publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

Polyarthrite rhumatoïde : les traitements

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (16. février 2017)

L'idéal est diagnostiquer le plus tôt possible la maladie afin de la traiter le plus efficacement possible, dans les 6 premiers mois.

Il est nécessaire d'informer les patients au maximum pour qu'ils puissent prendre en charge au mieux leur affection avec l'aide des soignants. En fonction de la sévérité de la polyarthrite rhumatoïde, de l'ancienneté de la maladie, de l'âge du patient et de son état de santé général, différents traitements peuvent être prescrits. On en distingue deux groupes :

Les traitements des symptômes

C'est l'inflammation des articulations qui provoque les douleurs de la polyarthrite rhumatoïde.

  • Les médicaments antalgiques comme le paracétamol calment la douleur.
  • Le médecin prescrira des anti-inflammatoires non stéroïdiens afin d'atténuer l'inflammation et diminuer la douleur.
  • La cortisone, qui est un puissant anti-inflammatoire, est prescrite à dose faible (égale ou moins de 10 mg/jour de prednisone), afin de limiter ses effets secondaires. A l'heure actuelle, on utilise plus volontiers la cortisone pour des inflammations aiguës, en traitement ponctuel, que sur du long cours.  Si le médecin prescrit de la cortisone, il s'agit certainement de la posologie minimale, mais nécessaire pour soulager. Il est conseillé de bien suivre cette prescription, sans en modifier les doses.
Il est aussi conseillé de surveiller son poids, d'éviter de manger trop salé, ou trop sucré et trop gras. Les produits laitiers et les aliments riches en calcium sont conseillés. L’activité physique régulière permet de lutter contre l’ostéoporose induite par les corticoïdes.

Il est recommandé de vite contacter son médecin en cas de fièvre (un conseil valable pour d'autres médicaments prescrits dans la polyarthrite rhumatoïde).

Les traitements de fond

Les traitements de fond luttent contre la maladie proprement dite et réduisent ou stoppent l'évolution de la maladie et la destruction des articulations. Chacun de ces médicaments est prescrit en fonction de l'historique médical du patient qui bénéficie d'un suivi médical étroit.

Voici les principaux médicaments :

  • Le médicament prescrit en première intention est le méthotrexate (un antimitotique immuno-suppresseur) à 10 ou 15 mg/semaine, associé à des folates. Il permet de soulager rapidement nombre de patients (après 6 semaines de traitement) et surtout de leur redonner espoir en réduisant de façon significative les détériorations articulaires. La dose peut être augmentée jusqu'à 30 mg/semaine. On peut passer à la forme injectable si le patient n'est pas assez soulagé, ou si la tolérance digestive est médiocre.
  • S'il y a contre-indication ou intolérance au méthotrexate, il peut être remplacé par le léflunomide, la salazopyrine ou des sels d'or. Ces derniers ne sont cependant quasiment plus utilisés, car souvent mal tolérés. Des associations de plusieurs traitements de fond sont également possibles.
  • Les antipaludéens sont des médicaments qui peuvent être proposés dans des formes très modérées de polyarthrite rhumatoïde (hydroxychloroquine).
  • Depuis une vingtaine d'années, l'apparition des biothérapies (ou traitements biologiques) dans les formes sévères de la maladie, permet souvent un bon contrôle de la maladie. Il s'agit surtout des anti-TNF : des médicaments comme l'etanercept, l'adalimumab, infliximab, golimumab et certolizumab. Souvent prescrits en complément du méthotrexate, ils diminuent, voire stoppent la maladie. Tous s’administrent par voie sous-cutanée (àl’aide d’une seringue ou d’un stylo injectable) sauf l’infliximab qui s’administre en perfusion à l’hôpital (à raison d’une perfusion tous les deux mois après dose d’induction). Environ 65% des patients répondent à ces traitements.
  • Les anti-lymphocytes B (rituximab) font partie d'une autre classe de médicaments : les anticorps monoclonaux. Ils sont prescrits dans le but de moduler la réponse immunitaire dans cette maladie auto-immune. L’administration est intra veineuse (deux perfusions tous les 6 mois).
  • D'autres biothérapies ont été commercialisées ces dernières années : un modulateur de l'activation des lymphocytes T, l'abatacept (en perfusion ou par voie sous cutanée). Et un anticorps qui bloque l'action de l'interleukine 6 (un autre facteur d'amplification de la réaction inflammatoire) : le tocilizumab ((en perfusion ou par voie sous cutanée)..
  • Enfin les traitements médicamenteux comme la D-penicillamine, l'auranofin, le tacrolimus, le chlorambuccil et l'anakinra ont été totalement abandonnée.

Tous ces médicaments nécessitent un suivi régulier pour chercher d’éventuels effets indésirables. Ils diminuent l’immunité et exposent donc aux infections. Il est recommandé d’être à jour de ses vaccinations, et avant de les débuter, de réaliser le vaccin contre le pneumocoque (deux injections espacées de deux mois). Les vaccins vivants sont contre-indiqués quand ces médicaments sont débutés. Il faut faire le vaccin contre la fièvre jaune avant si on envisage de voyager en zone d’endémie. En revanche les vaccins inactivés peuvent être réalisés (en particulier le vaccin anti grippal est recommandé tous les ans).

Si les traitements biologiques ont révolutionné la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde, leurs effets indésirables et leur coût (de l’ordre de 10 000 euros par an) les font réserver aux formes sévères où évolutives de polyarthrite rhumatoïde. En 2014, l’adalimumab et l’étanercept figuraient dans les 5 médicaments les plus prescrits en montant en France.

Rééducation et ergothérapie

La polyarthrite peut handicaper dans la vie de tous les jours en rendant les gestes les plus simples très pénibles. Ouvrir une conserve, une bouteille, prendre un objet, deviennent des actes difficiles à cause de la douleur.

Certains aménagements médicaux ou d'ordre pratique au domicile peuvent faciliter la vie d'une personne souffrant de polyarthrite. Des ustensiles sont vendus dans le commerce, comme dans des magasins d'équipements médicaux.

Quand on souffre de polyarthrite rhumatoïde, il est aussi recommandé de recevoir des soins de rééducation fonctionnelle pour éviter les ankyloses articulaires et pour bénéficier d'appareillages : des orthèses (sortes de coques pour, par exemple, mettre au repos mains et poignets la nuit).

Les conseils d'un ergothérapeute sont importants pour apprendre à faire les gestes indispensables de la vie quotidienne, tout en épargnant les articulations. L'ergothérapeute exerce le plus souvent à l'hôpital ou en clinique. En cas de douleurs aux pieds, de problèmes de chaussage, on conseille de consulter un podologue connaissant bien la polyarthrite rhumatoïde.

Vous souhaitez réagir, apporter votre témoignage ou poser une question ? Rendez-vous dans nos FORUMS Rhumatismes et Arthrose ou Un médecin vous répond !

A lire aussi :

> Automédication : 5 conseils à suivre
> Homéopathie : tout sur les traitements homéopathiques
> Ostéopathie : comment ça marche ? > Ostéopathie : quand consulter un ostéopathe ?


publicité