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Spondylarthrite : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (05. novembre 2014)

Entretien avec le Pr Pascal Claudepierre, rhumatologue au groupe Henri Mondor Albert Chenevier de Créteil.

Est-ce qu'il y a des nouveautés dans la prise en charge de la spondylarthrite ankylosante ?
Oui, on peut même parler de révolution. La prise en charge de la maladie a été totalement bouleversée par l'arrivée des anti-TNF alpha. Cela a complètement modifié l'approche de la maladie. Aussi bien pour les médecins qui ont maintenant une réponse à apporter aux patients, que pour les patients eux-mêmes qui ont gagné considérablement en qualité de vie.
Les médecins ont dû changer leurs concepts de la maladie. On sait qu'un diagnostic précoce est souvent possible et que plus ce diagnostic sera affirmé tôt, meilleure sera la prise en charge ultérieure de la maladie. On peut donc dire que les biothérapies ont tout changé.

Cependant, les diagnostics sont encore longs à établir. Pourquoi ?
Le problème est que, souvent, on s'oriente dans la mauvaise direction. Imaginez un jeune homme sportif qui arrive avec une douleur au talon. Le médecin aura tendance à s'orienter vers une simple tendinite. De même, face à une sciatique. Un monsieur arrive avec une douleur au dos, alors qu'il vient de déménager la semaine précédente. Le réflexe ne porte pas - dans ce genre de situation, à un diagnostic de spondylarthrite, et c'est normal.
C'est la raison pour laquelle la qualité de l'interrogatoire chez le médecin est fondamentale. Le médecin, généraliste ou rhumatologue, doit interroger le patient sur ses antécédents. Chercher, par exemple, s'il ne souffre pas depuis quelques années d'un psoriasis. L'interroger sur les horaires de ses douleurs. Sur ses antécédents familiaux. Toutes ces questions et leurs réponses vont être déterminantes. Ensuite, les examens complémentaires pourront confirmer le diagnostic.

Est-ce que les radios ou les IRM sont fiables ?
C'est le problème, surtout pour les patients qui ne sont pas bien soulagés par les anti-inflammatoires ou les tolèrent mal. Dans le cas de maladies débutantes, on ne voit pas forcément grand-chose à la radio. C'est l'une des raisons pour lesquelles le diagnostic est si long à établir. On peut avoir recours à l'IRM plus sensible, qui permet de visualiser des choses que l'on ne voit pas à la radio. Mais, là encore, il peut y avoir des faux-négatifs. C'est-à-dire que l'on ne voit rien à l'IRM, mais il y a cependant une spondylarthrite.
C'est l'interrogatoire du patient, s'il a été bien mené, qui peut amener le diagnostic. La présence du gène B 27, également. Mais, ce diagnostic ne pourra être « prouvé » qu'à la radio ou à l'IRM... avec un temps de décalage. Un temps que l'on estime en moyenne à sept ans !


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