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Injections, laser, chirurgie esthétique : à quel âge ? : Une addiction à la médecine esthétique ?

Publié par : Elide Achille (12. octobre 2011)

Si pour le Dr Jean-Pierre Zammit, la médecine esthétique est devenue une forme de bien-être comme une autre, le Dr Françoise Bartoli, psychiatre, émet plus de réserves : « ce n’est quand même pas comme aller chez l’esthéticienne. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’actes médicaux qui peuvent comporter des risques. »

Par ailleurs, derrière le désir de rester toujours jeune, d’effacer les imperfections du visage que le temps fait apparaître, se cache parfois un mal-être sous-jacent. C’est pourquoi, il est nécessaire de laisser un temps de réflexion aux patients, particulièrement pour la chirurgie qui est une intervention beaucoup plus lourde.

« Je vois les patients au moins deux fois avant l’intervention. Un délai de 15 jours est obligatoire, mais c’est souvent beaucoup plus. Il faut appréhender chaque patient de façon globale ( régime, mode de vie...). Si on se rend compte lors des entretiens que leur demande relève plus de problèmes personnels que ceux liés au vieillissement, alors on peut le diriger vers un psychiatre. Mais dans la grande majorité des cas, les demandes sont justifiées et raisonnables », témoigne le chirurgien plasticien, Dr Patrick Bui.

Lors du rendez-vous avec le psychiatre, « on commence par un entretien assez long pour déceler s’il y a des antécédents psychiques et éventuellement un trouble de la personnalité. Il faut aussi évaluer la capacité du patient à entendre qu’il a besoin d’un temps de préparation avant l’intervention et qu’il ne doit pas en attendre trop », raconte le Dr Françoise Bartoli.

Le but d'une éventuelle rencontre avec un psychiatre n’est donc pas purement dissuasif, même s’il n’est pas rare que les patients finissent par abandonner d’eux-mêmes leur requête. « Il est important de mettre en place une bonne relation avec le patient pour arriver à déplacer sa demande et l’amener à exprimer davantage ses problèmes. Ce sont souvent des personnes qui manquent de confiance en elles et qui ont besoin de se rassurer à travers une amélioration physique », affirme la psychiatre.

Par ailleurs, le Dr Françoise Bartoli reconnaît volontiers que les interventions de médecine ou de chirurgie esthétiques peuvent s’avérer bénéfiques « quand elles entraînent une amélioration de l’estime de soi ».

Risques d'addiction à la médecine ou à la chirurgie esthétiques
Les médecins ou chirugiens esthétiques doivent être en permanence attentifs à leurs patients pour ne pas passer à coté de troubles psychologiques, comme l’ addiction ou la dysmorphophobie. Des demandes pressantes requièrent également une vigilance particulière.

> L'addiction :
« Il n’y a pas vraiment de critères pour parler d’addiction. Lorsque cela envahit la vie de la personne, quand il commence à y avoir une fixation dessus, là on peut parler d’addiction », estime le Dr Françoise Bartoli. Mais selon elle, le fait de commencer tôt ces pratiques n’entraînent pas forcément un comportement addictif.

> La dysmorphophobie :
« La dysmorphophobie, c’est la conviction d’avoir un défaut alors qu’il n’y en a pas, ou bien de faire une fixation obsessionnelle, voire délirante s’il y a effectivement un défaut réel », explique le Dr Françoise Bartoli. Pour ces patients, le passage à l’acte chirurgical peut aggraver l’état psychologique.


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