête, etc.).

Par exemple, pour atténuer l'idée angoissante et non rationnelle de se salir les mains, Lola ne pourra faire autrement que de se les laver à de multiples reprises. Se laver les mains devient alors salvateur... jusqu'à ce que l'obsession revienne.

Chez les enfants, le TOC concerne majoritairement la propreté ou les thèmes de catastrophe (« si je marche dans le noir du passage clouté, il m'arrivera un malheur »). Dans tous les cas, le fait de ne pouvoir mener à bien les compulsions salvatrices peut faire l'objet d'une forte angoisse.
Différentes conséquences du TOC peuvent provoquer une phobie scolaire : la peur d'être contaminée (à la cantine, ou par un autre écolier), la peur de se salir, le temps perdu par les compulsions, crainte de ne pouvoir les exécuter (pendant les cours par exemple), etc.

L'anxiété de performance
La peur de ne pas réussir est une cause assez fréquente de phobie scolaire.
Elle peut être secondaire à de réelles difficultés d'apprentissage ( dyscalculie, dyslexie, etc.) dont l'enfant peut avoir honte, à une précocité intellectuelle suscitant un sentiment de décalage de l'enfant par rapport à ses camarades, ou à un excès de perfectionnisme où l'enfant se sent ‘nul' s'il ne réussit pas les choses parfaitement.
Cette anxiété de performance peut être isolée ou exister au sein d'une anxiété généralisée.


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