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Poux : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (03. décembre 2014)

Interview du Dr Arezki Izri qui est un médecin spécialiste, parasitologue, maître de conférences des universités et praticien hospitalier à l'AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris).

Si vous aviez un conseil, un seul, à donner, ce serait lequel ?

Ne pas être égoïste ! Les poux, ce n'est pas une affaire individuelle, c'est une affaire collective. Les poux adorent les collectivités, on le sait. On les retrouve dans les populations à forte promiscuité. C'est donc collectivement qu'il faut les combattre. Lorsqu'un enfant est infesté, il ne faut surtout pas le cacher. Je sais que certains parents ont parfois une gêne à dire que leur enfant a des poux, comme si leur hygiène était mise en question.

Et concernant l'hygiène, quels conseils donnez-vous pour lutter contre les poux ?

L'hygiène n'a rien à voir avec la transmission des poux. On peut laver les cheveux de son enfant tous les jours, lui donner tous les bains du monde, dans les salles de bain les plus rutilantes, ça ne changera rien. Il suffit que l'enfant approche sa tête d'un autre enfant infesté pour que l'épidémie démarre. Donc, la première règle est une règle civique : quand son enfant est atteint, il faut le signaler à l'école. Il faut également le surveiller régulièrement, vérifier qu'il n'y a pas de lentes, et le traiter tout de suite. Et surtout, j'insiste là-dessus, le dire autour de soi. C'est ça la seule bonne prévention.

Les poux c'est gênant, mais pas dangereux. Est-ce qu'une pédiculose peut se compliquer ?

Rarement. Evidemment, les démangeaisons engendrées par les morsures des poux peuvent provoquer des lésions de grattage qui peuvent se surinfecter. Pour peu que le germe infectant soit un streptocoque, cela peut donner un rhumatisme articulaire. Mais c'est extrêmement rare !

Ce qui est plus fréquent, ce sont les troubles psychologiques. Les enfants infestés sont plus agités. Ils sont gênés par les démangeaisons, ils dorment mal et sont fatigués. Cela peut entraîner des problèmes scolaires. Mais, là encore, il est rare qu'on en arrive à ce stade. En revanche, ce qui arrive souvent, c'est que l'enfant ou l'adulte infesté, le vive très mal.

Avoir des poux, c'est encore associé à « être sale ». Cela entraîne un sentiment de honte très mal vécu chez certaines personnes. D'où l'envie de cacher la pathologie à son entourage. Ce qui est la pire des choses à faire, car c'est de là que peut naître toute une épidémie.



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